(Québec) Pas moins de 19 381 spectateurs, la plus grande foule de l’histoire du Rouge et Or, avaient envahi le stade de l’Université Laval, hier à Québec, et les hôtes n’ont pas déçu leurs partisans avec une victoire de 16-3 contre les Carabins de l’Université de Montréal.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Le Rouge et Or s’est ainsi assuré du premier rang de la saison et de l’avantage du terrain en séries éliminatoires. « C’est un gros avantage pour nous, a souligné l’entraîneur-chef Glen Constantin. Nous avions une foule record aujourd’hui pour ce match où nous honorions nos anciens, les bâtisseurs du programme, et c’est spécial d’avoir pu offrir à nos partisans une telle victoire. »

Un peu crispées en début de match, souvent pénalisées, les deux équipes se sont échangé le ballon jusqu’à la dixième minute. Le Rouge et Or a alors eu recours à un jeu spécial pour inscrire son premier touché : un double jeu renversé entre le quart Thomas Bolduc, Félix Garand-Gauthier et Mathieu Robitaille. Ce dernier a ensuite effectué une passe à Vincent Breton-Robert, qui a couru 44 verges jusqu’à la ligne des buts.

C’était important d’être un peu plus agressifs en attaque. Ça les a déstabilisés, et c’est ça qu’on veut faire contre des bonnes défenses comme la leur.

Glen Constantin, entraîneur-chef du Rouge et Or

Galvanisée par cette réussite, la défense du Rouge et Or s’est mise à jouer avec plus d’intensité, et les Carabins ont dû concéder un touché de sûreté en fin de premier quart.

Le Rouge et Or a ensuite eu des chances d’ajouter au pointage, mais le botteur David Côté a raté deux placements et les hôtes sont rentrés au vestiaire avec une priorité de 10-0.

Les Carabins ont mieux fait en deuxième demie et, après un placement de 22 verges de Louis-Philippe Simoneau, ils étaient en position pour revenir à égalité. Le quart Frédéric Paquette-Perrault a toutefois été victime d’une interception, sa troisième du match. Le Rouge et Or a enchaîné avec une passe de 76 verges de Bolduc à Antoine Dansereau-Leclerc, et Côté a réussi un placement de 19 verges pour couper l’élan des visiteurs. Un autre placement de 31 verges, en fin de match, a complété le pointage.

Bolduc, joueur de première année qui n’en était qu’à son quatrième départ à Laval, est resté calme tout au long du match. « C’était le plus gros match de ma vie et je pense avoir passé le test avec succès, a-t-il souligné. Je pense que je m’en vais dans la bonne direction.

« Ma priorité était d’éviter les revirements. Avec notre défensive et notre botteur, ce n’est pas grave de lancer le ballon dans les gradins quand il le faut. Et nous avons réussi les gros jeux quand il le fallait. Le jeu truqué, on en parlait depuis quelque temps et la situation était parfaite pour le tenter. Mathieu Robitaille a fait une passe parfaite. »

Trouver son identité

Du côté des Carabins, Paquette-Perrault a connu une journée difficile en étant plaqué pas moins de sept fois derrière sa ligne de mêlée. « On savait qu’ils avaient une bonne défense, qu’il faudrait profiter de toutes les petites opportunités, et nous n’avons pu le faire », a concédé celui qui effectuait un premier départ avec les Carabins.

« On a eu un peu d’espoir en deuxième demie, mais on a encore gâché nos chances avec des erreurs et un peu de malchance. La troisième interception nous a fait mal ; on avançait bien et on avait la chance de revenir. Je suis déçu de cette défaite et de ma performance, je suis un compétiteur et j’espérais mieux. Il va falloir revoir le match, travailler sur ce qu’il faut corriger. »

En défense, le secondeur Brian Harelimana a reconnu : « On n’a pas joué un mauvais match, mais on s’est un peu tiré dans le pied, avec des erreurs et de mauvaises punitions. Juste avant leur jeu truqué, on a pris une punition pour avoir eu trop de joueurs sur le terrain… »

Il va falloir nous regrouper, car on entre dans la partie la plus importante de la saison. Les autres équipes nous connaissent mieux, ils commencent à identifier nos faiblesses. En défense, il va falloir leur montrer de nouveaux looks, tout en consolidant ce qui a fait notre force toute la saison.

Brian Harelimana, des Carabins

Avec deux défaites de suite, après une série de six victoires en début de saison, les Carabins vont aborder les séries dans le doute. Ils auront droit à une semaine supplémentaire pour se préparer, et l’entraîneur-chef Danny Maciocia entend bien en tirer profit.

« On va retourner au travail, a-t-il assuré. Il va falloir bien analyser ce qui s’est passé aujourd’hui et les dernières semaines, apporter des corrections afin de déterminer quelle identité nous voulons avoir dans la deuxième saison, c’est-à-dire les séries éliminatoires.

« Je ne pense pas qu’on ait besoin de 90 ou 100 jeux ; si nous en avons une cinquantaine avec lesquels nous sommes parfaitement à l’aise, ce sera bien suffisant. Le défi, maintenant, c’est de les identifier. »

Concordia revient dans la lutte

Une semaine après avoir surpris les Carabins, le Vert & Or de Sherbrooke avait une belle chance de confirmer sa place en séries, samedi sur son terrain, mais il a laissé les Stingers de Concordia marquer 24 points sans réplique en deuxième demie avant de s’incliner 27-19.

Le Vert & Or a dominé en attaque, mais deux interceptions ont coûté cher, la deuxième scellant l’issue du match quand Khadeem Pierre a ramené le ballon sur 69 verges pour un touché.

Avec des fiches de 2 victoires et 5 défaites, Concordia et Sherbrooke se retrouvent à égalité avec McGill, mais le Vert & Or est désavantagé au bris d’égalité. Il devra donc obligatoirement vaincre Laval, samedi prochain, pour mériter la quatrième place en séries.

De leur côté, Concordia et McGill se disputeront le troisième rang, le perdant ayant de bonnes chances de se qualifier en cas de défaite – prévisible – de Sherbrooke.

Samedi prochain
McGill (2-5) à Concordia (2-5), 14 h, stade de Concordia
Laval (6-1) à Sherbrooke (2-5), 14 h, stade de l’Université