Le premier départ de Nick Foles avec les Bears de Chicago n’a pas eu l’effet que recherchaient Matt Nagy et son équipe. Contre une défense qui s’améliore à la vitesse grand V, Foles et ses coéquipiers n’ont pas bien paru du tout.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

La victoire de 19-11 des Colts d’Indianapolis à Chicago a été aussi excitante que le score l’indique… Les Bears ont marqué leur seul touché avec moins de deux minutes à jouer et n’avaient jamais été en mesure de passer en deuxième vitesse jusque-là. Pénible.

L’arrivée de Foles, venu en relève à Mitchell Trubisky au cours du match de la semaine précédente à Atlanta, avait pourtant insufflé de la vie aux Bears. Mais ça, c’était contre la défense des Falcons, l’une des deux ou trois pires du circuit.

Celle des Colts occupait plutôt le premier rang de la NFL pour les verges accordées avant les rencontres de dimanche, et on a bien vu pourquoi. Il n’y a pas beaucoup de « gros » noms au sein de cette unité, mais elle est très homogène et ne donne à peu près rien à l’adversaire. Très peu d’erreurs.

L’arrivée du plaqueur DeForest Buckner, acquis des 49ers de San Francisco en retour d’un premier choix en avril, a donné aux Colts le pilier défensif dont ils avaient besoin. Buckner et le secondeur Darius Leonard, qui a quitté le match de dimanche, blessé à l’aine, sont les deux meilleurs éléments d’une défense qui n’a aucune faiblesse flagrante.

De la façon dont elle a joué dimanche, l’attaque des Bears en arrachera contre la très grande majorité des équipes.

Foles était-il encore un peu trop rouillé ? Le fait que Frank Reich, entraîneur-chef des Colts, le connaît particulièrement bien a-t-il été un facteur déterminant ? Reich était le coordonnateur offensif de Foles avec les Eagles de Philadelphie.

On savait bien que Trubisky n’était pas à la source de tous les problèmes offensifs des Bears. Il manque de la vitesse chez les receveurs, et ce n’est sûrement pas la présence de Ted Ginn fils qui comblera cette lacune. Le globe-trotteur est maintenant âgé de 35 ans et n’a jamais été plus qu’un joueur de soutien.

Il semble également de plus en plus évident que David Montgomery n’est pas la solution dans le champ arrière. Le demi n’a obtenu que 27 verges en 10 courses contre les Colts. Or, sans un bon jeu de course, ce sera très difficile pour Foles et le jeu aérien d’être assez productifs pour permettre aux Bears de gagner régulièrement. Ce n’est un secret pour personne, Foles doit être bien entouré pour obtenir du succès. Et il manque encore quelques autres morceaux à Chicago.

Tension entre Rivers et Hilton ?

Remarquez que Philip Rivers n’a pas été beaucoup plus convaincant que Foles. Le quart des Colts n’a complété que 16 de ses 29 passes pour 190 verges, même s’il a été très bien protégé par l’excellente ligne des Colts durant tout le match.

PHOTO CHARLES REX ARBOGAST, ASSOCIATED PRESS

Philip Rivers, des Colts d’Indianapolis

Rivers et T. Y. Hilton n’ont toujours pas trouvé une complicité sur le terrain. Sans contredit le meilleur receveur du club, Hilton n’a attrapé que trois passes pour 29 verges au Soldier Field. Il n’a que 13 attrapés pour 162 verges de gains en quatre matchs et est toujours à la recherche de son premier touché. On a même pu remarquer un brin de tension entre les deux joueurs sur les lignes de côté, dimanche. Disons qu’il ne semblait pas y avoir beaucoup de communication.

Lorsqu’il était avec les Chargers, Rivers a généralement connu du succès en lançant le ballon à des cibles imposantes, comme Antonio Gates et Keenan Allen, par exemple. Hilton, lui, ne mesure que 5 pi 10 po. Lors d’un jeu en particulier dimanche, Rivers a lancé le ballon au moins un mètre au-dessus de la tête de Hilton.

Quant à elle, la défense des Bears n’a pas été mauvaise, mais a été incapable de réussir des jeux qui auraient pu faire changer le vent de bord. Lorsque les Bears ont gagné 12 matchs en 2018, ils carburaient aux revirements. Ils n’en ont pas provoqué aux dépens des Colts.

Le noyau défensif des Bears n’a pourtant pas beaucoup changé depuis deux ans. Le plus gros changement a été celui au poste de coordonnateur alors que Chuck Pagano a pris la place de Vic Fangio lorsque celui-ci est devenu l’entraîneur-chef des Broncos. Certains entraîneurs sont meilleurs comme coordonnateur (Fangio ?), tandis que d’autres sont meilleurs comme pilote (Pagano ?).

Reculer de 10 ans

Quand la NFL a repoussé l’affrontement entre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Chiefs de Kansas City d’une journée parce que Cam Newton a été déclaré positif à la COVID-19, samedi matin, elle a également déplacé le match entre les Colts et les Bears de quelques heures (de 13 h à 16 h 25). Comme bien des gens, la ligue estimait sûrement que c’était l’un des matchs les plus prometteurs de la journée. Ouf…

Le spectacle aurait été plus relevé si c’est Andrew Luck et Patrick Mahomes qui s’étaient affrontés. Luck a bien sûr annoncé sa retraite il y a un peu plus d’un an, ce qui aura ultimement mené à l’embauche de Rivers.

Si les Colts n’y pouvaient rien dans le cas de Luck, ce n’est pas tout à fait la même chose pour les Bears, qui auraient pu sélectionner Mahomes au repêchage de 2017. L’équipe avait transigé avec les 49ers afin de mettre la main sur le deuxième choix de l’encan cette année-là, et croyait avoir mis la main sur son quart des 15 prochaines années.

Trois ans plus tard, Mahomes a déjà une bague et un titre de joueur par excellence en banque, alors que Trubisky doit piler sur son orgueil et encourager Foles, qui a été acquis pour le déloger.

Le jeu des comparaisons dans ce cas est extrêmement injuste pour Trubisky, il va sans dire. Mais lorsqu’on dit que certaines décisions peuvent faire reculer une organisation de 10 ans, difficile de trouver un meilleur exemple.