Source ID:531037; App Source:cedromItem

L'audition d'Anthony Mantha

Anthony Mantha (au centre), des Foreurs de Val-d'Or,... (Photo Andy Klink, collaboration spéciale)

Agrandir

Anthony Mantha (au centre), des Foreurs de Val-d'Or, a disputé deux matchs cette semaine où il était épié par l'entraîneur-chef des Red Wings de Detroit, Mike Babcock.

Photo Andy Klink, collaboration spéciale

(Val-d'Or) Imaginez que vous êtes un hockeyeur de 19 ans. Que vous jouez dans la Ligue junior majeur du Québec. Ce sont les séries éliminatoires. La tension est à son comble.

Et voilà que vous apprenez qu'un entraîneur de la Ligue nationale s'apprête à prendre un avion pour venir vous voir jouer. Un entraîneur avec une bague de la Coupe Stanley au doigt, qui vient de remporter l'or olympique à la tête d'Équipe Canada et qui est en nomination pour le trophée Jack Adams.

Ce serait un peu fou. C'est pourtant ce qui est arrivé cette semaine à l'espoir québécois Anthony Mantha. La fin de semaine dernière, Mantha était à Baie-Comeau. Les Foreurs de Val-d'Or y affrontaient le Drakkar. Dans les gradins se trouvait un dépisteur des Red Wings de Detroit, l'équipe qui a repêché Mantha au premier tour du dernier repêchage.

«Tu sais quoi, Mike Babcock va monter à Val-d'Or voir tes deux prochains matchs», a confié le dépisteur au jeune joueur.

C'est ainsi que Babcock s'est retrouvé dans un avion pour Val-d'Or. L'entraîneur a parlé de son passage en Abitibi comme d'un simple détour. «Un ami à moi reçoit un honneur de l'Université McGill, alors j'ai décidé de faire un saut ici», a lancé Babcock.

Quiconque a le moindre sens de la géographie sait qu'on ne se retrouve pas au nord du parc de La Vérendrye par hasard, comme on ferait un détour au dépanneur. Non, si l'entraîneur-chef des Red Wings a pris de son précieux temps pour aller en Abitibi, c'est qu'il considère Mantha comme un espoir sérieux.

«Il cogne à la porte. Alors je suis venu voir de quoi il était fait», a lancé Babcock.

Quatre buts en deux soirs

Lors du premier match mardi soir, Mantha était nerveux. On le serait à moins. «Je sentais la pression, mais c'était une bonne pression, dit-il. Je me disais qu'il avait fait tout ce chemin pour me voir jouer. J'aimais aussi savoir que peut-être un jour j'allais me retrouver derrière un banc à écouter ses consignes.»

Ce soir-là, dans un Centre Air Creebec chauffé à bloc, Mantha a marqué deux buts et obtenu une aide. Le lendemain, toujours sous les yeux de l'entraîneur-chef des Red Wings, il a marqué deux autres buts pour une récolte de cinq points en deux matchs. Pas mal.

«Je suis quand même content de ce que j'ai fait, explique Mantha. J'ai fait des buts. Mais je suis aussi satisfait de mon travail défensif. En même temps, je ne pense pas que Babcock s'est rendu à Val-d'Or pour voir mon jeu défensif...»

Son deuxième but mercredi soir était sûrement le plus impressionnant. Le tableau indicateur affichait 2-2 en troisième période. Soudain, Mantha s'est échappé avec la rondelle. Lui qui peut parfois paraître indolent a explosé d'un coup. Il s'est retrouvé seul devant le gardien Philippe Cadorette.

Il a tenté de le déjouer, mais le gardien a fait l'arrêt du bout de la jambière. La rondelle libre est restée une fraction de seconde devant le but. La foule a retenu son souffle. Mantha a utilisé son grand bâton et d'un petit coup agile, l'a fait traverser la ligne de but. C'était 3-2 Foreurs.

Baie-Comeau a finalement nivelé les chances et marqué un but en prolongation pour l'emporter. N'empêche, ce but, enfilé sous une énorme pression, démontre le caractère de ce joueur. «C'était un but important, mais je dois les marquer, ces buts-là», lance Mantha.

Devenir un homme

Babcock a paru aimer le spectacle. Il a d'abord rappelé que les Wings ont l'habitude d'être patients avec leurs espoirs, avant d'ajouter que le gabarit de Mantha (6'5 et 205 lb) pourrait l'aider à brûler les étapes.

«C'est vrai, on est patients. Mais on va voir pour lui. Chaque jeune est différent. On n'a jamais eu un espoir à la fois marqueur et doté d'un tel gabarit, a noté l'entraîneur. Maintenant, est-ce que ça va accélérer sa promotion? Je ne peux pas répondre à cette question.»

Babcock a toutefois adressé à Mantha un reproche récurrent: il l'a trouvé parfois amorphe. «Il doit devenir un homme. Il doit apprendre à travailler chaque jour. C'est ce que fait un pro. Il est doté de bons outils, d'un bon gabarit, d'un bon sens du hockey, il est patient, a-t-il énuméré. Il sait patiner. Parfois, il ne patine pas, mais il sait le faire. Il doit apprendre à le faire à temps plein.»

Mantha passera une autre audition à l'automne au camp des Red Wings. Mais il a passé avec succès celle de cette semaine à Val-d'Or. Quand la pression était à son comble, il a été à la hauteur.

Il espère maintenant gagner la série contre Baie-Comeau et remporter la Coupe du président. Ce serait le clou d'une saison de rêve.




À découvrir sur LaPresse.ca

  • Charles Hudon et le sac d'expérience

    Hockey junior

    Charles Hudon et le sac d'expérience

    C'est bien connu, au hockey, les «petites choses» font la différence. Certaines s'apprennent sur la glace, d'autres dans la chambre. D'autres encore... »

Infolettre Rondelle Libre
Recevez en primeur le billet quotidien de Mathias Brunet

la boite: 1600166:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer