(Paris) Alors que la crise du nouveau coronavirus menace les plus petites écuries de Formule 1, le quadruple champion du monde allemand, Sebastian Vettel, appelle son sport à « prendre soin des siens ».

Agence France-Presse

Confiné en famille chez lui en Suisse, le pilote Ferrari, lève-tôt, a répondu aux questions lors d’une conférence de presse virtuelle jeudi matin, pour avoir ensuite « la journée devant lui », notamment pour une sortie à vélo « au meilleur moment ».

  

Q : Comment vivez-vous votre confinement ?

R : « Ca va plutôt bien, merci ! Je m’entraîne beaucoup. Ce temps libre nous donne l’occasion de travailler notre physique, ce que nous n’avons pas le temps de faire en dehors de l’hiver. Mon programme ressemble à celui de la trêve hivernale, mais en mieux, car il fait suffisamment bon pour sortir. Et pour le mental, jongler avec trois enfants à la maison, c’est du boulot ! Mais piloter me manque, bien sûr. Cette sensation, rien ne peut la remplacer. Enfin, je crois que cette période assez intime est propice à des réflexions, à un recentrage sur ce qui est important pour nous, et j’espère que les conclusions auxquelles nous arrivons resteront. »

  

Q : Ferrari et vous ne cachez pas votre intention de continuer ensemble en 2021. Doit-on s’attendre à une annonce avant que la saison reprenne ?

R : « Il y a une chance que ça arrive, vu qu’il est peu probable que nous roulions avant juin ou juillet. Au début (de la crise du nouveau coronavirus), la priorité était de gérer la situation de la meilleure des manières et donc les négociations ont été mises en pause. Je pense que nous allons avancer, mais nous n’avons pas de délais précis. »

Q : Ce contrat devait coïncider avec l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement technique, mais celle-ci est repoussée à 2022. Cela peut-il en changer la durée ?

R : « La durée sera celle qui nous convient, à l’équipe et à moi. Mes précédents contrats étaient, je crois, de trois ans, donc… Je fais partie des pilotes les plus expérimentés sur la grille, mais je ne suis pas le plus âgé et je ne pense qu’il y ait de limite d’âge. »

Q : Les pilotes ont-ils leur mot à dire sur les conditions de reprise du championnat ?

R : « Nous en avons pas mal discuté au sein du GPDA (leur syndicat, NDLR). C’est compliqué. D’un côté, il y a la santé du sport, de l’autre, celle des gens qui travaillent sur le paddock et surtout des fans. Il y a plusieurs options pour reprendre, avec ou sans public. Personne n’aime courir devant des tribunes vides, mais il faudra voir si un huis clos ne permettrait pas de reprendre beaucoup plus tôt. Les premières courses seront probablement un peu différentes, mais pas trop, je l’espère, car on veut courir comme d’habitude, devant les fans. »

Q : Une solution pour disputer un maximum de Grands Prix à la reprise serait d’enchaîner plus de deux week-ends consécutifs. Qu’en dites-vous ?

R : « Nous, les pilotes, sommes un peu privilégiés. Bien sûr, les courses peuvent être fatigantes, mais la limite doit être pour le personnel : il faut qu’ils se reposent. Il faut voir aussi s’il est facile de reprogrammer des courses, si les circuits ne sont pas déjà pris. Il reste beaucoup de questions. Je pense que le calendrier sera plus chargé, mais dix week-ends consécutifs, ça n’est pas réaliste. »

Q : Un championnat amputé de nombreuses manches aurait-il la même valeur ?

R : « Je ne crois pas que cela fasse une différence. Une saison est une saison, avec 10 courses, 15 ou 25. Il faut être le plus régulier, point. Bien sûr, s’il y a moins de courses, chacune devient plus importante, mais, au final, le championnat restera le championnat. Il y a plein de choses à ne pas rater à chaque course. »

Q : Plusieurs acteurs de la F1 plaident pour réduire les coûts pour protéger les écuries, ce qui permettrait aussi de réduire l’écart entre les petites et les grandes. Cette crise peut-elle en être l’occasion ?

R : « Les équipes en débattent régulièrement, mais je ne crois pas qu’elles soient arrivées à des conclusions, ou alors celles-ci changent régulièrement… Ce que nous voulons tous, c’est que le plateau se resserre. Si cette situation le permet, ça serait un bon effet secondaire. On verra quand des décisions seront prises et appliquées. Mais clairement, certaines petites écuries sont en danger et, en tant que famille, la F1 doit prendre soin des siens. »

Q : Envisagez-vous de réduire votre salaire, comme d’autres pilotes l’ont fait ?

R : « Nous en discutons, mais sans savoir encore à quoi ressemblera la saison… Quoi qu’il arrive, nous garderons cette décision pour nous, comme je l’ai toujours fait. Je ne vais pas utiliser ça pour polir mon image. »