Le Rouge et Or de l’Université Laval est plutôt bien représenté chez les Alouettes. Boris Bede est le botteur de l’équipe depuis plusieurs années, Luc Brodeur-Jourdain a récemment troqué son casque contre un sifflet et Hugo Richard poursuit son apprentissage comme quart-arrière.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

D’autres anciens membres de l’excellent programme universitaire se sont joints aux Als cette année. C’est le cas de Félix Faubert-Lussier, Christophe Normand et Étienne Moisan. Bien qu’ils s’agissent de joueurs de soutien, les trois Québécois n’ont pas déçu jusqu’à présent.

« Christophe a été une super belle acquisition pour nous. Il a joué dans l’Ouest durant quelques années [à Edmonton et à Winnipeg] et avait envie de revenir dans l’Est. Comme centre-arrière, il est un excellent bloqueur qui ne recule jamais devant quiconque, et il aide beaucoup nos jeunes joueurs en tant que vétéran sur les unités spéciales », a décrit André Bolduc, qui dirige Normand et Moisan à titre d’entraîneur des demis offensifs.

André fait une belle rotation avec ses demis, et j’ai un rôle de leadership sur les unités spéciales, alors je suis très satisfait. Les choses se passent bien. 

Christophe Normand, centre-arrière

« Ma situation est un peu différente de celle de certains de mes coéquipiers en raison de ma vie familiale, mais les Québécois du club passent beaucoup de temps ensemble. En fait, l’esprit d’équipe est incroyable dans le club en entier. Lorsque j’arrive au stade le matin, je suis toujours content de voir tout le monde », a dit Normand, qui est père de deux enfants.

« Notre groupe de Québécois s’est réuni à quelques reprises pour participer à des activités. On a passé un après-midi à jouer à la pétanque, on est allés au Grand Prix de Trois-Rivières et au Festival Western de Saint-Tite. On a une très belle chimie », a affirmé Moisan.

La clé pour Moisan

Si Normand avait déjà fait ses preuves avec les Blue Bombers et les Eskimos avant de signer une entente avec les Alouettes en février, la situation était fort différente pour Moisan. L’ancien receveur du Rouge et Or a même dû changer de position en mai, une initiative proposée par Bolduc.

« J’aime beaucoup Étienne, mais si on l’avait laissé au poste de receveur au début du camp, ses chances de se tailler une place auraient été pratiquement nulles. On avait déjà plusieurs bons receveurs canadiens. Mais j’ai réussi à convaincre l’organisation de le muter au poste de centre-arrière. Étienne a embarqué dans le projet à 100 %, et les choses ont bien fonctionné », a raconté Bolduc.

« Je ne pense pas que je vais devenir un centre-arrière à temps plein, dit Moisan, mais il faut que je sois capable de jouer aux deux positions. »

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Étienne Moisan (39)

Si je suis capable d’être réserviste comme receveur et comme centre-arrière, c’est un beau luxe pour l’attaque. Avant toute chose, je dois toutefois me concentrer sur mon jeu sur les unités spéciales.

Étienne Moisan

« Je suis satisfait de ma progression. J’ai passé du temps sur l’équipe de développement et je suis actuellement dans l’alignement régulier. J’ai participé à nos six derniers matchs, alors je gagne en expérience toutes les semaines », a estimé le jeune homme originaire de Saint-Eustache.

Plus d’occasions à venir

Le quart-arrière Vernon Adams fils a dit, mardi, qu’il voulait se faire un devoir de mieux répartir le travail parmi ses receveurs au cours des prochains matchs. Si DeVier Posey et Eugene Lewis produisent à fond de train, d’autres receveurs sont très peu sollicités.

Faubert-Lussier est l’un de ces joueurs, lui qui occupe le poste à l’extrémité du côté large. Faute d’occasions, le Montréalais, qui a passé ses deux premières saisons dans la LCF avec les Tiger-Cats de Hamilton, n’a capté que deux passes cette saison.

« Si j’étais le coordonnateur défensif d’une équipe, je n’accorderais pas une grande importance au receveur du côté large parce que c’est lui qui a le moins de statistiques dans l’équipe. En théorie, ça devrait ouvrir le jeu pour les autres receveurs si l’adversaire se concentre à arrêter nos receveurs les plus performants. Mais que j’obtienne 100 verges ou aucune dans un match, ce qui m’importe le plus, c’est qu’on gagne », a affirmé Faubert-Lussier après l’entraînement d’hier.

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Félix Faubert-Lussier

Je n’ai aucun doute d’avoir les habiletés pour attraper 30, 40 ou 50 passes par saison. Il faut seulement que j’obtienne les occasions de le faire.

Félix Faubert-Lussier

« Félix est un gagnant. Il a gagné partout où il a joué au scolaire, que ce soit au collège Jean-Eudes, au cégep du Vieux-Montréal ou à Laval. C’est un très bon athlète, capable d’attraper le ballon, de le botter ou de le lancer. C’est important pour nous qu’il soit dans l’organisation », a dit Bolduc.

À défaut d’attraper beaucoup de passes, Faubert-Lussier occupe actuellement le sommet de la hiérarchie chez les receveurs canadiens de l’équipe. En raison du ratio canadien, il y a généralement un receveur national parmi les partants.

« C’était mon objectif en venant jouer avec les Alouettes. Je voulais un poste de partant comme receveur et je voulais jouer sur les unités spéciales. Je peux dire “mission accomplie”, mais il n’y a aucune garantie dans cette ligue. J’ai été partant, je me suis retrouvé sur le banc, et je suis revenu avec les partants. Je prends donc ça un match et un entraînement à la fois. »

Appui de Bolduc

Faubert-Lussier, Normand et Moisan ne seront probablement jamais des joueurs étoiles dans la LCF. Ils pourraient toutefois occuper des rôles importants dans l’équipe, tout en faisant partie de la prochaine vague des Québécois les mieux connus du club. On connaît tous l’importance pour le public de pouvoir s’identifier à des joueurs de la province.

Au sein des Alouettes, les jeunes Québécois peuvent assurément compter sur un bel appui de Bolduc, qui était dans une position semblable à la leur lorsqu’il jouait dans la LCF il y a une vingtaine d’années.

« J’ai essayé de recruter ces joueurs-là quand j’étais l’entraîneur-chef à l’Université de Sherbrooke, alors ça fait longtemps que je les connais. C’est sûr que je les protège un peu. Je sais qu’ils sont talentueux et qu’ils peuvent faire plein de choses sur le terrain, alors je me bats pour eux. Et c’est facile pour moi de le faire, car leur jeu me donne toujours raison. »