Les Bills de Buffalo surprendront-ils les champions en titre ? Tom Brady aura-t-il le dessus sur Aaron Rodgers ? Portrait des deux finales de conférence qui couronneront dimanche les grands champions de l’Américaine et de la Nationale qui s’affronteront le 7 février prochain lors de la 55e édition du Super Bowl, disputée à Tampa Bay.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Buccaneers de Tampa Bay c. Packers de Green Bay

Lorsque Tom Brady jouait en Nouvelle-Angleterre, un Super Bowl entre lui et Aaron Rodgers était souhaité par plusieurs et c’est venu bien près de se produire après les saisons 2014 et 2016. Les Patriots avaient atteint la finale, mais les Packers s’étaient inclinés lors du match de championnat de la Nationale les deux fois.

C’est finalement une place au Super Bowl que se disputeront les deux super étoiles ce dimanche (15 h), au Lambeau Field. Brady et les Buccaneers de Tampa Bay tenteront alors de gagner un troisième match éliminatoire de suite à l’étranger, tandis que Rodgers et les Packers voudront éviter de perdre une quatrième fois en finale de conférence depuis leur dernière conquête du Super Bowl il y a 10 ans.

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Les deux équipes se sont affrontées le 18 octobre à Tampa Bay. Les Packers semblaient en voie de remporter une victoire facile après avoir pris les devants 10-0, mais les Bucs ont marqué les 38 autres points de la rencontre. C’est la seule fois de la saison où Rodgers a lancé deux interceptions au cours d’un même match et ce fut de loin son pire de 2020. Son coefficient d’efficacité de 35,4 le confirme, alors qu’il a été de 91,6 ou mieux dans chacun des 16 autres matchs qu’il a joués depuis septembre…

En plus de n’avoir touché la cible que sur 16 de ses 35 passes pour 160 verges, Rodgers avait été victime de quatre sacs ce jour-là. David Bakhtiari avait quitté ce match et ne jouera pas du tout, dimanche. La saison du bloqueur à gauche est terminée en raison d’une blessure à un genou.

L’absence de Bakhtiari n’a pas trop eu d’impact sur les Packers la semaine dernière puisque leur ligne offensive a complètement dominé le front défensif des Rams de Los Angeles. Mais les meilleurs chasseurs de quarts des Bucs sont des ailiers défensifs, alors qu’Aaron Donald joue à l’intérieur chez les Rams.

Depuis qu’il s’est joint aux Buccaneers après huit saisons dans l’uniforme des Giants de New York, Jason Pierre-Paul est redevenu un joueur de premier plan comme il l’avait été au début de sa carrière. Pierre-Paul a réussi 30,5 sacs en 43 matchs avec les Bucs. À l’autre extrémité de la ligne défensive, Shaquil Barrett a récolté 8 sacs en 2020 après avoir mené la NFL à ce chapitre avec 19,5 l’année précédente.

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Vita Vea

Les Packers devront également se soucier des plaqueurs des Buccaneers. Comme il l’avait fait chez les Rams il y a deux ans, Ndamukong Suh a considérablement élevé son niveau de jeu depuis le début des éliminatoires. En 2011, alors qu’il jouait pour les Lions de Detroit, Suh avait été suspendu pour un match après avoir piétiné la jambe de Rodgers. Il y a donc un historique entre ces deux vétérans.

Comme si ce n’était pas suffisant de devoir composer avec la présence de trois bons joueurs en Suh, Pierre-Paul et Barnett, la ligne offensive des Packers pourrait devoir jouer contre Vita Vea, un monstre de 6’4 et 347 lb qui a été le 12espoir sélectionné en 2018. Blessé à une jambe, Vea pourrait revenir au jeu dimanche après avoir raté les 12 derniers matchs des siens.

Même sans Vea, la défense des Bucs a terminé au premier rang de la ligue contre la course, en grande partie grâce aux secondeurs Devin White et Lavonte David. Moyen à sa première saison en 2019, White s’est grandement amélioré à son deuxième tour de piste et sera l’un des bons joueurs défensifs de la ligue pour plusieurs années.

On ne peut pas s’attendre à ce que la ligne offensive des Packers dicte l’action comme elle l’a fait face aux Rams contre un front et des secondeurs de la qualité de ceux des Bucs. Mais Elgton Jenkins, Corey Linsley et le reste du quintette devront tout de même permettre à Rodgers et aux porteurs de ballon Aaron Jones, Jamaal Williams et AJ Dillon de faire leur boulot. Si la défense des Bucs contrôle la ligne de mêlée, Brady disputera fort probablement son 10Super Bowl.

L’émergence de Tonyan

Le défi de Drew Brees était énorme, dimanche dernier. Il manquait des pièces importantes à l’attaque des Saints et la blessure à une cheville de Michael Thomas était beaucoup plus grave qu’on l’avait cru. Brees devait lui-même jouer après avoir subi une sérieuse blessure à la cage thoracique, qui n’était probablement pas encore bien guérie.

La défense des Bucs devrait être testée davantage par Rodgers, qui est au sommet de son art et qui sera sûrement nommé le joueur par excellence de la NFL pour la troisième fois de sa carrière lors de la remise des honneurs individuels annuelle de la NFL, le 6 février, la veille du Super Bowl.

Les Packers ont été critiqués par à peu près tout le monde lorsqu’ils ont repêché le quart Jordan Love au premier tour en avril. Parce que Rodgers avait encore de bonnes saisons devant lui, mais aussi parce que l’ajout d’un receveur de qualité n’aurait certainement pas été un luxe. Les Packers ont fait le pari qu’ils possédaient déjà assez de bons receveurs et jusqu’à maintenant, ils ont eu raison.

On connaissait Davante Adams, bien sûr, mais un peu moins Allen Lazard, Marquez Valdes-Scantling et, surtout, l’ailier rapproché Robert Tonyan. À eux seuls, Adams et Tonyan ont marqué 29 touchés cette saison ! Tonyan a été l’une des plus belles surprises dans la NFL cette saison et son émergence a peut-être été le plus gros facteur dans la belle saison qu’a connue Rodgers.

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Robert Tonyan (85)

Cela dit, c’est lors du premier match de l’équipe contre les Bucs que l’attaque des Packers a semblé manquer de munitions. Excellente lors de cette rencontre, la tertiaire des Buccaneers n’aura pas droit à l’erreur. Défait lors de ses trois dernières finales de conférence, Rodgers devrait être ultra-motivé et à son mieux.

Améliorés contre la course

Brady et les Bucs ont obtenu une bonne performance de leur jeu au sol la semaine dernière. Leonard Fournette a joué ses trois meilleurs matchs de l’année à ses quatre derniers, dont les deux en séries. Alors que Fournette se distingue par sa robustesse, Ronald Jones II ajoute un élément de vitesse, qui semble souvent surprendre ses adversaires.

Même si elle ne sera jamais confondue avec celle des Ravens de 2000, la défense des Packers est un peu plus étanche contre la course qu’elle l’était à pareille date l’an dernier. On se rappellera qu’elle s’était fait humilier en accordant 285 verges au sol contre les 49ers en finale de conférence.

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Krys Barnes (51)

Le plaqueur Kenny Clark et le secondeur intérieur Krys Barnes, un joueur recrue qui a été ignoré lors du repêchage, sont les deux pièces clés contre la course, tandis que Za’Darius Smith et Preston Smith, qui sont surnommés les « Smith Brothers » même s’ils n’ont aucun lien de parenté, auront pour mission d’ennuyer et de frapper Brady le plus souvent possible. Un premier choix en 2019, Rashan Gary commence à s’établir comme un joueur important sur le front défensif des Packers.

Rob Gronkowski n’a attrapé qu’une seule des six passes que lui a lancées Brady depuis le début des séries. Sa contribution reste toutefois significative au niveau des blocs. C’est plutôt l’autre ailier rapproché régulier des Bucs, Cameron Brate, qui mène l’équipe avec huit attrapés dans les éliminatoires.

La ligne offensive des Bucs a très bien joué contre Washington et La Nouvelle-Orléans et il sera essentiel qu’elle donne le temps nécessaire à Brady de compléter ses passes, dimanche après-midi, car les Packers possèdent quatre très bons demis défensifs en Jaire Alexander, Kevin King, Darnell Savage et Adrian Amos. Il sera d’ailleurs très intéressant de voir si les Packers utiliseront souvent une couverture homme à homme.

On a appris vendredi qu'Antonio Brown ratera le match en raison d'une blessure à un genou. Si les Packers parviennent à neutraliser Mike Evans et Chris Godwin avec les demis défensifs énumérés plus tôt, Scotty Miller et la recrue Tyler Johnson devront produire.

Sur papier, les Buccaneers sont légèrement supérieurs aux Packers. Brady a un peu plus de joueurs de talent autour de lui que son vis-à-vis. Mais Rodgers ne perdra pas une quatrième finale de conférence depuis 2014 et trouvera le moyen d’amener son équipe au Super Bowl pour la première fois en une décennie.

Notre prédiction : Buccaneers 23, Packers 27

Dimanche, 15 h, au Lambeau Field Green Bay

Buccaneers de Tampa Bay

Fiche : 11-5 (2-0 en éliminatoires)
Points marqués (en saison) : 492 (30,8 par match) – 3e rang de la NFL
Points accordés (en saison) : 355 (22,2 par match – 8e rang de la NFL

Packers de Green Bay

Fiche : 13-3 (1-0 en éliminatoires)
Points marqués : 509 (31,8 par match) – 1er rang de la NFL
Points accordés : 369 (23,1 par match) – 13e rang de la NFL

Les trois derniers affrontements

Le 18 octobre 2020 (à Tampa Bay) : Packers 10, Buccaneers 38
Le 3 décembre 2017 (à Green Bay) : Buccaneers 20, Packers 26 (en prolongation)
Le 21 décembre 2014 (à Tampa Bay) : Packers 20, Buccaneers 3
En éliminatoires : Les Packers mènent la série entre les deux équipes 1-0.

Bills de Buffalo c. Chiefs de Kansas City

Andy Reid a fait un beau compliment à son ancien protégé Sean McDermott plus tôt cette semaine. Reid estime que le pilote des Bills de Buffalo mérite de recevoir le titre d’entraîneur-chef par excellence de l’année.

C’est Reid qui a donné à McDermott sa première chance dans la NFL. Il l’a embauché en 2001 lorsqu’il dirigeait les Eagles de Philadelphie et McDermott a passé une décennie dans différents rôles avec cette organisation.

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McDermott devrait effectivement être sérieusement considéré pour le titre de l’entraîneur par excellence. Aucune équipe n’a soutiré davantage du talent qu’elle avait à sa disposition que les Bills cette année, et c’est précisément ce qui devrait être le facteur le plus important pour cet honneur.

Dimanche soir (18 h 40), les Bills participeront à une finale de conférence pour la première fois en 27 ans. Curieux hasard, le dernier match de championnat de l’Américaine qu’ils ont disputé était contre les Chiefs de Kansas City, l’équipe qu’ils se préparent à affronter. Le 23 janvier 1994, les Bills avaient mis fin au parcours de Joe Montana et des Chiefs avec une victoire de 30-13.

En un an, les Bills sont passés d’une équipe qui s’appuyait beaucoup sur sa défense pour gagner à une équipe qui se fie d’abord et avant tout sur son attaque. Une attaque unidimensionnelle.

Les Bills n’ont pratiquement pas utilisé leur jeu au sol lors de leur victoire de 17-3 contre les Ravens de Baltimore, la semaine dernière. Devin Singletary a porté le ballon sept fois et T. J. Yeldon, deux. Le quart Josh Allen a officiellement fini le match avec sept courses pour trois verges, mais trois de celles-ci sont survenues lorsqu’il a posé le genou au sol à la fin du match.

Les Bills devront avoir un meilleur équilibre dans leur plan de match cette fois. Patrick Mahomes a suivi le protocole des commotions cérébrales avec succès et a obtenu le feu vert des médecins. Il sera à son poste. Comme c’est le cas à tous les matchs des Chiefs, leurs adversaires doivent limiter le temps que Mahomes passe sur le jeu en remportant la bataille du temps de possession avec leur jeu au sol.

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Patrick Mahomes après son retrait du match, la semaine dernière

La ligne offensive des Bills est discrètement devenue l’une des plus efficaces de la ligue depuis un an ou deux. Menée par le centre Mitch Morse, un ancien des Chiefs, l’unité se concentrera à garder Chris Jones et Frank Clark loin d’Allen et elle devra ouvrir des brèches pour les porteurs de ballon mieux qu’elle l’a fait depuis le début des séries.

On doute que les Chiefs aient un demi de coin capable d’arrêter Stefon Diggs à lui seul, ils seront donc obligés de garder un demi de sûreté près de lui la plupart du temps et cet homme sera probablement Tyrann Mathieu. Les Bills seraient téméraires s’ils lançaient le ballon à Diggs trop souvent si Mathieu a pour mission de le couvrir.

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Stefon Diggs (14)

Cole Beasley est visiblement ennuyé par sa blessure à un pied et n’a pas capté une seule passe contre Baltimore. En revanche, John Brown a joué son meilleur match depuis un bon moment avec huit attrapés pour 62 verges. Ces deux joueurs et les receveurs de soutien des Bills devront produire s’ils veulent marquer assez de points pour vaincre les champions en titre.

Retour au jeu d’Edwards-Helaire ?

La défense des Bills a connu des hauts et des bas cette saison, mais a très bien joué contre Lamar Jackson et les Ravens, limités à un placement. Le jeu le plus important de la victoire de 17-3 des Bills a été le touché de 101 verges du demi de coin Taron Johnson à la suite d’une interception. L’unité a également totalisé quatre sacs, ce qui n’a pas été sa spécialité cette saison.

Le jeu aérien des Chiefs est largement supérieur à celui des Ravens, on ne vous apprendra rien. Les défenses doivent être astucieuses et très stratégiques pour simplement contenir Tyreek Hill et Travis Kelce, ce qui ouvre la porte à des joueurs comme Mecole Hardman et Demarcus Robinson.

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Clyde Edwards-Helaire

Absents contre les Browns de Cleveland le week-end dernier, Sammy Watkins et Clyde Edwards-Helaire ont recommencé à s’entraîner et devraient jouer. Si Edwards-Helaire est en uniforme et qu’il est en santé, sa présence pourrait avoir un impact considérable sur l’allure du match. La ligne offensive des Chiefs est robuste et nettement plus imposante que le front défensif des Bills. Edwards-Helaire pourrait être l’étoile de ce match.

En plus de sa commotion cérébrale, Mahomes était clairement ennuyé par une blessure à un pied face aux Browns. S’il est limité ou s’il doit être remplacé par Chad Henne, Edwards-Helaire et Darrel Williams deviendront les joueurs clés des Chiefs. Williams semble avoir devancé Le’Veon Bell dans la hiérarchie des demis offensifs. Bell n’a porté le ballon que deux fois dimanche dernier et n’est plus jamais redevenu le joueur qu’il était avant de prendre une année sabbatique en 2018.

L’expérience des Chiefs

La défense des Bills devra probablement réussir quelques gros jeux pour remporter ce match et possède les joueurs pour y parvenir en Tremaine Edmunds, Tre’Davious White, Jordan Poyer, Micah Hyde et Johnson.

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Jordan Poyer, Tremaine Edmunds et Taron Johnson

En contrepartie, aucun de leurs joueurs n’a réussi plus que cinq sacs au cours de la saison régulière. Si la défense est incapable d’ennuyer Mahomes, il serait assez étonnant que les Chiefs ne marquent pas au moins 30 points. Et ce serait peut-être un peu trop pour que les Bills puissent les surprendre.

Les jeunes Bills jouent avec beaucoup de confiance et d’enthousiasme depuis le milieu de la saison. Les Chiefs ont toutefois disputé 10 matchs éliminatoires depuis 2015, une expérience qui devrait bien les servir dans une partie aussi importante contre une équipe qui demeure un peu verte.

Notre prédiction : Bills 23, Chiefs 30

Dimanche, 18 h 40, au Arrowhead Stadium à Kansas City

Bills de Buffalo

Fiche : 13-3 (2-0 en éliminatoires)
Points marqués (en saison) : 501 (31,3 par match) – 2e rang de la NFL
Points accordés (en saison) : 375 (23,4 par match) – 16e rang de la NFL

Chiefs de Kansas City

Fiche : 14-2 (1-0 en éliminatoires)
Points marqués (en saison) : 473 (29,6 par match) – 6e rang de la NFL
Points accordés (en saison) : 362 (22,6 par match) – 10e rang de la NFL

Les trois derniers affrontements

Le 19 octobre 2020 (à Buffalo) : Chiefs 26, Bills 17
Le 26 novembre 2017 (à Kansas City) : Bills 16, Chiefs 10
Le 29 novembre 2015 (à Kansas City) : Bills 22, Chiefs 30
En éliminatoires : Les Bills mènent la série 2-1.