Rarement un joueur québécois a-t-il été aussi unanimement acclamé que Mathieu Betts, l'ailier défensif du Rouge et Or de l'Université Laval. S'il a été désigné récemment meilleur espoir de la LCF parmi les joueurs évoluant au Canada, plusieurs le voient plutôt jouer dans la NFL un jour.

Michel Marois LA PRESSE

Les amateurs montréalais auront justement la chance d'apprécier son talent aujourd'hui puisque le Rouge et Or sera au Stade du CEPSUM pour affronter les Carabins de l'Université de Montréal. L'étudiant/athlète de quatrième année en enseignement de l'éducation physique et de la santé reste d'ailleurs bien concentré sur sa carrière universitaire.

« J'ai rarement vu un joueur avoir autant de plaisir sur un terrain, expliquait d'ailleurs l'entraîneur-chef Glen Constantin cette semaine en entrevue. On n'a plus à décrire ses qualités athlétiques, ses statistiques impressionnantes, son leadership, mais les gens ne réalisent peut-être pas à quel point ce gars-là est heureux au sein d'une équipe de football.

« Tous les jours, que ce soit pour un entraînement ou un match, il montre le même enthousiasme. Il se promène parmi les joueurs, avec un bon mot pour tout le monde, même les recrues, et montre une telle énergie que ça devient contagieux. De plus, même s'il est conscient de son rôle, il reste toujours très humble. Mathieu est vraiment spécial et c'est un privilège pour moi de pouvoir travailler avec un joueur comme lui. »

Joueur étoile à LaSalle, au Collège Notre-Dame et au cégep du Vieux Montréal, Betts avait été approché en 2014 par plusieurs formations universitaires américaines, mais aussi par les Carabins. Beau joueur, l'entraîneur-chef des Bleus, Danny Maciocia, apprécie aujourd'hui les qualités d'un adversaire coriace.

« Mathieu n'a toujours qu'un objectif en tête : atteindre le quart-arrière adverse, explique-t-il. Et son moteur fonctionne toujours à 100 %, toujours. Avec lui, on ne peut se permettre le moindre relâchement, la moindre erreur, car c'est certain qu'il va en profiter. Un joueur comme ça, on ne peut qu'essayer de le contenir, d'autant plus que sa présence facilite la vie de tous ses coéquipiers. »

UN PARCOURS SANS FAILLE

L'entraîneur-chef des Spartiates du cégep du Vieux Montréal, Rénaldo Sagesse, s'est joint au personnel de l'équipe en 2012, l'année de l'arrivée de Betts. « On m'avait dit qu'il serait à l'entraînement et que ce serait bien d'y jeter un coup d'oeil », rappelle Sagesse, lui-même un joueur de ligne défensive hors pair avec les Wolverines de Michigan quelques saisons auparavant.

« Quand j'ai vu arriver ce grand gars mince, je n'ai pas été très impressionné, mais il a suffi d'un jeu au début de l'entraînement pour que je change d'avis ! Sa rapidité est incroyable, ses feintes aussi et il a une rare intelligence du football. Sa progression a été remarquable tout au long de son parcours et cela est dû à son éthique de travail exceptionnelle.

« Mathieu est toujours le gars que je donne en exemple quand un jeune me demande ce qu'il doit faire pour réussir au football. Il est intelligent, il travaille fort, toujours dans la bonne humeur, et il est resté très humble. Des joueurs comme lui, tous les entraîneurs rêvent d'en diriger, mais il n'y en a qu'un tous les 25 ans, et encore... »

Toujours prompt à écarter les éloges - autant par humilité que par respect pour ses coéquipiers -, Betts est bien décidé à profiter de chaque instant de sa dernière saison de football universitaire. Et il ne sera satisfait qu'en aidant le Rouge et Or à une 10e conquête de la Coupe Vanier, le 24 novembre, devant les partisans de l'équipe au Stade Telus du PEPS.

LE FRONT TRÈS FLUIDE DES CARABINS

Si Mathieu Betts reçoit beaucoup d'attention du côté du Rouge et Or, c'est plus difficile d'isoler un joueur sur le front défensif des Carabins. Le départ à la retraite de Jonathan Boissonneault-Glaou a privé les Bleus d'un joueur dominant, mais plusieurs sont déjà prêts à prendre la relève.

Benoit Marion a impressionné lors du premier match de la saison avec deux sacs notamment, mais Samuel Rossi, Karl Prévost, Philippe Lemieux-Cardinal et d'autres encore ont aussi exercé une pression continuelle sur les jeunes quarts des Redmen de McGill.

« Notre défense est basée sur cette variété, souligne d'ailleurs Marion, un étudiant de troisième année en relations industrielles. Contre McGill, c'est moi qui ai eu les ouvertures ; au prochain match, ce sera un autre joueur. On travaille fort pour garder nos adversaires sur le qui-vive. »

Gladimir Charmant, entraîneur adjoint en défense, souligne d'ailleurs : « Cela a toujours été l'une des caractéristiques de nos unités défensives depuis que Danny est là. Nous avons la chance d'avoir des joueurs très athlétiques, grands, gros, mais aussi rapides et très agiles sur leurs pieds. Ça nous permet d'adopter une grande variété de formations. »

L'entraîneur-chef Danny Maciocia, qui coordonne la défense des Carabins, confirme : « On travaille beaucoup avec des schémas de façon à ne pas toujours offrir la même apparence à nos adversaires.

« Le quart de l'autre équipe ne sait jamais d'où va venir la pression ou encore quels joueurs vont couvrir certains de ses receveurs. Des joueurs de ligne reculent parfois dans la secondaire, des demis défensifs peuvent jouer tout près de la ligne. On aime être très agressifs en défense, et toutes ces stratégies nous permettent de le faire. »

Deux quarts pour un poste ?

Danny Maciocia n'a pas dévoilé cette semaine l'identité du quart partant des Carabins, aujourd'hui, contre le Rouge et Or. Dimitri Morand et Gabriel Archambault ont tous deux été envoyés dans la mêlée lors du premier match contre McGill, avec des succès mitigés. Le premier, un étudiant de deuxième année en communications, est présenté comme le « quart d'avenir » des Carabins, alors qu'Archambault, un étudiant de quatrième année en médecine, connaît bien le système offensif de l'équipe. Les deux semaines de préparation auront peut-être permis d'y voir un peu plus clair, mais il y a de bonnes chances qu'on voie encore les deux hommes en action aujourd'hui.

- Michel Marois, La Presse

AUJOURD'HUI

Sherbrooke à Concordia, 13 h, Stade de Concordia

Laval à Montréal, 14 h, Stade du CEPSUM

Montreal Carabins' Samuel Caron is sacked by Laval Rouge et Or's Mathieu Betts, left, and Adam Auclair, during first half of the Dunsmore Cup for the provincial title, Saturday, November 11, 2017 in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

Laval Rouge et Or Mathieu Betts raises his arms after he was named MVP as the team celebrates winning the USports Dunsmore Cup for the provincial title against the Montreal Carabins, in Quebec City on Saturday, November 11, 2017. Teammate Benoit Gagnon-Brousseau, right, looks on. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot