Puisque la LCF et l’Association des joueurs ont conclu une nouvelle entente de principe, les vétérans des Alouettes se présenteront au camp d’entraînement à compter de dimanche. Mais est-ce que leur entraîneur y sera ?

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

C’était l’ouverture du camp des recrues au stade Percival-Molson, hier après-midi, mais Mike Sherman était toujours à son domicile au Massachusetts. Le pilote des Alouettes combat une infection buccale.

« Il a subi une intervention mineure et, malheureusement, il y a ensuite eu de l’infection. Il a vu un médecin aujourd’hui et nous espérons qu’il sera ici ce week-end, mais il valait mieux qu’il ne coure aucun risque », a commenté le directeur général, Kavis Reed.

« Nos coordonnateurs sont responsables de leur unité respective. Ils s’étaient rencontrés, mardi soir, afin de s’assurer que tout était bien organisé », a précisé Reed.

De l’avis d’André Bolduc, l’absence de Sherman ne porte pas à conséquence à ce stade-ci, car il passerait beaucoup de temps à organiser le camp régulier de l’équipe en compagnie de Reed. « Pour être honnête, ça ne change pas tant que ça. On s’occupe tous de nos groupes respectifs. »

L’incertitude quant au renouvellement de la convention collective est derrière nous et Sherman devrait être de retour sous peu. Reste le fameux dossier de la vente du club, toujours au-dessus de la tête des Alouettes, tel un toit à moitié défait…

Or, selon Bolduc, la situation risque de rester inchangée pour un bon moment encore.

« On se prépare comme d’habitude parce qu’il ne se passera rien avant la fin de la saison, s’il se passe quelque chose. On est concentrés sur le travail qu’on a à faire. Honnêtement, on n’en parle presque pas parmi les entraîneurs. »

« Je pense qu’il ne va rien se passer avant le match de la Coupe Grey. Mais c’est mon opinion. Je parle en mon nom, pas en celui des Alouettes », affirme l’entraîneur des Alouettes.

Reed a quant à lui assuré qu’il en savait très peu au sujet de l’avenir de la franchise.

« Je sais peu de choses. Notre priorité, c’est de nous assurer d’avoir un bon camp d’entraînement, au sein duquel il y aura beaucoup de concurrence. Je ne suis pas impliqué dans ce dossier, ça se passe bien au-dessus de moi. »

Quant à la nouvelle convention collective, Reed n’en connaissait pas encore les détails. Elle n’avait pas été ratifiée au moment d’écrire ces lignes, mais plusieurs joueurs des Alouettes étaient déjà revenus à Montréal en début de soirée, ce qui laissait présager que ce n’était plus qu’une simple formalité.

Le Rouge et Or bien représenté

Quelques heures avant de fouler le terrain du stade Percival-Molsonl, hier, Samuel Thomassin a signé son premier contrat professionnel. Thomassin a suivi les exploits de sa nouvelle équipe de près lorsqu’il grandissait, notamment à l’époque d’Anthony Calvillo et de Ben Cahoon.

« C’est un super bon feeling de pouvoir jouer pour une équipe québécoise », a noté Thomassin, qui a la chance de vivre ses débuts avec les Alouettes en compagnie de ses anciens coéquipiers Hugo Richard et Étienne Moisan.

« C’est sûr que c’est le fun de se retrouver avec d’anciens coéquipiers de Laval, notamment mon quart-arrière [Richard] et Étienne, qui est l’un de mes bons amis. »

Plusieurs autres anciens joueurs du Rouge et Or feront leur entrée en scène à compter de dimanche, dont Luc Brodeur-Jourdain, qui a déjà communiqué avec Thomassin, qui a participé à un mini-camp des Giants de New York avant de s’amener chez les Alouettes.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Samuel Thomassin, joueur de ligne offensive

« C’est sûr que c’était une bonne préparation. Je suis donc arrivé au camp ici prêt à performer. »

« Samuel a un gros gabarit et il possède une très bonne technique. Je m’attends donc à ce qu’il lutte pour une place dans notre formation. C’est ce à quoi on s’attend de sa part, comme on le lui a expliqué », a indiqué Reed, qui a sélectionné Thomassin avec son choix territorial lors du repêchage du 2 mai.

« Il faut s’adapter à une nouvelle terminologie et à de nouveaux blocs, mais pour une première journée, je pense que ça s’est bien passé », a estimé Thomassin.

Comme son ancien coéquipier, Richard était somme toute satisfait de sa première journée de boulot, même s’il aurait aimé mieux faire lors d’un exercice au cours duquel il a manqué de précision.

« Mes lectures étaient bonnes, mais le synchronisme n’était peut-être pas là. Je dois travailler sur ça. Mais je pense que ça s’est bien déroulé. J’étais en contrôle, je connaissais les jeux, et ç’a été plaisant d’obtenir beaucoup de répétitions », a commenté le quart-arrière.

Un botteur mexicain

Si Thomassin, Richard et les autres recrues qui tentent d’obtenir un poste avec les Alouettes éprouvent un sentiment de dépaysement, ce n’est rien en comparaison du cas d’Enrique Yenny.

Recruté dans le cadre du nouveau programme d’internationalisation de la LCF, Yenny est un botteur originaire du Mexique. Il a commencé à jouer au football dans une école secondaire d’Atlanta à l’âge de 15 ans.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Mickey Donovan (coordonnateur des unités spéciales) et le botteur Enrique Yenny

« Je n’aurais jamais cru possible de pouvoir jouer ici. Je remercie le ciel d’avoir obtenu cette occasion. J’ai travaillé très fort afin d’être prêt pour le camp et de gagner ma place dans la formation. Mais je dois prendre ça une étape à la fois », a expliqué Yenny en anglais.

« Il a une jambe très puissante. On doit travailler sur certaines de ses techniques, mais il est très fort mentalement et il est très travaillant », a évalué le coordonnateur des unités spéciales, Mickey Donovan.