Singapour semble avoir réussi son pari: ce week-end va s'y disputer le premier Grand Prix de Formule 1 de nuit sur un circuit pas ordinaire, préparé en quelques mois dans un cadre prestigieux et éclairé par plus de 1500 projecteurs.

Marc-Antoine Baudoux AGENCE FRANCE-PRESSE

C'est la cinquième fois cette saison qu'une course va se disputer en ville après Melbourne, Monaco, Montréal et un autre petit nouveau, Valence.

La piste de Singapour compte 23 virages et serpente dans le quartier de la marina. Elle emprunte des routes ouvertes à la circulation en temps normal et les simulations réalisées par les équipes prévoient une vitesse moyenne de 175 km/h, un peu supérieure à Monaco.

La ligne droite des stands est en bord de mer et elle est située à quelques mètres de la «Singapore Flyer», grande roue de 150 mètres de haut présentée comme la plus grande au monde. Un point de vue unique pour assister à une course de Formule 1 !

Autres points marquants de ce circuit, l'un des trois seuls de la saison à tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (avec Istanbul et Interlagos), le virage numéro six, juste devant l'hôtel Pan Pacific, que les organisateurs présentent comme la courbe la plus rapide de la Formule 1. Les voitures le franchiront à fond avant d'atteindre leur vitesse de pointe sur ce circuit, environ 290 km/h.

Enfin, ce tracé démentiel passe sur deux ponts et... sous une tribune, ce qui promet pas mal de décibels pour les spectateurs.

Mais le clou du spectacle réside bien sûr dans le système d'éclairage de ces cinq kilomètres en bord de mer. Pas moins de 1500 projecteurs ont été installés à dix mètres du sol, tous du même côté de la piste.

Point d'orgue de la saison

Avec un projecteur de 2000 watts tous les quatre mètres les pilotes devraient y voir presque comme en plein jour. Le dispositif d'éclairage fournit au total 3000 lux d'intensité lumineuse, soit quatre fois plus qu'un stade de football ! En comparaison, un éclairage public fournit 30 lux. Douze générateurs indépendants préviennent toute panne d'éclairage.

Au total, plus de 108 kilomètres de câble ont été tirés pour installer ce système.

Par ailleurs les commissaires de course n'agiteront pas de drapeaux: ceux-ci seront remplacés par 35 panneaux lumineux munis de diodes situés tout au long de la piste. Les panneaux s'éclaireront notamment en jaune, rouge, vert ou bleu selon les besoins.

«Je pense que cette première à Singapour va rester comme le point d'orgue de la saison, affirme Mario Theissen, le président de BMW Motorsports. On a l'impression que même si la course va se disputer de nuit on y verra comme en plein jour. La seule question qui demeure c'est en cas de pluie: est-ce que les lumières se reflèteront sur la piste ? On ne pourra le savoir que si la course est humide.»

En effet, le seul vrai souci pour les pilotes réside une nouvelle fois dans la météo. L'équateur n'est qu'à 130 kilomètres au sud de Singapour et dans ces régions les fins de soirée sont souvent propices à de sévères orages tropicaux. Et les pilotes ne sont guères enthousiastes à l'idée de piloter de nuit sous la pluie.

«J'aurais bien aimé essayer la piste, spécialement sous la pluie, indique ici Nick Heidfeld (BMW Sauber). La pluie combinée avec les lumières artificielles c'est la grande inconnue.»