L'Australien Mark Webber est sorti indemne d'un terrible accident dimanche au Grand Prix d'Europe, affirmant, s'il en était besoin, que la Formule 1, à défaut d'être plus passionnante que par le passé, est de plus en plus sûre pour les pilotes.

Joris Fioriti AGENCE FRANCE-PRESSE

Les pilotes, son coéquipier Sebastian Vettel en tête, ne cachaient pas leur satisfaction après l'issue positive du crash. «Le plus important dans cette course est que Mark n'ait rien eu», affirmait à chaud le vainqueur de l'épreuve de Valence.

 

«Certaines personnes regrettent la F1 d'il y a 30 ans. Elles disent qu'il ne se passe rien dans celle d'aujourd'hui. Mais un jour comme celui-ci, on se rappelle que les vitesses sont très élevées. Et quand les choses tournent mal, elles vont spectaculairement mal», a-t-il poursuivi.

 

Coincé derrière Heikki Kovalainen après un départ catastrophique, l'Australien s'est ainsi envolé sur l'arrière de la Lotus du Finlandais en essayant de le doubler au 9e tour, s'écrasant au sol après avoir effectué une pirouette en l'air.

 

«C'était un accident très moche», a-t-il commenté, qui a dû lui rappeler son incroyable frayeur en 1999 lors du warm-up des 24 heures du Mans, quand il avait effectué un looping au volant d'une Mercedes.

 

Jenson Button, 3e dimanche, a, lui, qualifié la scène de «terrifiante, d'«impressionnante, en terme de hauteur». «Cela montre combien nous sommes allés loin en matière de sécurité, combien nous pouvons nous sortir sans dommages d'un accident énorme», a-t-il ajouté.

 

La mort de la légende brésilienne Ayrton Senna au GP de San-Marin en 1994 n'y est pas pour rien. La tragédie «déclencha une prise de conscience de la sécurité» dans un sport à l'histoire pavée de décès, selon son plus grand rival Alain Prost.

Dompter des bêtes

 

Les murs de pneus sont dès lors doublés, triplés, pour amortir les chocs. Les trajectoires les plus dangereuses sont coupées par des chicanes. De nouveaux circuits à haute sécurité voient le jour. Les monoplaces sont dotées de nouveaux éléments visant à sauver la vie des pilotes.

 

L'obsession sécuritaire de la Fédération internationale de l'automobile porte ses fruits. Aucun champion n'est depuis lors décédé en course. Malgré des sorties de pistes fracassantes comme celles d'Allan McNish à Suzuka en 2002 ou de Robert Kubica à Montréal en 2007.

 

Plus récemment, Felipe Massa a survécu après avoir été heurté par un élément de la Brawn GP de Rubens Barrichello, qui le précédait, alors qu'il roulait à plus de 250 km/h, s'encastrant ensuite, assommé, dans un mur de pneus au GP de Hongrie-2009. Six mois plus tard, le Brésilien pilotait à nouveau sa Ferrari.

 

«Nous courons à plus de 200 à l'heure, en prenant des virages à très grande vitesse, en encaissant des «G»..., donc ce ne sera jamais un sport sûr. Nous savons tous que nous devons respecter nos monoplaces, des bêtes de 800 chevaux qui ne veulent pas être domptées», a expliqué Button.

 

«C'est quelque chose dont nous sommes conscients quand nous montons à bord», a-t-il poursuivi, remarquant que le dénouement aurait pu être «légèrement différent» pour Webber «dans d'autres circonstances».

 

Reste que la F1, vendue comme le championnat automobile le plus prestigieux, a étrangement besoin de ce genre de drames à l'issue heureuse pour rappeler sa dangerosité... et la virtuosité de ceux qui les manoeuvrent.

 

«Un pilote d'aujourd'hui a les mêmes qualités qu'un pilote d'il y a trente ou cinquante ans. Il faut être au niveau, rapide, courageux... réunir toutes ces qualités», rappelle Vettel. Car le danger est partout présent. Webber l'a démontré.