Pour la première fois depuis des années, les Alouettes peuvent réalistement vaincre n’importe laquelle des huit autres équipes de la Ligue canadienne. Et c’est en bonne partie grâce au jeu de leur ligne tertiaire.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Kavis Reed a multiplié les erreurs au cours de ses deux années et demie comme directeur général des Als. L’ancien demi de coin a toutefois eu le mérite de construire une excellente tertiaire avant son congédiement.

Les demis défensifs Greg Reid (trois interceptions et un échappé provoqué) et Ciante Evans (deux interceptions), le demi de coin Tommie Campbell (deux interceptions, un échappé provoqué et un recouvré), le maraudeur Taylor Loffler (une interception, un échappé provoqué et un recouvré) et le secondeur du côté large Patrick Levels (47 plaqués, dont deux sacs) ont tous réussi leur part de jeux clés. Ryan Carter est plus discret parce qu’il occupe une position normalement moins sollicitée (demi de coin du côté large), mais la recrue joue bien aussi.

« Il commence à y avoir de la continuité et les joueurs de notre tertiaire se font de plus en plus confiance. L’autre facteur, c’est l’expérience. Taylor [Loffler], Tommie [Campbell] et moi-même avons tous joué une cinquantaine de matchs dans la LCF », a analysé Evans, jeudi.

Ce soir, Evans, Levels et Campbell affronteront leur ancienne équipe, les Stampeders de Calgary. Il s’agira de leur premier match dans la ville où ils ont amorcé leur carrière au football canadien. Campbell dispute sa deuxième saison à Montréal.

Ce sera doux-amer, car je recevrai ma bague de la Coupe Grey qu’on a gagnée l’année dernière avant le match et ce sera un moment spécial. Mais ce sera terminé lorsque le premier coup de sifflet se fera entendre.

Patrick Levels

« On veut toujours donner la première chance de négocier à l’équipe qui nous a donné notre première chance de jouer lorsqu’on négocie un contrat. Mais j’ai ultimement pris la meilleure décision pour ma famille et moi », a expliqué Levels.

Evans a tenu essentiellement le même discours que son coéquipier, lui qui a participé à trois matchs de la Coupe Grey avec les Stampeders.

« Je ne veux pas aborder ce match avec de la rancœur. On le sait, le sport professionnel est un business avant toute chose. J’ai donc pris la décision que je jugeais être la meilleure pour ma famille et moi. »

Des historiques de gagnants

Les joueurs qui forment la tertiaire des Alouettes ont une chose en commun : la victoire. Tous ces joueurs ont connu du succès à divers degrés avant d’arriver à Montréal.

Les anciens Stampeders à Calgary, mais Reid faisait partie des Seminoles de Florida State à une époque où le programme était l’un des meilleurs de la NCAA ; même chose pour Carter avec les Tigers de l’Université de Clemson. Même Loffler a fait partie de bonnes équipes chez les Blue Bombers de Winnipeg.

« Il n’y a aucun doute que ça aide notre équipe. Je pense cependant que le niveau de talent de ces joueurs et la capacité de l’entraîneur [Bob] Slowik à former un tout homogène avec eux sont des facteurs tout aussi importants. Mais lorsqu’on a goûté à la victoire, on veut continuer de le faire, et ces joueurs sont tous des athlètes très fiers », a estimé le pilote Khari Jones.

Ils sont tous très talentueux et ils jouent avec de l’attitude et de la confiance [swagger]. Ils savent qu’ils sont capables de réussir des jeux clés, et ils ne se laissent pas ébranler lorsqu’ils en accordent.

Khari Jones, entraîneur-chef des Alouettes

« C’est vrai que beaucoup de nos joueurs ont fait partie d’équipes gagnantes, mais en fin de compte, c’est l’attitude avec laquelle on se présente au travail qui importe vraiment », a de son côté noté Levels.

Ce qui est encore plus impressionnant dans le cas de la tertiaire, c’est qu’elle brille même si la pression exercée sur les passeurs adverses a été très ordinaire jusqu’à maintenant. Les Alouettes n’ont réussi que sept sacs en autant de matchs.

La tertiaire a constitué une faiblesse de l’équipe pendant des années. Aujourd’hui, elle est probablement la plus grande force du club. La dernière fois qu’elle a été aussi bonne, c’est lorsque Mark Estelle, Billy Parker, Jerald Brown et les Québécois Matthieu Proulx et Étienne Boulay étaient à l’apogée de leur carrière, il y a une dizaine d’années.

Ce sera Arbuckle

PHOTO JEFF MCINTOSH, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Ce soir, contre les Alouettes de Montréal, Nick Arbuckle obtiendra un septième départ de suite au poste de quart-arrière des Stampeders de Calgary.

En plus de Levels, Evans et Campbell, la défense des Stampeders a perdu trois joueurs de ligne défensive de premier plan au cours des deux dernières années en Charleston Hughes, Ja’Gared Davis et Micah Johnson. C’est sans parler du secondeur Alex Singleton, qui brille actuellement au camp des Eagles de Philadelphie.

« Ce n’est pas si étonnant que leur défense continue de bien performer, car les Stampeders ont le don de dénicher de bons joueurs. On aimerait bien les voir ralentir un peu, mais encore une fois cette année, ce n’est pas ce qui semble se dessiner à l’horizon », a estimé Jones.

En plus de tous ces départs en défense, les Stampeders sont privés de leur quart étoile Bo Levi Mitchell depuis deux mois. Il ratera d’ailleurs la rencontre de ce soir, toujours incommodé par une blessure aux pectoraux. Nick Arbuckle obtiendra donc un septième départ de suite (fiche de 4-2).

« J’aime son jeu. Il a été solide jusqu’à maintenant et il fait preuve de sang-froid derrière sa ligne offensive. Son jeu de pieds est bon et il lance avec précision. Il est tout de même un jeune quart et il commettra des erreurs. Espérons que nous pourrons en tirer profit », a dit l’entraîneur-chef des Alouettes.

Prochain match : Alouettes c. Stampeders, ce soir, 19 h, à Calgary