Rubens Barrichello arrive frustré au Grand Prix de Monaco de Formule 1 après avoir vu son coéquipier Jenson Button remporter quatre des cinq premières courses de la saison: un succès du vétéran brésilien ce week-end permettrait d'atténuer les premières tensions apparues chez Brawn GP.

Marc-Antoine Baudoux AGENCE FRANCE-PRESSE

Alors que le paddock bruisse de rumeurs concernant les menaces de plusieurs écuries de quitter la discipline l'an prochain si la Fédération internationale de l'automobile (FIA) s'évertue à imposer de nouvelles règles, les pilotes restent quant à eux pleinement concentrés sur la piste et ce rendez-vous monégasque toujours si prestigieux.

Les Brawn GP s'annoncent une nouvelle fois comme les grandes favorites, d'autant qu'elles sont particulièrement à l'aise sur les tracés sinueux. Mais si Button a remporté quatre épreuves sur cinq, Barrichello n'a pour le moment pas connu autant de réussite.

Et à l'issue du dernier Grand Prix, à Barcelone, les premières tensions sont apparues dans l'écurie après un changement de stratégie pendant la course qui a favorisé Button. «Rubinho» n'a pas caché son amertume et si sa nature joviale et son expérience lui permettent de garder son calme, une victoire lui redonnerait un moral tout neuf.

Qualifications intenses

Accessoirement, cela permettrait aussi de conserver un minimum de suspense dans un championnat pour le moment à sens unique.

A ce titre, le Grand Prix de Monaco arrive au bon moment pour un Barrichello souvent en verve entre les rails de sécurité de la Principauté. Le Brésilien, qui fêtera ses 37 ans samedi, possède sur le Rocher une expérience à nulle autre pareille et il compte pas moins de cinq podiums, avec trois deuxièmes places (1997, 2000 et 2001) et deux troisièmes positions (2003, 2004).

«Ce week-end je vais participer à mon 17e Grand Prix de Monaco, rappelle-t-il, lui qui avait pris une très honnête sixième place l'an dernier au volant d'une Honda poussive. L'expérience compte beaucoup ici et le week-end s'annonce fascinant avec une lutte très serrée devant. Les qualifications vont être un moment crucial, l'un des plus intenses de la saison, parce que partir devant est la seule solution pour arracher un bon résultat ici.»

Bien sûr, Barrichello n'est pas le seul candidat à la victoire. Button, qui compte 14 points d'avance sur le Brésilien en tête du championnat, devrait encore être son principal adversaire.

«Reprendre le dessus»

«J'ai un style de pilotage en général assez coulé mais à Monaco il faut être agressif, il ne faut pas se laisser impressionner par les barrières, a estimé Button, dont le meilleur résultat ici est une deuxième place en 2004. Je pense que je vais devoir changer un peu ma manière de conduire et me montrer plus agressif que lors des quatre premières courses. Rubens s'est toujours montré très spectaculaire à Monaco, Mark (Webber) aussi, ça risque d'être serré.»

Webber et Sebastian Vettel, les pilotes Red Bull, sont en effet les principaux concurrents des Brawn. L'Australien a toujours été performant en Principauté quand ses voitures lui permettaient d'aller au bout (4e l'an dernier, 3e en 2005) et Vettel est le seul, outre Button, à avoir gagné cette saison.

«Les Brawn ont plus de points que nous et on va devoir très rapidement, dans les trois ou quatre prochaines courses, reprendre le dessus, sinon on n'aura plus aucune chance au championnat», craint Webber.

Les Toyota, qui restent sur leur premier zéro de la saison, et les Ferrari, en regain de forme, espèrent aussi avoir leur mot à dire. Le champion en titre, Lewis Hamilton, vainqueur d'une course superbe l'an dernier sur le Rocher, n'a en revanche que peu d'espoirs sur une McLaren-Mercedes moins performante.