(Mamaroneck) La préparation vers sa victoire à l’Omnium des États-Unis a possiblement été plus difficile que tous les obstacles rencontrés par Bryson DeChambeau à Winged Foot.

Doug Ferguson
Associated Press

Il y a un an à peine, DeChambeau terminait à égalité au quatrième rang à son dernier tournoi de 2019. Avant de quitter pour une pause de deux mois, il a déclaré, sourire aux lèvres et un brin de mystère : « Je reviendrai l’an prochain et j’aurai l’air d’une personne différente. Vous allez constater d’importants changements à mon corps ».

Si ça avait été aussi simple.

« Combien de personnes ont changé leur corps et leur élan de golf, mais y ont laissé leur carrière ? » s’est demandé Chris Como, expert en biomécanique qui travaille comme entraîneur d’élan avec DeChambeau.

Como venait de voir DeChambeau dompter Winged Foot avec quatre rondes à la normale ou mieux, du jamais en cinq Omniums des États-Unis, pour terminer avec le plus bas pointage de l’histoire sur ce parcours, soit 274, six coups sous la normale, pour l’emporter par six coups.

DeChambeau est sur toutes les lèvres depuis la reprise des activités après une pause forcée de trois mois en raison de la COVID-19. C’est cette pause qui a obligé l’USGA à repousser le tournoi du mois de juin au mois de septembre, la semaine de son 27e anniversaire.

Il est imposant. Il est puissant. Ses coups de départ ont été énormes. Il a été tout ce qu’il avait promis qu’il serait. Et maintenant, il est un champion de l’Omnium des États-Unis qui a apporté des changements radicaux pour vivre des moments comme ceux-là.

Le changement ne garantit toutefois pas le succès.

« Il faut être conscient de ce risque, tenter d’être très intelligent en apportant ces importants changements, afin de minimiser au maximum les risques. Mais le risque est toujours présent, a noté Como. Il a risqué très gros. »

Il a ajouté 40 livres de muscles à sa charpente. DeChambeau pèse maintenant 235 livres et veut en peser 10 de plus. Il fallait maintenant ajuster cette nouvelle masse à un élan suffisamment puissant pour propulser une balle de golf à 200 milles à l’heure.

PHOTO JOHN LOCHER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Bryson DeChambeau lors de sa victoire à l'Omnium Shriners Hospitals For Children, en novembre 2018

Ça a fonctionné quand il a gagné à Detroit, au début de juillet, où 16 de ses coups de départ ont franchi au moins 350 verges. Ça a relativement bien fonctionné au Championnat de la PGA, quand ses deux rondes de 66 pendant le week-end lui ont permis de terminer à égalité en quatrième place.

Mater Winged Foot ? Pourquoi pas ?

« Je frappe le plus que je peux, a-t-il dit quelques jours avant le tournoi. Même de l’herbe longue, je peux envoyer la balle au début ou milieu du vert avec des cocheurs d’allée ou un fer-9. C’est la beauté d’avoir autant de distances dans ses bâtons. »

Malgré tout, il n’avait aucune assurance que son plan allait fonctionner. D’où l’importance d’avoir une équipe aussi dédiée à la tâche avec soi. Ce qui a sauvé ce plan, c’est la science.

« Il faut avoir un plan d’ensemble, mais aussi se fier aux essais et erreurs, a expliqué Como. Si vous laissez suffisamment de traces à chacune des étapes, vous ne vous perdez pas en cours de route. Grâce à la technologie, nous avons pu conserver les traces des changements dans son élan.

« Si ça déraille, vous savez où vous en étiez auparavant et vous pouvez revenir à ce point de départ. Vous aurez alors le loisir d’emprunter une nouvelle direction. »

Le produit final est le trophée de l’Omnium des États-Unis, preuve que le « scientifique fou » pourrait bien avoir trouvé quelque chose.

PHOTO BRAD PENNER, USA TODAY SPORTS

Sauf que DeChambeau n’a pas terminé son expérience.

Il compte expérimenter avec un bois no 1 de 48 pouces de long, ce qui pourrait bien l’aider à franchir la distance de 370 verges. Peut-être pas non plus, mais il va essayer tout ce qui pourrait le rendre meilleur.

On se rappellera qu’il s’est élancé de toutes ses forces pour obtenir cette victoire. Mais il a aussi exercé un merveilleux contrôle de ses fers et réussi ses roulés, une recette gagnante pour n’importe qui.

DeChambeau veut trouver le moindre petit avantage et il n’arrêtera pas avant de l’avoir découvert. Sa façon de faire n’est pas pour tous. Mais il espère inspirer d’autres golfeurs qui n’auront pas peur d’essayer quelque chose de différent. Même si ça n’a jamais été tenté auparavant.