L’ancien demi défensif des Carabins de l’Université de Montréal a hâte de sauter sur le terrain avec ses nouveaux coéquipiers des Packers de Green Bay

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

La situation est quand même particulière. Marc-Antoine Dequoy est un membre des Packers depuis environ deux mois, a participé au camp des recrues et a déjà une bonne connaissance de leur système défensif. Tout ça sans jamais même avoir posé les pieds à Green Bay.

C’est bien sûr en raison des restrictions dues à la pandémie de COVID-19 que le demi défensif a été contraint de commencer son apprentissage dans les rangs professionnels à distance.

« Beaucoup de réunions sur Zoom ! », a répondu Dequoy lorsqu’on lui a demandé de quelle façon les choses s’étaient déroulées depuis que les Packers l’avaient embauché à titre de joueur autonome, en avril.

« Ç’a bien été jusqu’à maintenant. On a appris le système défensif au complet. »

Du 4 mai au 18 juin inclusivement, Dequoy participait à quatre réunions par jour, du lundi au jeudi. Une avec les demis défensifs, deux avec les unités spéciales et une autre avec des représentants de la NFL.

« La Ligue communique avec les recrues afin de leur donner des informations générales sur des aspects comme les finances personnelles, l’utilisation des réseaux sociaux, les drogues, la façon dont il faut interagir avec la police, etc. »

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Marc-Antoine Dequoy

Dequoy devait également suivre un programme d’entraînement en matinée, ce qui donnait au final des journées bien remplies. « Je faisais pas mal juste ça du matin au soir. »

Si l’ancien joueur étoile des Carabins de l’Université de Montréal admet qu’il aurait préféré vivre son camp des recrues au Wisconsin avec ses nouveaux coéquipiers, il a tout de même trouvé du positif dans son apprentissage à distance.

« C’est sûr que l’idéal aurait été de faire ça en personne à Green Bay et de recevoir les enseignements directement de l’entraîneur. Cela dit, ce n’était pas seulement un désavantage, car je pouvais le faire dans mon élément et je pouvais faire de la révision de jeux en prenant le temps nécessaire. »

On a beau étudier les jeux autant qu’on le veut, c’est de faire les répétitions sur le terrain qui ancre les jeux dans notre tête. On peut mieux visualiser de cette façon.

Marc-Antoine Dequoy

Dequoy a notamment été impressionné par le nouvel entraîneur des demis défensifs des Packers, Jerry Gray, qui roule sa bosse dans la NFL depuis le milieu des années 90 et qui a occupé le même poste chez les Vikings du Minnesota lors des six dernières années. Gray a deux adjoints qui l’aident à diriger la tertiaire.

« On a donc trois entraîneurs qui peuvent répondre à nos questions à toute heure de la journée. C’est très professionnel. Ils s’assuraient qu’on était très à l’aise de poser une question. »

Le Québécois a également rencontré l’entraîneur-chef Matt LaFleur, virtuellement, mais ne lui a pas encore parlé individuellement. Il a aussi eu la chance d’écouter deux anciens demis défensifs qui font aujourd’hui partie du Temple de la renommée, Charles Woodson et Darrell Green.

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Matt LaFleur, entraîneur-chef des Packers de Green Bay

« Ils nous ont donné des conseils que je n’aurais jamais pensé recevoir un jour. Ils nous ont dit que de façon générale, ce sont les joueurs qui travaillent avec le plus d’acharnement qui avaient les plus longues carrières. » Woodson a joué durant 18 saisons et Green, 20.

« Honnêtement, ça n’a pas été si difficile que ça jusqu’à maintenant. Mais je pense que j’ai mis plus d’heures que les autres joueurs parce que tout était nouveau pour moi.

« Le jeu en tant que tel n’est pas si compliqué. Le plus gros défi, c’est la quantité de jeux qu’il faut absorber. Il y en a beaucoup et il faut être capable de les assimiler rapidement. »

De l’incertitude pour tous

Normalement, c’est le 21 juillet que Dequoy doit se rapporter au camp d’entraînement des Packers. Mais à l’heure actuelle, il est impossible de planifier quoi que ce soit. Même les entraîneurs des Packers ne savent pas si le camp s’amorcera comme prévu dans approximativement un mois.

« Matt LaFleur nous a dit de nous préparer et de faire comme si le camp commence comme prévu, mais personne ne sait ce qui va se passer. Les Packers veulent toutefois que l’on s’assure d’être fin prêts quand on recevra le signal. »

C’est d’abord au sein des unités spéciales que Dequoy devra faire sa marque. Les Packers ne lui ont d’ailleurs fait aucune cachette à ce sujet.

« Dès notre toute première réunion avec le coordonnateur défensif, il nous a dit que notre place était sur les unités spéciales. Que c’est là qu’on allait commencer », a raconté Dequoy, qui piaffe d’impatience.

« Depuis que je joue au football, j’ai toujours été très excité avant de recommencer à jouer ou avant de disputer un match. Et c’est la même chose avec les Packers. J’ai hâte d’embarquer sur le terrain et de pouvoir évaluer moi-même le niveau de jeu. En ce moment, je ne sais pas où est la barre.

« Si je donne le meilleur de moi-même et que c’est insuffisant, je vais l’accepter. Il n’y aura pas d’amertume. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. Je vais vivre avec le résultat et je n’aurai aucun regret, à condition de m’être investi à fond. »