Clifford Starke est heureux pour les amateurs de football de Montréal, mais il n’a pas le sentiment que la Ligue canadienne de football lui a donné une véritable chance d’acheter les Alouettes.

Dan Ralph
La Presse canadienne

L’homme d’affaires montréalais de 36 ans a effectué plusieurs tentatives au cours des neuf derniers mois pour se porter acquéreur de la concession de la LCF, qui en était propriétaire depuis le mois de mai après qu’elle ait acheté l’équipe de l’Américain Robert Wetenhall.

Lundi, la LCF a annoncé qu’elle avait vendu les Alouettes à Sid Spiegel et Gary Stern, deux hommes d’affaires de Toronto. Il a fallu environ trois semaines pour en arriver à une entente, mettant ainsi fin à des mois de spéculations sur la situation entourant la recherche de nouveaux propriétaires chez les Alouettes.

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Gary Stern

« Ç’a été une nouvelle surprenante, a admis Starke lors d’une entrevue téléphonique depuis la Colombie, où il se trouvait par affaires. Globalement, je suis heureux pour les amateurs, ça bouge dans la bonne direction et ils (Spiegel et Stern) semblent être de vrais bons gars. »

« Mais non, je n’ai pas eu le sentiment que j’avais eu une chance légitime et, pour une raison quelconque, personne ne m’a dit pourquoi. »

Starke, le président de Hampstead Private Capital, a manifesté son intérêt à acheter les Alouettes en avril. Il a modifié son offre deux mois plus tard en promettant 35 millions, avec preuve de fonds, mais l’a retirée le 2 juillet.

Le mois dernier, Starke a communiqué avec le commissaire Randy Ambrosie et lui a réitéré son désir d’acheter la concession. Toutefois, le niveau de frustration a augmenté.

« C’était frustrant, à 100 %, a déclaré Starke. Mais pour quelque raison que ce soit, ce n’était pas dû pour arriver. »

« J’ai vraiment fait de mon mieux. De mon côté, il n’y a pas de regrets, il n’y a rien de plus que je pouvais faire. Le processus a été assez frustrant. C’est le bon mot, c’est certain. »

Ambrosie n’a pas été étonné d’entendre la réaction de Starke.

« Il y a toujours cette possibilité qu’une personne ait l’impression qu’elle était le bon soumissionnaire, et je ne blâme pas Clifford, a déclaré Ambrosie mardi, alors qu’il se trouvait à Collingwood, en Ontario, pour les Assises d’hiver de la LCF. En fait, je serais sidéré s’il ne pensait pas être le bon candidat. »

Starke dit avoir transigé exclusivement avec Ambrosie et admet que le processus lui a laissé une moins bonne impression du commissaire de la LCF.

« Au départ, j’aimais Randy, a-t-il affirmé. Il vous regarde dans les yeux, vous donne une poignée de main. Au début, j’avais le sentiment qu’il était digne de confiance, à 100 %. »

« C’est certain que j’ai perdu du respect pour lui. Je l’ai félicité (pour la vente) mais en même temps, j’ai eu l’impression que je n’étais pas pris au sérieux, que mon groupe n’était pas pris au sérieux, pour une raison quelconque. Je ne sais pas comment cataloguer Randy, mais je sens qu’on m’a manqué de respect. »

Ambrosie affirme que tous les propriétaires potentiels ont été traités de la même façon.

« Nous avons informé les gouverneurs sur chacun des soumissionnaires et ce que comportait chacune des soumissions. Nous avons laissé les gouverneurs décider laquelle ils voulaient nous voir étudier davantage. »

« J’espère que les gens auront le sentiment que nous avons fait du mieux que nous pouvions, d’ajouter Ambrosie. C’était une situation difficile. Nous avons pris possession de l’équipe dans des circonstances difficiles et nous avons fait du mieux que nous pouvions pour suivre un processus et, heureusement, nous sommes arrivés à un grand résultat. »

Maintenant que les Alouettes ne sont plus à vendre, il reste encore les Lions de la Colombie-Britannique.

« J’aime la ligue, a rappelé Starke. Il ne faut jamais dire jamais et je pense qu’ils (les Lions) représentent probablement une meilleure situation économique. »