Pandémie oblige, c’est dans le cadre d’une présentation virtuelle qu’a été dévoilée, mercredi, la nouvelle Aston Martin AMR21 que piloteront Sebastian Vettel et Lance Stroll dans le Championnat du monde de F1 de 2021.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Propriété de Lawrence Stroll (père de Lance) et de ses partenaires d’affaires, l’ancienne équipe Racing Point s’est donné les moyens pour lutter aux avant-postes, n’hésitant pas à embaucher Vettel, quadruple champion du monde.

« Je rêve à ce jour depuis longtemps », a déclaré l’homme d’affaires canadien. « J’ai toujours été un “gars de chars” (car guy) depuis mon enfance, et j’ai toujours aimé le sport automobile. Mon premier rêve était d’acheter une équipe de F1. Le deuxième était d’acquérir une part importante d’Aston Martin Lagonda. Aujourd’hui, ces deux rêves deviennent réalité avec notre nouvelle AMR21. »

Les mauvaises langues ont souvent dit que Lance Stroll avait profité de l’argent de son père pour progresser dans le sport automobile. On a vu mercredi que Lawrence n’avait sans doute rien perdu au change.

Le milliardaire de 61 ans a fait sa fortune grâce à un certain génie du marketing et n’a pas manqué l’occasion de faire la promotion d’Aston Martin mercredi, ayant recruté nul autre que l’agent 007, James Bond (l’acteur Daniel Craig), qui conduira justement plusieurs voitures de la marque dans le prochain film de la série…

« Le retour d’Aston Martin en F1, après une absence de 61 ans, va avoir un impact puissant sur notre sport, sur les médias et sur les amateurs, attirant une attention mondiale, a estimé Stroll. Je suis de ceux qui bouleversent les règles du jeu (game changer), et c’est ce que nous allons faire avec cette équipe. »

Moins rapide, mais plus compétitive

Revenons à la F1. La nouvelle AMR21 arbore désormais la couleur verte (British green) associée à Aston Martin. Si ses concepteurs l’espèrent plus compétitive, elle devrait être moins rapide que la voiture de l’an dernier. En raison notamment de la pandémie et des contraintes budgétaires, les équipes ont convenu de limiter le développement des voitures et de réduire les appuis aérodynamiques, à l’avant et à l’arrière, mais surtout sous les monoplaces.

PHOTO DOMINIC FRASER, LA PRESSE CANADIENNE

La nouvelle AMR21, d’Aston Martin

« Il s’agit davantage d’une évolution de la voiture de l’an dernier, a expliqué le directeur technique, Andrew Green. Les règles limitent les changements, mais il y a quand même plusieurs nouveautés, la plupart invisibles aux yeux des observateurs. C’est difficile d’avoir une idée précise des performances tant que nous n’aurons pas roulé dans les mêmes conditions que nos compétiteurs, mais nous sommes excités d’aller en piste. »

Le directeur général, Otmar Szafnauer, qui, comme Green, a connu plusieurs incarnations de cette écurie en F1, a convenu qu’il s’agissait du « changement le plus significatif de l’histoire de l’équipe. Certaines marques automobiles sont vraiment emblématiques, et Aston Martin est assurément l’une d’elles.

Nous n’avons jamais eu de tels moyens. Ce sont près de 500 employés passionnés et dévoués qui ont travaillé à la nouvelle voiture. Nous avons pris la quatrième place du championnat des constructeurs en 2020. C’est bien, mais nous croyons pouvoir faire mieux.

Otmar Szafnauer, directeur général de l’équipe Aston Martin

« Cette saison, avec l’arrivée de Sebastian [Vettel], Lance [Stroll] qui est plus mature, nous avons un bon mélange d’expérience, de jeunesse, de passion et d’enthousiasme. Si nous combinons bien toutes nos compétences, nous devrions avoir du succès. »

Reste à voir comment Aston Martin gérera ses efforts entre la saison 2021 et la suivante, en 2022, quand une nouvelle réglementation technique sera en vigueur. Plusieurs équipes ont déjà indiqué qu’elles accorderaient la priorité à l’avenir, et Andrew Green a reconnu mercredi qu’Aston Martin devrait bien partager ses ressources.

Vettel aura-t-il un effet ?

C’est beaucoup pour une question de prestige qu’Aston Martin a recruté Sebastian Vettel. Quatre fois champion du monde chez Red Bull au début des années 2010, l’Allemand a connu moins de succès par la suite chez Ferrari, et son contrat n’a pas été renouvelé.

PHOTO GLENN DUNBAR, AGENCE FRANCE-PRESSE

Sebastian Vettel

Il n’a toutefois que 33 ans et assure être « encore affamé ». « Je ne serais pas ici si ce n’était pas le cas, a assuré Vettel. J’ai toujours piloté pour gagner, et ce nouveau défi, avec une nouvelle équipe ambitieuse, est très stimulant pour moi.

Je côtoie ces gens en F1 depuis plusieurs années. Le potentiel de cette équipe a toujours été évident, son enthousiasme aussi. Avec l’arrivée d’Aston Martin et les nouvelles règles, je crois que nous avons les moyens de réaliser ce potentiel et d’obtenir de bons résultats.

Sebastian Vettel

« J’ai beaucoup d’expérience [257 Grands Prix en carrière] et je veux en faire profiter l’équipe. Ce sera important de tous collaborer afin de rendre la voiture la plus rapide possible. Gagner est peut-être trop ambitieux au début, mais nous voulons être dans la lutte pour les premiers rangs.

« La voiture est déjà l’une des plus belles du plateau. Si elle est aussi rapide qu’elle en a l’air, nous serons compétitifs ! Ce sera excitant de la découvrir en piste dès jeudi, puis au cours des prochaines semaines, avec le début de la saison. »