La NFL avait prévenu ses 32 équipes depuis longtemps déjà : même si l’une d’entre elles perdait tous ses quarts-arrières en raison de la COVID-19, elle devrait disputer le match prévu à son calendrier.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

C’est ce que nous a appris l’excellent Adam Shefter (ESPN), dimanche. Et c’est exactement ce qui s’est produit avec les Broncos de Denver.

Récapitulons. Le quart réserviste Jeff Driskel a été déclaré positif au virus il y a quelques jours. Puisque les trois autres quarts du club (le partant Drew Lock, Brett Rypien et Blake Bortles) n’avaient pas respecté le protocole en ne portant pas de masque lors d’une réunion à laquelle participait Driskel, ils ont été contraints de s’absenter eux aussi pour le match de dimanche contre les Saints de La Nouvelle-Orléans.

Les Broncos espéraient pouvoir utiliser l’entraîneur adjoint Rob Calabrese comme quart partant, mais la NFL n’a pas accepté cette demande. Ancien quart-arrière des Knights de l’Université Central Florida, Calabrese est un assistant avec l’équipe depuis deux ans. La NFL a également refusé la demande des Broncos de reporter le match, qui a été facilement gagné, 31-3, par les Saints.

Les Broncos voulaient voir Calabrese au poste de quart parce qu’il connaît bien leur système offensif, ce qui n’était manifestement pas le cas de Kendall Hinton, qui s’est retrouvé derrière le centre. Receveur de première année qui faisait partie de l’équipe de développement, Hinton avait été un quart réserviste à l’Université Wake Forest.

Hinton n’a réussi qu’une seule de ses neuf tentatives de passe pour 13 verges de gains et a été victime de deux interceptions. Sans surprise, les Broncos ont privilégié leur jeu au sol avec 33 courses.

Un plan, et vite !

Après ce qui vient de se produire à Denver et avec ce qui se déroule actuellement chez les Ravens de Baltimore, qui auraient eu au moins 18 tests positifs de COVID-19 parmi leurs joueurs, il fait de moins en moins de doute que la NFL devra ajuster son plan de match.

C’est une chose de devoir reporter un match ou qu’une équipe doive le jouer avec des effectifs considérablement réduits en saison. C’en est une autre de le faire dans les éliminatoires…

Vous imaginez si Patrick Mahomes, Ben Roethlisberger ou un autre quart étoile recevait un résultat positif à 48 heures d’une finale de conférence ou même du Super Bowl ? De quelle façon réagirait la ligue ? En demandant à l’équipe d’utiliser son troisième quart ou un joueur qui avait déjà lancé quelques passes à l’école secondaire ?

L’option des villes bulles pour le tournoi éliminatoire est de plus en plus souvent évoquée, et si la NFL veut éviter la catastrophe et d’être tournée en ridicule, c’est précisément ce qu’elle doit planifier le plus rapidement possible, si ce n’est pas déjà fait.

Brady et les Bucs pas de taille

Ce fut peut-être la victoire par trois points la plus à sens unique de l’histoire du football professionnel. Les Chiefs de Kansas City l’ont emporté, 27-24, aux dépens des Buccaneers de Tampa Bay, mais on a plutôt eu l’impression qu’ils avaient gagné 47-14…

C’était le « Mahomes et Hill show » à Tampa, surtout en première demie. Mahomes avait déjà 359 verges au compteur après les deux premiers quarts, tandis que son meilleur receveur en avait déjà 210. Tyreek Hill a marqué les trois touchés des Chiefs et a fini le match avec 13 attrapés pour 269 verges.

Le pauvre Carlton Davis III, le demi de coin qui avait la mission de surveiller Hill la plupart du temps, n’a sûrement pas passé une soirée très agréable après le match. Hill s’est moqué de lui durant toute la partie.

PHOTO JASON BEHNKEN, ASSOCIATED PRESS

Tyreek Hill, des Chiefs de Kansas City

Ce n’est pourtant pas si sorcier. Afin d’arrêter ou de mieux contenir Hill, qui est le receveur le plus explosif et rapide de la NFL, les défenses doivent lui opposer une couverture double à presque tous les jeux. Ou bien les Bucs ne l’ont pas fait, ou bien le demi de sûreté ne réagissait pas assez rapidement.

Mahomes a livré une autre performance majestueuse (37 en 49 pour 462 verges et 3 touchés) sous le regard de Tom Brady, qui a quant à lui offert du jeu inégal pour le troisième match de suite. Brady a complété 27 de ses 41 passes pour 345 verges et a lancé 3 passes de touché. Mais il a aussi lancé deux autres interceptions au troisième quart et a mis beaucoup trop de temps à se mettre en marche. Le match était essentiellement fini lorsqu’il l’a fait. Ses statistiques ont été des calories vides.

Les deux touchés de Mike Evans au quatrième quart ont permis aux Buccaneers de conserver de minces espoirs, mais on soupçonne qu’ils ont en partie été marqués parce que la défense des Chiefs a joué trop mollement derrière une confortable avance de 17 points. Lorsqu’il n’y avait encore rien de joué, Brady et compagnie n’ont pas fait grand-chose, à part quelques jeux signés Rob Gronkowski.

La relâche pour corriger le tir

À un peu plus d’un mois du début des éliminatoires, la situation est inquiétante pour les Bucs. Après trois mois, il devrait y avoir une meilleure « chimie » entre Brady et ses nombreux receveurs de talent. Il y a des éclats par-ci, par-là, mais très peu de constance.

Tom Brady et l’entraîneur-chef Bruce Arians ont beau dire que leur relation est bonne et que tout est au beau fixe, il y a manifestement quelque chose qui cloche. Et ce quelque chose a rapport au système offensif des Buccaneers.

Contrairement à ce qu’il a fait durant la majeure partie de sa carrière chez les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, Brady doit conserver le ballon et lancer des passes d’une bonne distance avec sa nouvelle équipe. Arians a toujours privilégié les passes de 15 verges et plus, alors que Brady et les Pats favorisaient généralement les courtes passes de 5 verges.

Comme cela avait été le cas lorsqu’ils avaient été déclassés par les Saints de La Nouvelle-Orléans il y a deux semaines, les Buccaneers ont vu plusieurs de leurs séries se terminer après trois petits jeux au premier quart. Ce lent départ a permis aux Chiefs de se donner une avance de 17-0 dès le premier quart. Il devient pratiquement impossible de vaincre Mahomes et les Chiefs lorsqu’ils ont un tel coussin.

Les Buccaneers ne disputeront leur prochain match que le 13 décembre face aux Vikings du Minnesota. Ils devront donc profiter de leur semaine de relâche pour trouver des solutions. Avec un dossier de 7-5, ils demeurent en bonne position pour accéder aux éliminatoires, mais s’ils ne jouent pas beaucoup mieux qu’ils l’ont fait depuis le début du calendrier, leur tournoi ne durera pas longtemps.

Vers un doublé

Si les Steelers de Pittsburgh veulent conserver la première place dans la Conférence américaine, ils devront continuer d’engranger les victoires, eux qui ont actuellement une fiche de 10-0. Celle des Chiefs est maintenant de 10-1, et on peut vous annoncer en grande primeur qu’ils ne perdront pas souvent dans la dernière ligne droite.

Ça semble parfois trop facile pour les hommes d’Andy Reid. Lorsqu’il est bien protégé, ce qui est généralement le cas, Mahomes a trop d’armes autour de lui pour être contenu. Vous avez vu sa passe à Mecole Hardman après avoir gagné quelques secondes en se déplaçant vers sa droite en situation de troisième essai ? Ou encore sa passe « sous-marine » ? Ou sa course de 17 verges pour gagner un premier jeu ? Un talent fou.

Si la défense de Steve Spagnuolo élève la qualité de son jeu à ce moment-ci de l’année comme elle l’avait fait l’année dernière, les Chiefs seront extrêmement difficiles à arrêter en janvier. Même si les Steelers sont toujours invaincus, les Chiefs ont d’excellentes chances d’être la première équipe en plus de 15 ans à soulever le trophée Lombardi deux années de suite.