S'il y a une chose de merveilleux à propos du golf, c'est bien de pouvoir rivaliser avec les meilleurs à un âge où on devrait avoir accroché ses crampons depuis longtemps.

Jean-Louis Lamarre, collaboration spéciale LA PRESSE

Pas de coach pour nous clouer sur le banc, pas de DG pour nous annoncer que c'est terminé, pas de foule pour huer chacune de nos présences sur le terrain, la glace ou le ring. On n'a qu'à ramener des résultats intéressants et on s'assure une place dans l'arène. On n'a pas à être spectaculaire, beau ou charmant, juste efficace. Woody Allen peut battre Brad Pitt s'il joue moins de coups que lui, la justice aveugle par excellence.

Puis, quand on commence à ne plus être capable de suivre la parade, on offre un circuit pour les 50 ans et plus. Et pendant un bout de temps, on est la recrue, le petit jeune. Un beau moment pour un gars qui a de la misère à attacher ses bottines.

Le circuit des Champions s'arrête à Blainville pour la deuxième année consécutive et le parcours de Fontainebleau sera une fois de plus mis à l'épreuve par les meilleurs seniors du monde.

En passant, il n'y a pas un parcours dans toute la province qui est mieux adapté que Le Fontainebleau pour accueillir un tournoi de golf.

Plusieurs allées et verts sont entourés de monticules qui forment comme des petits amphithéâtres. On a toujours une bonne vue de l'action même si les foules sont imposantes.

Les trois derniers trous valent le déplacement à eux seuls. Deux normales quatre et une normale trois contournent un immense lac artificiel avec le chalet comme point de départ et d'arrivée.

Le parcours n'est pas particulièrement difficile, mais il est beau et plaisant à jouer. Il y a de la place pour s'étendre et les verts sont grands. Les joueurs, en général, aiment bien ce genre de parcours qui ne demande pas l'excellence à chaque coup. On apprécie un bon défi, mais quand c'est trop difficile, on ne s'amuse plus, on tente seulement d'éviter les erreurs et de ne pas avoir l'air fou.

L'an passé, Yvan Beauchemin s'était qualifié et l'organisation avait donné une exemption à Daniel Talbot. Cette année, les rôles ont été renversés et c'est Beauchemin qui a reçu une exemption bien méritée, Talbot s'étant qualifié en gagnant le Challenge Desjardins sécurité financière présenté par Raymond Chabot Grant Thornton (ouf!).

Ils vont jouer la première ronde ensemble en compagnie de Jim Rutledge, un Canadien de la Colombie-Britannique qu'ils connaissent bien.

Daniel et Yvan ont dû jouer ensemble au moins 14 000 fois au cours des 40 dernières années. Je suis sûr qu'ils auraient préféré voir de nouveaux visages, mais ils sont tellement contents d'être là qu'ils auraient accepté de jouer avec le général Khadafi et La Poune sans dire un mot.

Sérieusement, c'est une belle occasion pour Daniel et Yvan de démontrer leur savoir-faire devant des foules importantes et contre un groupe de grands champions. Une chose est sûre, ils seront tous les deux bien allumés ce week-end et le peuple sera dans leur coin.

Bonne chance, les gars.

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Jean-Louis Lamarre est professionnel au club de golf de Beloeil.