Vernon Adams fils et les Alouettes auraient pu choisir de contester la suspension d’un match qui a été imposée au quart-arrière pour son geste à l’endroit d’Adam Bighill. Ils ont toutefois choisi de ne pas en appeler de la décision rendue par la Ligue canadienne, lundi soir.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Adams fils a reconnu qu’il avait fait un geste dangereux et en accepte les conséquences. Qui plus est, sa présence lors du match de samedi contre les Lions à Vancouver n’aurait peut-être pas été aussi essentielle qu’elle le sera lors de celui du 5 octobre face aux Stampeders de Calgary au stade Percival-Molson.

« Je comprends la gravité du geste que j’ai posé et c’était une erreur. Ce n’est pas représentatif de la LCF et ce n’est pas ce que nos entraîneurs nous enseignent. Ce n’est également pas de cette façon que mes parents m’ont élevé. J’étais dans le feu de l’action et j’ai laissé mes émotions prendre le dessus », a commenté Adams fils après l’entraînement des siens, hier.

« Je vais payer pour mon geste et me préparer pour notre match suivant », a dit celui qui a par ailleurs été nommé l’un des joueurs de la semaine dans la LCF, hier.

Adams fils a obtenu 488 verges par la passe, a lancé 4 passes de touché et en a marqué un au sol dans la spectaculaire victoire de 38-37 des Alouettes aux dépens des Blue Bombers de Winnipeg, samedi.

« On a analysé la situation ensemble, mais c’était sa décision. Il a décidé d’en finir en acceptant la suspension afin qu’on puisse ensuite penser au reste de notre saison », a expliqué Khari Jones.

« J’espérais que ce ne serait qu’une amende, mais je ne vais pas pleurer sur notre sort. C’était une grosse erreur de sa part, et il le sait. Ça place notre équipe dans une situation précaire, mais on va s’en sortir », a estimé l’entraîneur-chef.

Des excuses à Bighill

Adams fils n’a pas mis de temps à comprendre qu’il avait commis une erreur, samedi. Il s’est excusé pour son geste durant le match et dans les minutes qui l’ont suivi.

« Je ne suis pas ce genre de joueur et je savais que j’avais commis une erreur tout de suite après le jeu. J’ai pris quelques minutes pour me calmer en restant seul sur les lignes de côté, puis je me suis excusé auprès de mes coéquipiers », a-t-il raconté.

Je venais de lancer une interception et il y avait de la frustration. Il [Bighill] essayait de me garder au sol alors que je voulais me relever. Je ne voulais pas le blesser.

Vernon Adams fils

Bighill n’a pas été blessé et a accepté les excuses du quart-arrière.

« J’ai communiqué avec Bighill et la LCF tout de suite après la partie. Je me suis excusé et je lui ai dit que ce n’était pas mon intention du tout d’essayer de le blesser. Il a accepté mes excuses, et c’est maintenant derrière nous. »

Gagner en maturité

Il n’y a pas le moindre doute que l’émotivité et la passion d’Adams fils ont très bien servi les Alouettes cette saison. À l’évidence, il devra cependant apprendre à mieux contrôler ses émotions.

« Espérons qu’il tirera une leçon de cette expérience et que ça ne se reproduira plus. Il continue de gagner en maturité en tant que joueur et en tant que personne. Le fait qu’il ait reconnu sa faute et qu’il accepte les répercussions est une preuve de maturité », a estimé Jones.

« Je dois prendre de meilleures décisions et j’accepte le blâme. Je veux être le quart-arrière de cette équipe et le visage de cette franchise. Alors, je ne peux pas faire des choses comme celle-là. »

En plus de s’être excusé à Bighill, à la LCF et à ses coéquipiers de l’attaque, Adams fils s’est adressé à l’équipe en entier avant l’entraînement d’hier.

« J’ai appris hier [lundi] soir que j’étais suspendu alors je me suis excusé d’avoir mis l’équipe dans cette situation.

« Je reste le meneur de cette équipe et je pense que j’ai fait des pas dans la bonne direction afin de l’être. Je vais continuer d’aider et de conseiller mes coéquipiers, tout en me préparant pour notre prochain match à domicile contre Calgary. »

Premier départ depuis 2017

C’est Matthew Shiltz qui remplacera Adams fils à Vancouver. Il s’agira de son premier départ depuis le dernier match de la saison de 2017, alors que les Alouettes avaient été blanchis, 33-0, à Hamilton. Shiltz sera mieux préparé cette fois, lui qui était une recrue il y a deux ans.

« Ça reste du football, mais c’est un jeu différent de celui aux États-Unis. Il y a beaucoup de nuances et ça prend un certain temps pour bien se familiariser avec ce jeu », a reconnu Shiltz.

« Dans les rangs universitaires, on est habitués d’être le meilleur joueur de notre équipe ou même de notre conférence. Dans la LCF, tous les joueurs font partie de l’élite (top tier) du monde entier. »

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Matthew Shiltz

Jones et Adams sont convaincus que Shiltz sera fin prêt pour la rencontre au BC Place.

« Notre équipe est résiliente, et j’ai pleinement confiance en Matt. J’ai hâte de le voir à l’œuvre, il a très bien fait dans nos entraînements », a dit Jones.

« On sera tous derrière Matt et, croyez-moi, il sera prêt à jouer. Il m’aide beaucoup au niveau de la lecture du jeu dans nos matchs », a précisé Adams fils.

« C’est afin d’obtenir des départs comme celui-ci qu’on travaille. Je veux démontrer à nos entraîneurs que je mérite ma place dans l’équipe et j’ai très hâte de jouer », a commenté Shiltz.

Prochain match : Alouettes c. Lions de la Colombie-Britannique, samedi à 22 h, à Vancouver