En avant de la course, la tête inclinée par l’effort et roulant à plus de 60 kilomètres à l’heure en fin d’étape, Hugo Houle a joué avec efficacité son rôle d’équipier au jour sept du Tour de France, vendredi.

Sportcom

À la fin, il s'est même permis un sprint bon pour la 11e place, son meilleur classement depuis le début du Tour. Mais il a avant tout été dans le coup pour protéger son leader chez Astana, Miguel Angel Lopez, qui a terminé 22e. Le Colombien a ainsi distancé d’autres favoris au classement général grâce à sa place au milieu du peloton de tête et un chrono égal à celui du vainqueur d'étape, le Belge Wout Van Aert, de l'équipe Jumbo.

Le Slovène Tadej Pogacar, troisième du classement au départ, et l’Espagnol Mikel Landa, parmi les premiers du classement général, sont les principaux perdants du jour, environ 1 min 20 s derrière Lopez et les autres coureurs du peloton de tête.

Le vent de travers a provoqué des cassures dans le peloton, le forçant à se scinder en petits groupes, ce qui était propice pour creuser des écarts sur des favoris piégés à l’arrière. Astana comptait profiter des conditions météo et le plan a été exécuté avec succès sur ces 168 kilomètres entre Millau et Lavaur, a affirmé Houle.

« Je suis très content et toute l’équipe a bien roulé », a déclaré Houle. « Nous avions notre stratégie à mettre en place au 133e kilomètre et nous savions que c’était là que ce serait dangereux. Nous nous sommes placés en conséquence et quand il y a eu une cassure, nous étions tous devant, alors nous avons fait le forcing pour créer des écarts au classement général. J’ai roulé à bloc pendant pratiquement les 30 derniers kilomètres et dans le final, il me restait encore un peu d’énergie et j’ai fait un petit sprint, même si j’étais un peu cramé. »

Astana avait repéré deux ronds-points à la sortie de Castres, au kilomètre 125, et c’est à cet endroit qu’ils voulaient mettre le plan en action.

GRAPHIQUE TOUR DE FRANCE

Astana avait repéré deux ronds-points à la sortie de Castres, au kilomètre 125, et c’est à cet endroit qu’ils voulaient mettre le plan en action.

« Je savais très bien qu’à ce moment-là, avec un vent trois-quarts dos, la relance ferait beaucoup de dégâts. Nous avons été bien placés au moment clé. »

Je suis très, très fier de ma course. Ce n’est pas facile d’être devant au Tour de France. C’était très agréable comme moment et j’étais dans une posture où j’étais capable de mettre de la pression sur nos adversaires.

Hugo Houle

Les équipes Jumbo-Visma et Groupama-FDJ ont elles aussi flairé le bon coup et elles aussi roulé à bloc pour creuser un écart qui est rapidement monté au-dessus de la minute sur le deuxième groupe. Jumbo-Visma a aussi fait coup-double grâce à la victoire du Belge et ancien champion du monde de cyclocross Wout Van Aert qui s’impose pour une deuxième fois depuis le départ de Nice.

Au classement général, Adam Yates (Mitchelton-Scott) occupe toujours la tête avec 3 secondes d’avance sur Primoz Roglic (Jumbo-Visma). Houle est 67e à 37 minutes 18 secondes.

Un succès différent

La veille, Astana avait fêté la victoire d’Alexey Lutsenko qui s’était imposé en solo au sommet du mont Aigoual. Vendredi, le succès était encore plus partagé selon Houle.

« Il y a plus d’atmosphère aujourd’hui, car tout le monde a participé à cet effort. Hier, c’est Lutsenko qui a fait son numéro et évidemment nous étions contents, mais nous n’avions pas nécessairement contribué à ce succès. Aujourd’hui, chacun a mis sa pierre à l’édifice pour que ça fonctionne, alors il y a un esprit de satisfaction pour tous. »

Samedi, le peloton retrouvera la montagne dans le cadre de la huitième étape, 141 kilomètres entre Cazères-sur-Garonne et Loudenvielle.

Un premier col hors catégorie attend les coureurs à cette édition 2020, celui du Port de Balès, une ascension de 11,7 kilomètres à une pente moyenne de 7,7 % : « On va voir comment les jambes vont réagir, mais je n’ai rien à jouer demain. Ma forme est encore bonne », dit Houle.