Au-delà des victoires et des défaites, des trophées ou des statistiques individuelles, le sport universitaire permet de rencontrer des étudiants-athlètes qui se démarquent non seulement sur les terrains, mais aussi dans toutes les sphères de leurs activités. Ils seront d’ailleurs nombreux ce samedi sur le terrain de football du CEPSUM à l’occasion de la demi-finale provinciale entre McGill et les Carabins de l’Université de Montréal.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Andrew Seinet-Spaulding et Joshua Archibald, de McGill, ont été sélectionnés cette semaine au sein de l’équipe d’étoiles du RSEQ. Ils ont dominé le circuit au chapitre des sacs et des échappés forcés, semant la terreur derrière la ligne de mêlée. Le premier a évolué au niveau d’un joueur par excellence, alors que le second a montré un rare talent à réussir les gros jeux aux moments opportuns. Impossible toutefois de limiter leur impact cette saison à ce qu’ils ont accompli sur le terrain. Laissez-nous vous les présenter.

Andrew Seinet-Spaulding : l’humilité d’une vraie vedette

Depuis qu’il a découvert le football, quand il avait 7 ans, Andrew Seinet-Spaulding s’est toujours démarqué comme un athlète d’exception. Aujourd’hui, le colosse de 6 pi et 292 lb est l’un des meilleurs joueurs du RSEQ, l’un des plus humbles aussi.

Il est d’ailleurs l’un des rares étudiants-athlètes de l’histoire de McGill à étudier en travail social, un choix qui s’explique par ses origines. « Je viens d’un quartier défavorisé de Montréal et j’ai grandi avec des amis qui ont pris des parcours différents des miens, rappelle Andrew. J’ai toujours gardé la tête sur les épaules, mais d’autres ne l’ont pas fait.

« Je me suis dit que ce serait bien de pouvoir aider d’autres jeunes plus tard, d’essayer de leur montrer les réalités de la vie afin d’éviter d’aller au-devant des ennuis, de tomber dans la drogue. Qu’ils continuent d’aller à l’école aussi. »

Lydia Seinet espérait que le football puisse justement garder son fils dans le droit chemin. Elle n’aurait pu rêver plus beau résultat. « Ma famille a été là tout au long du parcours pour moi. Ma mère, mon frère, ma sœur, mon oncle aussi, qui m’a beaucoup aidé dans mon développement au football en m’inculquant ce sens du travail. »

Aujourd’hui, je joue pour moi, mais toujours aussi pour eux, pour les remercier de leur soutien, pour leur montrer que tous les sacrifices qu’ils ont faits, ça n’a pas été à la poubelle.

Andrew Seinet-Spaulding

Seinet-Spaulding estime avoir acquis grâce au sport des qualités qui vont toujours le servir.

« Le football, ce n’est pas qu’un jeu. C’est aussi quelque chose qui te donne des valeurs, le leadership, la résilience, le sens du travail. Bien sûr, on joue pour gagner, mais on gagne surtout de la maturité en tant que personne. C’est quelque chose que je réalise depuis que j’ai découvert le football, à 7 ans, et je sais que toutes ces valeurs vont rester avec moi toute la vie. »

À 23 ans, l’étudiant-athlète de quatrième année est aussi bien conscient des responsabilités qui viennent avec son statut de joueur étoile. Il est sensible à l’influence qu’il peut avoir sur les jeunes, on l’a vu, mais prend aussi très au sérieux son rôle d’ambassadeur de son équipe et de son université.

« Porter le chandail de McGill, c’est une responsabilité. Le programme de football existe depuis très longtemps ici. À chaque match, il y a des anciens qui sont là. On ne représente pas seulement notre université, mais aussi tous ceux qui ont porté le chandail avant nous et aussi ceux qui le porteront plus tard.

« Moi, je n’ai encore rien accompli d’exceptionnel. De bons joueurs, il y en a eu beaucoup avant moi à McGill. C’est vraiment un privilège de pouvoir étudier dans une université aussi prestigieuse. Le football, ça ne dure pas longtemps, mais un diplôme de McGill, ça va m’aider toute ma vie. »

Pour l’instant, le travail social va quand même devoir attendre. Seinet-Spaulding est admissible aux repêchages professionnels et il est dans la ligne de mire de plusieurs équipes de la LCF.

« Je suis content de mon parcours, de mes progrès depuis mes débuts, quand j’avais 7 ans. J’ai toujours joué avec la même passion, sur tous les jeux, et me voilà à McGill, en séries. C’est du “Big Time” et je veux continuer de pousser pour voir jusqu’où ça va me mener. »

Le plaqueur et ses coéquipiers ne seront pas les favoris aujourd’hui au CEPSUM contre les Carabins. « C’est la quatrième année qu’on les affronte, on a l’habitude, a-t-il assuré. Une fois en séries, on ne peut que rester concentrés sur ce qu’on doit accomplir, éviter les erreurs, travailler sans relâche pendant 60 minutes et espérer qu’à la fin de la journée, le résultat soit en notre faveur. »

Joshua Archibald : des valeurs pour la vie

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Joshua Archibald

Le printemps dernier, les étudiants de l’Université McGill ont organisé une manifestation pour réclamer l’abandon du nom de Redmen pour les équipes sportives masculines de l’établissement. Un seul étudiant-athlète connu avait pris la parole : Joshua Archibald, l’ailier défensif étoile de l’équipe de football.

Ses propos mesurés et réfléchis avaient recueilli l’adhésion de tous, tout en mettant en évidence les valeurs que le sport lui avait inculquées. « Tout commence par l’inclusion », a-t-il rappelé, cette semaine, après un entraînement.

Les succès d’une équipe reposent sur le respect que doivent avoir tous les joueurs les uns pour les autres. Tous sont égaux et il n’y a pas d’ego. C’est comme une fraternité, et je m’estime chanceux de faire partie d’une équipe comme celle que nous formons cette année.

Joshua Archibald

À sa troisième année à McGill, Archibald s’est imposé cette saison comme l’un des meilleurs à sa position. « Quand j’ai choisi de venir ici, le coach Ron [Ronald Hilaire] m’avait expliqué qu’il misait sur moi pour participer à la reconstruction de cette équipe. J’ai tout de suite voulu participer à la “révolution” de ce programme. Chaque année, nous avons progressé et c’est gratifiant de voir cette évolution. Bien sûr, nous sommes encore très loin du niveau auquel nous aspirons, mais nous allons dans la bonne direction.

« Nous nous approchons des meilleures équipes. Des petits détails nous coûtent encore cher – des mauvaises punitions, des fautes d’exécution –, mais nous sommes plus près que les pointages ne l’indiquent et l’avenir est prometteur. »

Originaire de Montréal, Archibald étudie en finances. « Quand on vient à McGill, les études passent toujours au premier plan, le sport ensuite. Les entraîneurs le comprennent et nous soutiennent afin que nous soyons les meilleurs possible, aussi bien en classe que sur le terrain. Nous avons la chance de jouer dans la meilleure conférence de football au Canada, tout en acquérant l’une des meilleures éducations au pays.

« Je veux devenir entrepreneur et je me rends compte combien c’est un privilège pour moi de pouvoir aller chercher toutes ces expériences, de pouvoir partager toutes ces valeurs avec mes coéquipiers et toute la communauté étudiante de McGill. »

Archibald en sera à sa deuxième expérience en séries aujourd’hui contre les Carabins. « Nous les avions affrontés l’année dernière et c’est évident que nous espérons un résultat différent cette fois [McGill s’était inclinée 48-2]. Nous savons ce que nous avons à faire. Il faut être prêts dès le début du match et exécuter à la perfection tout ce qu’on a à faire chaque fois qu’on va sur le terrain.

« Nous formons une équipe humble et nous savons que battre une équipe comme Montréal, spécialement sur son terrain, est une tâche ardue. C’est l’une des meilleures équipes non seulement au Québec, mais aussi au Canada. Mais nous croyons aussi en nos chances… »

Ce samedi

Concordia (2-6) c. Laval (7-1), 13 h, au stade Telus du PEPS

McGill (3-5) c. Montréal (6-2), 14 h, au CEPSUM

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