Le retour au stade Percival-Molson des Alouettes ne s’est pas déroulé comme ils l’espéraient. Profitant d’une attaque montréalaise qui n’est jamais parvenue à se mettre en marche, les Tiger-Cats de Hamilton l’ont emporté 27-10, une victoire somme toute assez facile.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Pour le deuxième match de suite, Vernon Adams fils n’a pas bien joué. Plusieurs de ses passes manquaient de précision et l’interception dont il a été victime au quatrième quart a été le tournant de la rencontre. Adams a tenté de rejoindre Kaion Julien-Grant du côté large du terrain, mais sa passe manquait de puissance et a été interceptée par Frankie Williams, un jeu qui a considérablement refroidi les ardeurs des 14 753 spectateurs réunis sur la montagne pour ce premier match local en presque deux ans.

Les Tigers-Cats ont inscrit un touché peu de temps après l’interception d’Adams qui leur donnait les devants 20-10. De la façon dont jouait l’attaque des Als, une remontée semblait très improbable, même s’il restait approximativement 10 minutes de jeu.

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Le botteur des Alouettes David Côté (15)

Lorsqu’il était un réserviste qui voulait s’établir comme quart partant, Adams jouait avec abandon et confiance. Maintenant qu’il s’est établi comme quart partant et que les attentes sont plus élevées, il semble assez évident qu’il ressent la pression.

« Je n’ai pas été assez bon ce soir, loin de là. Notre défense a très bien joué, mais on l’a placée dans de mauvaises situations et ç’a été ma faute », a dit Adams au sujet de sa performance. « Je ne sais pas ce qui se passe actuellement, mais je dois me replacer. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il manquait effectivement de confiance à l’heure actuelle, Adams a acquiescé. « Je dois effectivement jouer avec plus de confiance et je dois être moins tendu sur le terrain. »

« Je devrai l’aider à retrouver le rythme. Certaines passes auraient dû être réussies, mais elles ne l’ont pas été. Mais j’ai encore confiance en lui », a commenté Khari Jones, qui n’a pas caché que les difficultés de son quart-arrière l’inquiétaient.

« Je suis toujours un peu inquiet. Mais je sais qu’il est capable de faire le travail. On aura besoin de lui. »

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Koron Crump (34)

Le jeu au sol en panne

Il faut dire que le jeu au sol des Alouettes n’a pas aidé le jeu aérien du tout. William Stanback n’avait que 2 verges de gains en 4 courses après la première demie et a terminé la rencontre avec 40 verges en 12 courses. L’imposant Ted Laurent et le front défensif des Tiger-Cats ont gagné leur bataille contre l’intérieur de la ligne offensive des Als durant toute la soirée.

« C’est normalement l’aspect de notre jeu auquel on peut se fier, mais ça n’a pas fonctionné ce soir », a reconnu Jones.

Les unités spéciales des Alouettes ont connu un match à oublier, elles aussi. Frankie Williams a réussi deux longs retours de botté, dont un qui a mis la table pour le premier touché du match, celui de Steven Dunbar fils. En plus d’accorder de longs retours, les unités spéciales ont écopé de quelques pénalités et les « retourneurs » Mario Alford et Adarius Pickett ont été incapables de maîtriser le ballon, bien qu’ils aient réussi à le récupérer.

Comme l’avaient fait les Stampeders de Calgary la semaine dernière, les Tiger-Cats ont donné très peu d’occasions à Alford de retourner des bottés, soit en effectuant des bottés bas ou tout simplement en envoyant le ballon en direction de Pickett, qui n’est pas aussi explosif qu’Alford. Les entraîneurs des Alouettes devront trouver une solution afin de permettre à Alford d’utiliser sa vitesse.

Ménard et Wakefield s’illustrent

Parmi les trois unités des Alouettes, la défense a largement été la meilleure. Elle a joué avec intensité durant toute la rencontre, exerçant beaucoup de pression sur Evans. Le quart-arrière des Tiger-Cats n’a toutefois jamais perdu ses moyens.

Comme elle l’avait été lors de son premier match de la saison à Edmonton, la ligne défensive a été dominante. Le coordonnateur Barron Miles a bien utilisé son personnel, faisant appel à une rotation de six joueurs qui a permis au front défensif de garder des forces fraîches.

Quatre des six joueurs de ligne ont réussi au moins un sac, soit Woody Baron, Michael Wakefield (deux), Nick Usher et le Québécois David Ménard, qui a été très bon à son premier match dans l’uniforme des Alouettes à domicile. Glass a réussi l’autre sac sur un blitz qui a surpris Evans.

« Ça faisait une semaine que je pensais à ce moment. Je n’avais pas joué beaucoup lors de nos deux premiers matchs et je n’étais pas satisfait de mon jeu. Je me disais donc que ce serait le bon moment de réussir mon premier sac de la saison à mon premier match au stade Percival-Molson avec les Alouettes, et c’est ce qui s’est produit. J’ai savouré le moment », a raconté Ménard.

« La rotation a été parfaite ce soir, selon moi, et je pense que ça va continuer comme ça », a dit Ménard, qui a clairement démontré qu’il méritait d’obtenir du temps de jeu.

La première ligne en entier a très bien joué, mais le meilleur joueur a été Wakefield. En plus de ses deux sacs, il a notamment plaqué le rapide Brandon Banks dans le champ arrière sur un jeu de course que le plaqueur avait bien lu.

Prochain rendez-vous à Ottawa

À la décharge des Alouettes, ils viennent d’affronter deux bonnes équipes qui avaient perdu leurs deux premiers matchs de la saison et qui ont joué avec un sentiment d’urgence. Leur prochain match, vendredi prochain, sera disputé à Ottawa contre le Rouge et Noir, qui a actuellement une fiche de 1-1.

Ce n’est évidemment pas le temps de paniquer après trois matchs, mais Jones et les autres entraîneurs des Alouettes ont quelques défis devant eux : le problème de l’indiscipline (22 pénalités à leurs deux derniers matchs) ; l’inconstance des unités spéciales, qui commettent trop d’erreurs depuis leur bon départ à Edmonton ; et surtout, le jeu d’Adams, qui n’a réussi que 50 % de ses passes au total à ses deux dernières sorties.

« Ce n’est pas de cette façon que j’entrevoyais notre début de saison. Je dois retrouver mes moyens », a bien résumé le numéro 8 des Alouettes.