(Montréal) Les équipes de la LCF ont dû changer leurs habitudes lors de leur préparation pour le repêchage en raison de la pandémie de la COVID-19 et l’impact aurait pu être encore plus important chez les Alouettes de Montréal, qui comptent sur un nouveau directeur général effectuant un retour dans le circuit après une absence de près de 10 ans. C’est loin d’être le cas, selon deux experts du repêchage.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse canadienne

Danny Maciocia a commencé sa préparation pour le repêchage de jeudi soir seulement après son embauche le 13 janvier. Et malgré l’annulation du camp d’évaluation physique et l’impossibilité d’organiser des entrevues en personne au cours des dernières semaines en vertu du confinement, Maciocia a un avantage sur ses rivaux.

« Il n’y a pas de meilleures façons d’évaluer les joueurs du RSEQ qu’en étant entraîneur au sein du RSEQ », a souligné Marshall Feguson, chroniqueur du CFL.ca et spécialiste du repêchage pour la radio de TSN, lors d’une conférence téléphonique, mardi. RSEQ signifie Réseau du sport étudiant du Québec.

« Il a aussi une relation depuis plusieurs années avec les joueurs disponibles, en en ayant recruté ou avoir tenté d’en recruter quelques-uns, a ajouté l’analyste à TSN et expert du repêchage Duane Forde. Et même s’il y a des limites dans son territoire de recrutement puisqu’il dirigeait une université francophone, il a néanmoins préparé et dirigé des matchs nationaux et possède des connaissances directes des athlètes à travers le pays. »

Maciocia a dirigé le programme des Carabins de l’Université de Montréal au sein du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) pendant neuf saisons.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, PRESSE CANADIENNE

Danny Maciocia dans sa vie antérieure d’entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal, du Réseau du sport étudiant du Québec, en 2019. À sa gauche, le secondeur des Carabins Brian Harelimana.

Il a donc passé les dernières campagnes à côtoyer ou observer certains des meilleurs espoirs québécois du repêchage, dont Marc-Antoine Dequoy, des Carabins, ou Adam Auclair et Kétel Assé, du Rouge et Or de l’Université Laval.

Selon Ferguson, cette familiarité de Maciocia avec les espoirs québécois pourrait surtout jouer en sa faveur en fin de repêchage.

« Les Alouettes vont pouvoir vraiment cibler certains joueurs en fin de repêchage, des joueurs que Maciocia connaît très bien ou qui jouait pour des équipes canadiennes avec qui il a de bonnes relations avec le personnel d’entraîneurs », a-t-il noté.

Maciocia n’est aussi qu’un membre parmi plusieurs au sein de la direction des Alouettes. Il s’est assuré d’un minimum de continuité dans son entourage en gardant Éric Deslauriers comme directeur des opérations football. Deslauriers travaille au sein de la direction des Alouettes depuis qu’il a pris sa retraite comme joueur en février 2016.

Des renforts pour la ligne offensive

En vidéoconférence lundi, Maciocia a laissé entendre que les Alouettes pourraient profiter du repêchage pour ajouter de la profondeur du côté de la ligne offensive. Selon Ferguson et Forde, il ne s’agissait pas d’une tactique de détourner l’attention des équipes adverses.

« Il y a plusieurs bons espoirs à cette position, et pas seulement en première ronde. On retrouve des joueurs qui pourraient être très bons dans quelques années », a mentionné Forde.

Les Alouettes ne prendront pas la parole en première ronde à moins que Maciocia transige. Leur sélection a été échangée aux Tiger-Cats de Hamilton en 2018 dans la transaction impliquant le quart Johnny Manziel.

« Je crois que l’équipe veut bien entourer le quart Vernon Adams fils et ce n’est jamais une mauvaise idée de choisir un joueur de ligne offensive, a dit Ferguson. Les Alouettes ont deux choix en deuxième ronde et deux choix en troisième ronde. Je les verrais bien prendre un joueur de ligne offensive avec un de ces choix. Il y aura encore des joueurs intéressants à cette position lors de ces rondes-là. »

Que faire avec Dequoy ?

Ferguson a aussi rappelé l’intention de Maciocia de donner priorité aux Québécois en cas de talent égal. À ce niveau, le dossier de Dequoy soulève des points d’interrogation.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Marc-Antoine Dequoy, des Carabins de l’Université de Montréal, après une interception contre les Redmen de McGill au Stade Percival Molson le 27 octobre 2018.

Dequoy est l’un des meilleurs espoirs canadiens, mais il a signé un contrat avec les Packers de Green Bay au terme du repêchage de la NFL. Le demi défensif n’a pas caché son intention de tout faire pour percer aux États-Unis. Forde n’est toutefois pas certain que les équipes de la NFL seront très patientes avec lui.

« Il aura 26 ans pendant sa saison recrue, a-t-il noté. Souvent, quand les équipes de la NFL pigent au Canada, ce sont de projets à long terme. Dans le cas de Dequoy, je ne sais pas si on va lui donner autant de temps pour se développer en raison de son âge. »

Forde s’attend à voir Dequoy être sélectionné relativement tôt, jeudi, même si son arrivée dans la LCF pourrait être retardée d’au moins quelques mois.