Les Carabins de l’Université de Montréal ont entamé leur camp de printemps hier soir, sur le terrain du CEPSUM. Bien des yeux étaient fixés sur Anthony Calvillo, pour qui il s’agissait d’une grande première à titre d’entraîneur-chef adjoint et d’entraîneur des quarts-arrières des Bleus.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« On a travaillé très fort en vue de ce jour et on a enfin la chance d’aller sur le terrain », s’est réjoui Calvillo, qui fait déjà l’unanimité sous ses nouvelles couleurs. En tête de liste, on retrouve Danny Maciocia, qui n’avait aucun doute sur les capacités d’intégration et l’apport de l’Américain.

« On ne peut pas trouver un meilleur mentor pour nos joueurs de position et nos jeunes entraîneurs qui vont le côtoyer à l’attaque. Il va nous apporter énormément puisqu’il a vécu beaucoup de choses sur le terrain et dans sa vie personnelle », a résumé l’entraîneur-chef.

Cette première séance d’entraînement est survenue plus de quatre mois après l’embauche de l’ancien quart-arrière vedette des Alouettes. Durant cette période, Calvillo a donné un coup de main sur le plan du recrutement. Il s’est évidemment attelé à lancer des idées afin d’améliorer l’attaque des Carabins. Le premier jour, Calvillo a pris possession de son bureau. Le deuxième ? Il était déjà en train de regarder des matchs et des séquences de la saison passée.

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Anthony Calvillo sera responsable des quarts-arrières chez les Carabins.

« Il y avait beaucoup de talent et une belle profondeur, a indiqué Calvillo lorsqu’on lui a demandé son opinion sur la cuvée 2018. Mais, que ce soit au niveau professionnel ou universitaire, tout se joue en l’espace de quelques jeux. Nous allons essayer d’avoir la discipline et la préparation mentale afin d’être constants. »

Dans le vestiaire des Carabins, on s’est d’abord pincés lorsque l’arrivée de Calvillo a été confirmée. Par la suite, les joueurs ont su apprivoiser le gaillard qu’ils avaient si souvent vu à la télévision au stade Percival-Molson. Le quart-arrière Dimitri Morand se rappelait un joueur à l’énorme « force de caractère ». Ces derniers mois, il a découvert un homme « humble et méticuleux ».

« Ça paraît qu’il veut que tout soit bien fait et il met beaucoup l’accent sur les petits détails. Il a un tel bagage qu’il est capable d’appuyer ses enseignements par son expérience personnelle. Il est facile d’approche, même si c’était assez spécial au début. Maintenant, on ne le voit plus comme la légende qu’il est, mais comme un coach à qui l’on peut parler. »

« Il n’y avait pas que les joueurs qui étaient impressionnés. C’était aussi le cas des entraîneurs, probablement de la direction et peut-être même des employés du CEPSUM, a renchéri Maciocia. Mais dès que tu te donnes la chance de le connaître, c’est un individu très humble. »

Une longue relation

Retraité depuis 2014, Calvillo a occupé le poste d’entraîneur des receveurs et de coordonnateur offensif des Alouettes avant de diriger les quarts-arrières. En 2018, il a occupé le même poste avec les Argonauts de Toronto, où il a rejoint Marc Trestman. À travers toutes ces années, Calvillo n’a jamais perdu contact avec Maciocia, qu’il avait croisé chez les Alouettes en 1998.

« Dans les dernières années, on se rencontrait par hasard à différents événements et on parlait de football. Je lui mentionnais aussi la possibilité de devenir, un jour, entraîneur au niveau universitaire. Au fil des ans, il m’a donné de bons conseils sur mon avenir ou sur ce que je devrais faire et ne pas faire », a détaillé Calvillo.

Le changement de décor qu’il a vécu ces derniers mois ne perturbe pas le membre du Temple de la renommée du football canadien. Professionnels ou étudiants, les athlètes sont, selon lui, animés par la même passion.

En intégrant les Carabins, il a, par contre, fait son entrée dans un vestiaire francophone. Les cours de français vont bon train, confie-t-il. Après l’entrevue, il abordera d’ailleurs quelques joueurs en français.

« C’est plus difficile de l’apprendre que d’apprendre les livres de jeux. Ça venait plus naturellement chez moi, rigole-t-il. Dans les réunions, j’écoute attentivement et je prends des notes parce que je ne comprends pas toujours ce qui se dit. »

Le camp printanier des Carabins se poursuit jusqu’au 3 mai. La saison, elle, démarrera le 23 août contre les Stingers de l’Université Concordia.