Les Steelers de Pittsburgh espéraient vivre un conte de fées pour terminer la carrière de Ben Roethlisberger, et pendant le premier quart de leur match de dimanche soir à Kansas City, ils ont joué comme une équipe qui pouvait surprendre les Chiefs. Puis Patrick Mahomes a pris les choses en mains.

Publié le 17 janvier
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Grâce à un touché défensif de T.J. Watt, les Steelers avaient pris les devants 7-0. Les Chiefs ont ensuite marqué cinq touchés de suite. Comme ç’avait été le cas dans deux des quatre premiers matchs du tournoi, celui-ci était essentiellement terminé au troisième quart.

Les doubles champions de la Conférence américaine l’ont emporté 42-21 et affronteront maintenant les Bills de Buffalo (dimanche prochain à 18 h 30) au deuxième tour, un match qui promet énormément. Du côté des Steelers, ce sera maintenant l’heure de préparer l’après Ben Roethlisberger, qui annoncera vraisemblablement sa retraite prochainement.

Après un premier quart difficile, Mahomes a joué comme la super-étoile qu’il est. Il a multiplié les passes précises au centimètre près, souvent alors qu’il était en mouvement, terminant le match avec 404 verges (30 en 39) et 5 passes de touché. Lorsque Mahomes joue aussi bien, les adversaires des Chiefs sont réduits à encaisser les coups.

Travis Kelce a mené les Chiefs avec 108 verges de gains et a marqué l’un de leurs six touchés, alors que Byron Pringle en a réussi deux. En l’absence de Clyde Edwards-Helaire (épaule), Jerick McKinnon a joué un rôle important dans l’attaque ; le demi a produit 81 verges par la passe et 61 au sol, en plus d’inscrire un majeur.

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Ben Roethlisberger

L’allure du match aurait pu être différente si l’attaque des Steelers n’avait pas été aussi mauvaise jusqu’au quatrième quart. Les sept premières séries se sont terminées avec des bottés de dégagement ! Plutôt que de donner le feu vert à Roethlisberger afin qu’il puisse jouer comme il le faisait à son apogée, ce qui leur aurait donné de meilleures chances de l’emporter, les Steelers ont continué de s’appuyer sur leur jeu au sol et un jeu de courtes passes. Contre l’attaque dévastatrice des Chiefs, ils auraient dû prendre plus de risques.

Roethlisberger est parvenu à les mener dans les éliminatoires et a fini sa dernière saison de belle façon. Cela dit, c’est clairement le temps pour lui de tirer sa révérence. Son jeu a été très inconstant cette saison et son manque de mobilité était un sérieux handicap derrière la jeune et médiocre ligne offensive des Steelers.

Une équipe de saison

Pour une énième fois au cours des 15 dernières années, les Cowboys de Dallas ont offert une performance décevante dans les éliminatoires. Malgré une poussée au quatrième quart, ils se sont inclinés 23-17 devant leurs vieux rivaux de San Francisco dans le deuxième des trois matchs disputés, dimanche.

Les 49ers avaient commencé le match en force, connaissant du succès au sol et gagnant la bataille sur la ligne de mêlée des deux côtés du ballon. Ils filaient allègrement vers la victoire lorsque Jimmy Garoppolo a lancé une interception qui a redonné vie aux Cowboys alors qu’il restait approximativement une dizaine de minutes à disputer au quatrième quart et que la marque était de 23-10.

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Charles Omenihu (92) et les 49ers de San Francisco ont éliminé battu les Cowboys de Dallas, dimanche.

Après avoir amorcé leur série à la ligne de 28 des Niners, les Cowboys se sont approchés à six points de ceux-ci grâce à un touché de cinq verges de Dak Prescott. Dallas a obtenu une dernière chance dans la dernière minute de jeu, mais la victoire des 49ers a été concrétisée lorsque Prescott et ses coéquipiers ont manqué de temps afin de pouvoir tenter une dernière passe dans la zone des buts. Les Cowboys n’avaient plus de temps d’arrêt, mais Prescott a tout de même décidé de courir avec le ballon en plein centre du terrain alors qu’il ne restait que 14 secondes… Ce fut le dernier jeu.

Une très curieuse décision de Prescott, qui n’a pas joué un grand match. Il n’a complété que 23 de ses 43 passes pour 254 verges, 1 touché et 1 interception. Prescott a également été victime de cinq sacs et a conservé le ballon trop longtemps à plusieurs occasions.

On s’attendait à une bien meilleure performance de la part d’un quart-arrière qui touche 40 millions par année. Amari Cooper, Ezekiel Elliott et CeeDee Lamb n’ont pas fait grand-chose, eux non plus. Lamb n’a capté qu’une seule passe…

En plus d’avoir accordé cinq sacs et de ne pas avoir eu plus de succès sur les jeux au sol, la ligne offensive des Cowboys a été pénalisée beaucoup trop souvent, comme l’équipe au complet, d’ailleurs. Les Cowboys ont écopé de 14 pénalités, dont plusieurs très coûteuses. Mike McCarthy est-il l’homme de la situation comme entraîneur-chef ?

C’est loin d’être la première fois que les Cowboys brillent en saison avant de se faire rapidement écarter de la course dans les éliminatoires. Il y a beaucoup de talent à Dallas, mais encore une fois, les Cowboys ont joué avec trop peu d’intensité durant les 50 premières minutes de jeu.

Quant aux 49ers, ils poursuivront leur parcours en rendant visite à un autre vieux rival, samedi soir prochain (20 h 15) : les Packers à Green Bay. Dimanche, Deebo Samuel a encore une fois été le meilleur joueur des Niners, mais le demi offensif Elijah Mitchell et l’ailier espacé Brandon Aiyuk ont eu un impact important sur le match, eux aussi.

Ces joueurs, Garoppolo et le reste de l’attaque des 49ers devront être en pleine forme pour leur match de deuxième tour, car on doute que leur défense réussira à limiter Rodgers et les Packers à 16 points. Surtout si le chasseur de quarts Nick Bosa (blessure à la tête) et le secondeur Fred Warner (cheville) sont incapables de jouer, eux qui sont tombés au combat contre Dallas.

Facile pour Brady et les Bucs

La journée de dimanche s’était amorcée avec un deuxième match à sens unique d’affilée. Après l’écrasante victoire des Bills de Buffalo face aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre, samedi soir, Tom Brady et les Buccaneers de Tampa Bay ont facilement disposé des jeunes Eagles de Philadelphie 31-15.

Parmi les sept entraîneurs-chefs qui dirigeaient leur équipe pour la première fois cette année, Nick Sirianni est le seul qui l’a menée dans les éliminatoires. Il mérite donc des éloges pour son travail, mais dimanche, Sirianni et son coordonnateur offensif, Shane Steichen, qui ont travaillé ensemble durant plusieurs années chez les Chargers à San Diego puis à Los Angeles, n’ont apporté aucun ajustement à une attaque qui se faisait malmener par la défense de Todd Bowles.

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Nick Sirianni, entraîneur-chef des Eagles de Philadelphie

Même s’il n’était pas opposé à une couverture double, DeVonta Smith, le meilleur receveur des Eagles, n’a vu qu’une seule passe de Jalen Hurts être lancée dans sa direction en première demie. Contre une défense un peu vulnérable aux longues passes, Hurts en a lancé trop de courtes ou dans les flancs.

On peut également se questionner sur la décision de Sirianni d’avoir laissé Hurts dans le match au retour de l’intermission. Le jeune quart mettait trop de temps à prendre ses décisions et jouait sans aucune confiance. Un manque de confiance n’est justement jamais un problème avec le réserviste Gardner Minshew, qui joue toujours avec abandon et qui aurait peut-être donné une meilleure chance de l’emporter aux Eagles, qui ont mieux joué au quatrième quart mais dans une cause perdue. Les Bucs avaient marqué les 31 premiers points du match…

Détenteurs de trois premiers choix en avril, les Eagles seront des acteurs importants au repêchage. Sirianni a dit après l’élimination de son équipe que Hurts n’avait pas joué son meilleur match, mais qu’il avait aimé sa progression cette saison.

Avec leurs choix au repêchage, les Eagles pourraient tout de même opter pour un autre candidat derrière le centre. À suivre.

Quant aux Bucs, ils ont amorcé la défense de leur titre sans leurs deux principaux porteurs de ballon, Leonard Fournette et Ronald Jones II. Ils ont cependant pu compter sur le retour au jeu du demi Giovani Bernard (83 verges d’attaque), et Ke’Shawn Vaughn a mené l’équipe avec 53 verges au sol. Les deux joueurs ont marqué un touché.

Les Buccaneers ont perdu leur excellent bloqueur à droite Tristan Wirfs, blessé à une cheville, ce qui a considérablement compliqué la tâche de la ligne offensive. Brady a été victime de quatre sacs.

Mais le numéro 12 des Bucs a fait mouche 29 fois en 37 tentatives de passe (78,4 %) pour 271 verges et 2 passes de touché. Mike Evans (10 attrapés pour 117 verges) et Rob Gronkowski ont capté ses deux passes de touché.

Brady et les Bucs disputeront leur prochain match dimanche prochain à 15 h, alors qu’ils accueilleront le vainqueur de la partie entre les Cardinals de l’Arizona et les Rams de Los Angeles, qui s’affronteront lundi soir. Le quatrième et dernier match du deuxième tour opposera les Bengals de Cincinnati aux Titans du Tennessee, samedi, à 16 h 30.