Bon, ça y est. Les médias de New York s'emballent ces jours-ci, et ça n'a rien à voir avec le jeu inspiré de Mark Streit. Mais non. En fait, si les médias new-yorkais s'énervent à ce point, c'est parce qu'ils salivent déjà à l'idée d'un Super Bowl Giants-Jets à Tampa, début février.

RICHARD LABBÉ LA PRESSE

N'est-ce pas fabuleux?

Giants et Jets sur la grosse scène, voilà qui ne manquerait pas de piquant. Eli, Brett, le gros Jacobs, la face d'enterrement de Tom Coughlin, les fans des J-E-T-S Jets! Jets! Jets! qui s'engueulent avec les fans des Giants, la police de Tampa qui doit intervenir à toutes les 10 minutes... une semaine de pur plaisir!

 

Cela est quand même drôle, remarquez, puisque personne n'aurait osé suggérer un scénario aussi loufoque il y a un an, quand les Jets avaient l'air des Lions, et quand Eli lançait le ballon à tout le monde sauf aux gars de son équipe.

Bien des choses ont changé depuis. Premièrement, Eli s'est transformé en quart respectable, qui complète 62 pour cent de ses passes, et qui lance plus de passes de touché (18

que d'interceptions (7). Ensuite, les Giants enfoncent 29,9 points par match, un sommet au football américain. Ça, c'est aussi grâce au brio du trio de demis, trio que l'on surnomme «Earth, Wind & Fire». Au fait, à quand un duo de porteurs de ballon surnommé «Hall & Oates»? Bientôt, j'espère.

Ce n'est pas tout. Les Giants, c'est aussi la défense, la cinquième meilleure de la ligue. Ça aussi, c'est très surprenant. Sans Michael Strahan et sans le blessé Osi Umenyiora, on croyait bien que la défense des hommes en bleu allait fléchir. Mais non. La preuve, encore une fois, que c'est le système qui compte; quand un bon système est en place, il n'y a personne d'irremplaçable.

Enfin, de nombreux «experts» (coucou!

ont cru bien naïvement que les Giants avaient le cul béni lors de leur folle épopée vers le Super Bowl, un peu comme les Bucs de 2003 ou les Steelers de 2006. Souvent, ce genre d'équipe a l'habitude de s'écraser après une saison magique. Sauf que les Giants ne se sont pas vraiment écrasés, n'est-ce pas? Si ça se trouve, ils sont encore plus forts qu'il y a un an.

J'écrivais récemment qu'Eli et ses amis sont seuls dans la Conférence nationale. Si je l'ai écrit, c'est sans doute parce que c'est vrai. Mais puis-je tout de même ajouter un petit bémol? Les Giants sont seuls, oui... mais à leur place, je ne voudrais pas affronter les Cowboys en janvier, pas même au New Jersey. Tony Romo qui revient en force, T.O. qui se met à jouer, Roy Williams, Jason Witten, cette défense qui se lève enfin...

Dangereux, que je vous dis.

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Les Jets, eux, ne sont pas si seuls dans leur conférence. En fait, les Jets ont de la compétition en masse, à commencer par Peyton et ses amis des Colts, qui pourraient sérieusement nous étonner s'ils se présentent en séries.

Mais les Jets se sont fabriqué une belle équipe: troisième défense de la NFL contre la course, Brett qui est Brett, bon petit duo de porteurs de ballon, bref, les Jets semblent équipés pour veiller tard.

Comment expliquer une telle métamorphose pour une équipe qui n'a gagné que quatre matchs en 2007? Deux mots: les nouveaux joueurs.

Avec un stade tout neuf qui s'en vient, les patrons des Jets ont vite compris qu'il fallait faire des changements pour remettre l'équipe sur les rails du succès (et pour justifier ces sommes astronomiques imposées aux fans qui veulent acheter des abonnements de saison). Alors, les Jets ont embauché quelques nouveaux joueurs lors de la saison morte. Des joueurs qui font toute la différence.

L'arrivée de Brett a fait jaser, on le sait, mais la meilleure embauche des Jets, c'est le gros Kris Jenkins. Lui, c'est un plaqueur de 350 livres, et laissez-moi vous dire qu'avec ce type dans le milieu, les demis adverses ne vont pas très loin. Cet ancien des Panthers va coûter 35 millions sur cinq ans aux Jets. Jusqu'ici, monsieur vaut chaque dollar de ce contrat bien juteux.

Bien sûr, les Jets ont quelques ennuis (contre la passe, surtout), mais les Jets sont à la Conférence américaine ce que les Cowboys sont de l'autre bord: le genre d'équipe que personne ne voudra affronter en séries.

Pendant ce temps, j'ai comme l'impression que Brett ne s'ennuie pas trop de Green Bay...