(New York) Quelques heures après avoir remporté son troisième Super Bowl, Rob Gronkowski a déclaré qu’il avait pleuré dans son lit après avoir joué un rôle déterminant dans la victoire de 13-3 des Patriots de la Nouvelle-Angleterre contre les Rams de Los Angeles.

Avery Yang
Associated Press

Il ne pouvait savourer le moment à cause de la douleur qui l’affligeait.

Gronkowski a été plaqué aux quadriceps pendant la rencontre, entraînant l’une des pires contusions osseuses de toute sa carrière. Il a passé des semaines sans pouvoir marcher normalement, ne dormant qu’une vingtaine de minutes par nuit.

Son moral variait — parfois, il se sentait bien, comme s’il était parvenu à oublier l’inconfort. Et parfois, il souffrait, étant carrément incapable de s’asseoir sans ressentir une douleur aiguë. Pendant le mois suivant, on a dû lui retirer un litre de sang de sa cuisse.

C’est à ce moment qu’il a su qu’il devait prendre sa retraite.

«Je me suis dit: "Bon, c’est un signe", a-t-il confié à l’Associated Press. Je disais à mes proches que c’était un cadeau d’adieu de la NFL.»

Il a donc accroché ses souliers à crampons. Sans aucun regret.

Plusieurs joueurs actifs et retraités, ainsi que certains entraîneurs, ont cru que «Gronk» effectuerait un retour à la compétition. Et le principal intéressé a admis qu’il avait apprécié ces commentaires, avant d’assurer que sa décision était bel et bien prise.

«Je la savoure. D’abord, je disais: "Je viens de prendre ma retraite", et les gens me répondaient: "Yo, tu vas revenir", a commenté Gronkowski. Ça démontre qu’ils s’ennuient de moi sur le terrain. Il faut l’apprécier, et être compréhensif. Peut-être qu’ils vont tenter d’en faire une leçon de vie.»

Gronkowski est encore en excellente condition physique — et même un peu plus maigre qu’auparavant —, et il s’entraîne chaque jour parce que «ça me permet d’être discipliné, d’être sain d’esprit».

«Je pourrais être sur le terrain en ce moment si je voulais jouer. Sans problème», a-t-il poursuivi.

Bien qu’il soit en bonne condition physique, le principal intéressé admet qu’il n’est pas prêt mentalement ni émotivement. Le football lui a retiré toute joie de vivre. Après une retraite de cinq mois, il jure n’avoir aucun plan pour effectuer un retour au jeu dans la NFL — mais il n’a pas exclu la possibilité que ça se produise éventuellement.

«Si dans quelques années, je me dis: "Je dois jouer au football", alors j’effectuerai un retour à 100% et je jouerai au football, a-t-il confié. Mais en ce moment, je suis bien où je suis.»

Le quart des Colts d’Indianapolis Andrew Luck a surpris l’univers de la NFL lorsqu’il a annoncé sa retraite subitement samedi soir à l’âge de 29 ans en raison de la douleur physique et de la fatigue mentale et émotive qui l’ont assailli à la suite de ses nombreuses blessures.

Gronkowski, qui a fêté son 30e anniversaire cet été, a déclaré qu’il «comprenait totalement (la décision de) Luck», et ajouté qu’il était triste que les partisans des Colts aient hué le quart alors qu’il quittait le terrain pour la dernière fois de sa carrière.

«C’est difficile à regarder, a admis Gronkowski. Ça ne devrait pas se produire. Les gens ignorent ce que les gars vivent… Au contraire, ils (les gens) devraient applaudir un gars qui reconnaît qu’il doit se retirer afin de prendre soin de lui.»

Bien qu’il aimerait que les gens compatissent davantage avec les joueurs, l’ex-ailier rapproché étoile reconnaît que les spectateurs paient d’abord et avant tout pour voir de la violence et de la brutalité au football.

«Nous sommes conscients que dès que nous sautons sur le terrain, il est possible que nous encaissions à tout moment un coup brutal, a-t-il évoqué. C’est la raison pour laquelle la NFL est si populaire. C’est la raison pour laquelle les gens adorent regarder du football. Parfois, les choses vont trop loin.»