Il est évident depuis le début du camp d’entraînement que les Alouettes forment une équipe améliorée par rapport à celle de l’an dernier. Il reste que les deux principaux points d’interrogation sur le terrain sont les mêmes.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Il y a bien sûr l’éternelle incertitude au poste de quart-arrière, puis celle entourant les cinq joueurs qui devront protéger celui-ci. Hier, les entraîneurs de l’équipe ont continué à chercher la bonne recette en utilisant plusieurs combinaisons différentes sur la ligne offensive.

À l’heure actuelle, Tony Washington et Tyler Johnstone, les deux joueurs qui ont amorcé le camp aux extrémités de la ligne, sont à l’écart en raison de blessures mineures. Ce sont Na’Ty Rodgers et Spencer Wilson qui les remplacent. Rodgers dispute sa deuxième saison avec les Alouettes, tandis que Wilson a été embauché comme joueur autonome après huit saisons à Calgary. Les deux joueurs ont bien fait, hier.

S’il est en santé, Washington devrait être le bloqueur à gauche lors du premier match de la saison. Il est un peu moins certain que Johnstone sera le partant du côté droit, lui qui n’a presque pas joué depuis que les Alouettes ont sacrifié leur premier choix de 2019 afin de l’obtenir lors du repêchage supplémentaire de l’été dernier.

« Il y a toujours une possibilité qu’un joueur puisse perdre son poste. Si on ne se présente pas au travail, quelqu’un d’autre peut prendre notre poste. » — Mike Sherman, entraîneur-chef des Alouettes

« J’espère que ce ne seront pas de longues absences, mais ces deux joueurs [Washington et Johnstone] ne joueront probablement pas lors de notre match de cette semaine. J’ai bon espoir qu’ils seront de retour pour notre deuxième rencontre préparatoire. »

Lorsque les Alouettes seront à Toronto pour y affronter les Argonauts, jeudi, ils devraient normalement amorcer le match avec une ligne composée de Rogers et du garde Kristian Matte à gauche, et de Wilson et du garde Trey Rutherford à droite. Le poste de centre devrait être occupé par Sean Jamieson.

« On veut trouver le meilleur quintette, tout simplement. Je crois fortement que le jeu d’une ligne offensive détermine jusqu’où une équipe peut aller. Il est essentiel que la ligne protège bien le quart-arrière dans cette ligue », a estimé Sherman.

L’entraîneur-chef ne ferme pas la porte à la possibilité d’utiliser deux ou trois joueurs américains sur la ligne s’il le juge nécessaire. « Qu’il y ait cinq, trois ou deux Canadiens, on doit trouver les cinq meilleurs joueurs. »

Sherman doit déjà jongler avec son personnel de joueurs sur la ligne offensive, ce qui n’est certainement pas l’idéal avec les ratés que le groupe a connus en 2018. Il ne croit cependant pas qu’il y ait lieu de s’alarmer.

« Je serais inquiet si c’était la troisième ou la quatrième semaine de la saison, mais je ne le suis pas pour le moment. Dans le cas de la plupart des équipes avec lesquelles j’ai connu du succès, la ligne était restée en santé toute la saison. On va donc espérer que notre groupe le sera lorsque la saison débutera. »

Dans la bonne chaise

On a pu voir plusieurs beaux jeux au sol lors de l’entraînement d’hier, les porteurs de ballon profitant d’ouvertures béantes. Les gardes Matte et Rutherford y ont été pour beaucoup.

« Kristian a joué plusieurs saisons comme garde et a connu beaucoup de succès. On lui a demandé de jouer comme centre l’an dernier et il l’a fait sans se plaindre. Mais il est un peu plus à l’aise au poste de garde et on préfère qu’il joue à cette position », a convenu Paul Dunn, entraîneur de la ligne offensive.

« C’est sûr qu’on se sent confiant lorsqu’on joue à une position où l’on est plus à l’aise. Mais il faut être capable de jouer à plusieurs positions comme professionnel, alors je vais jouer où les entraîneurs le choisiront », a dit Matte.

Brodeur-Jourdain patiente

De l’avis de ses coéquipiers, Sean Jamieson se débrouille plutôt bien au poste de centre, lui qui a été utilisé comme bloqueur à droite en 2018. Dunn a cependant indiqué que rien n’était joué à cette position. « Ça reste à être déterminé. Nos deux matchs préparatoires auront une grande incidence à cette position. »

Si Jamieson et les autres n’offrent pas des performances à la hauteur, il y a un autre centre d’expérience qui attend patiemment sa chance. Luc Brodeur-Jourdain ne s’est pratiquement pas entraîné avec l’attaque régulière depuis le début du camp, mais ça pourrait changer prochainement.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER @CYBLESOLEIL

Luc Brodeur-Jourdain

« Dans le cas de vétérans comme Luc, on veut normalement les ménager tôt dans le camp. Ça leur permet d’être encore frais et dispos plus tard dans la saison. Luc va obtenir des répétitions, je vous l’assure », a dit Dunn.

« Je suis un joueur qui a passé son déclin ! » a plaisanté Brodeur-Jourdain, hier. « Je suis rendu un vieux de la vieille, alors je pense que c’est plus pertinent pour un jeune comme Sean de prendre des répétitions. »

Utilisé lors du dernier match local des siens, l’automne dernier, Brodeur-Jourdain n’a pas mal paru. Même s’il en est à sa 11e saison et qu’il a fêté son 36e anniversaire en mars, le Québécois ne doute pas qu’il serait en mesure de jouer sur une base régulière.

« La question n’est pas de savoir si je peux encore jouer. Au niveau organisationnel, on a besoin de développer des jeunes qui seront capables de jouer longtemps. Il y a toutefois une différence entre connaître son rôle et s’en contenter. Je comprends le mien, mais j’en veux plus. Même si je suis un vieux joueur, si je joue bien, ça va forcer les jeunes à se dépasser. Et c’est essentiellement ça, mon rôle : pousser les jeunes. »