(Montréal) Les Alouettes de Montréal ont comblé un retard de 20 points au quatrième quart et ravi les 19 070 spectateurs au stade Percival-Molson — leur plus importante foule de la saison — avec un gain in extremis de 38-37 aux dépens des Blue Bombers de Winnipeg.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

C’est une passe de touché de 15 verges de Vernon Adams fils à Jake Wieneke — sa quatrième du match — qui a permis de créer l’égalité à 37 partout.

« C’est un jeu que je cours souvent. Je longe les traits hachurés. Vernon me dit depuis le début de l’année de le courir exactement d’une façon et il m’a trouvé quand c’était le temps. La passe est passée à quelques millimètres du poteau des buts, jusque dans mes mains. C’était un jeu parfait. »

Boris Bede a concrétisé cette victoire en réussissant le converti.

Les Alouettes ont franchi 95 verges sur cette dernière poussée, alors qu’il ne restait que 62 secondes à écouler. Une spectaculaire passe de 60 verges à Quan Bray a mis la table à celle pour Wieneke. La troupe de Khari Jones a eu le dessus 21-0 au pointage dans la dernière période.

« C’est probablement ma victoire la plus excitante en saison, même si j’ai déjà été impliqué dans plusieurs d’entre elles, y compris cette année, a noté l’entraîneur-chef, Khari Jones. Les gars se sont battus. Peu importe le négatif qui a pu arriver, les gars n’ont jamais abandonné et Vernon a été exceptionnel. Il a fait une erreur et s’est immédiatement repris. La défense a fait le boulot quand ç’a compté : ils n’ont accordé que trois points en deuxième demie. »

Chris Matthews a inscrit deux majeurs contre son ancienne formation. DeVier Posey et Adams ont inscrit les autres.

Adams a connu le meilleur match de sa carrière, avec 488 verges de gains aériens. Il a complété 27 de ses 43 passes et n’a commis qu’une interception. Il a ajouté 38 verges au sol en six courses.

Il s’agit d’un retour historique pour les Alouettes (7-5), qui perdaient 34-10 à un certain moment. C’est la première fois de leur histoire qu’ils comblent un retard de 24 points. L’ancien record était un écart de 20 points comblés, le 10 juillet 1981, face aux Argonauts de Toronto. Vince Ferragamo pilotait alors l’attaque des Oiseaux.

La réplique des Blue Bombers (10-4) est venue des trois touchés du quart Chris Streveler (19 en 22, 180 verges, un touché une interception), un autre de Dervin Adams et un dernier par Kyrie Wilson en défense.

Lent départ

Le début du match ne laissait pas présager pareil scénario pour les vainqueurs. La défense des Alouettes semblait à court de réponses pour l’attaque des Bombers, qui a réussi pratiquement tous ses jeux des deux premiers quarts : ils menaient d’ailleurs 21-3 après leurs trois premières possessions.

La défense de Bob Slowik a particulièrement mal paru sur une course de 38 verges de Streveler pour un touché. Puis, sur une passe de 74 verges de Dervin Adams à Andrew Harris, Tommie Campbell a joué très mollement sur ce jeu, retenant le puissant demi d’un bras, ce qui lui a permis d’ajouter plusieurs verges à un jeu déjà très long. Au total, Harris a gagné 74 verges et mené son équipe à la ligne de 1.

« La défense a mal joué en première demie. Tous autant qu’ils sont, a admis Jones. […] Mais sur ce jeu, il a eu un coup de sifflet provenant de la foule et tout le monde a pensé que le jeu était arrêté. Ce n’est pas le genre de Tommie Cmapbell de ne pas y aller à fond de la sorte. Ça nous a affectés sur quelques jeux en fait. Heureusement, la sécurité a fini par le trouver. Mais il n’y a pas d’excuses : les trois ou quatre premières possessions, ils ont marqué. Il y a encore beaucoup de choses à peaufiner. C’est quand même bien d’avoir tant de choses à corriger et de quand même gagner. »

Le seul bon jeu de la défense des Alouettes dans les 30 premières minutes de jeu a été réussi en toute fin de première demie. Avec la marque à 34-10, Ciante Evans a intercepté une passe de Streveler et il a ramené le ballon sur 24 verges, jusqu’à la ligne de 33 des Blue Bombers. Trois jeux plus tard, Adams a rejoint l’ex-Bomber Matthews sur 21 verges pour rapprocher les Alouettes à 17 points à la pause.

Ce minime apport de la défense en première moitié s’est avéré clé à la victoire.

« Ciante a réussi cette interception et ç’a fait tourner le vent, a souligné Adams. Nous avons trouvé notre rythme par la suite. »

Les locaux accusaient tout de même un retard de 20 points avec 1:34 à faire au troisième quart, quand ils ont récupéré le ballon à leur ligne de 12. Adams a alors piloté une poussée de 98 verges, couronnée par le deuxième touché du match de Matthews pour rapprocher les siens à 13 points.

Lors de la séquence offensive suivante des Alouettes, Adams avait réussi à mener les siens jusqu’à la ligne de 26 des visiteurs, avant de lancer une coûteuse interception. Bien posté devant les deux receveurs des Alouettes, Jeff Hecht a cueilli cette passe qui semblait manquer de force et l’a ramenée sur 32 verges.

Plusieurs croyaient alors que c’en était fait des Alouettes. Adams et l’attaque se sont chargés de remettre ces incrédules à leur place.

« J’ai perdu mon calme pendant une seconde. Je m’en voulais d’avoir lancé cette interception, a expliqué Adams. Je me suis donc retiré du groupe, car plein de gens venaient me parler. J’avais besoin de me retrouver seul, de retrouver mes esprits. J’ai pris de grandes respirations et fait de la visualisation. Ensuite, je suis allé voir tout le monde et leur ai demandé de ne pas arrêter de croire en moi. Je leur ai promis que nous allions réussir. »