(Montréal) Il est illusoire de penser que le Championnat du monde de Formule 1 puisse commencer avant septembre, croit le champion du monde de 1997 Jacques Villeneuve.

La Presse canadienne

« Les premiers Grands Prix du calendrier devraient être ceux de septembre. Mettre le plus possible de Grands Prix, ce serait une erreur. Il ne faudrait pas se gaver non plus, juste parce qu’il faut absolument, quel que soit le coût, arriver à un championnat », a déclaré Villeneuve à la chaîne européenne Canal+.

L’actuelle tourmente causée par la pandémie de la COVID-19 rend la reprise impossible d’ici là, croit-il.

« Ce serait dommage de commencer à remplir le mois d’août avec des Grands Prix et, dès que septembre arrive, faire Grand Prix après Grand Prix jusqu’à Noël, et même jusqu’en janvier, juste parce qu’il faut un championnat », a renchéri l’ex-pilote âgé de 48 ans.

Villeneuve commentait les propos du grand patron de la F1, Chase Carey, qui a déclaré le mois dernier qu’il ne ferme la porte à une refonte du calendrier. Carey avait même mentionné que « nous nous attendons à amorcer la saison à un certain moment cet été, avec un calendrier remodelé de 15 à 18 courses ».

Le commentateur des Grands Prix de F1 sur Canal+ n’est pas le seul à douter de la tenue des épreuves de F1 cet été. Plus tôt cette semaine, l’ex-pilote québécois Patrick Carpentier avait déclaré à La Presse canadienne que les chances que le Grand Prix de Formule 1 du Canada soit présenté comme prévu le 14 juin prochain sont très minces : « Je souhaite à François (Dumontier) que ça ait lieu, mais selon moi c’est impossible, avait dit Carpentier. Ses chances (de présenter la course) de 50/50 sont plutôt, selon moi, de 10 %. »

En ce sens, Villeneuve a mentionné que chaque course disputée en 2020 devrait être considérée comme un évènement unique, comme un tournoi du Grand Chelem, par exemple. Il a ajouté que certains circuits qui ont été délaissés au fil des ans – il a cité l’exemple de Magny-Cours – par la F1, pourraient accueillir une épreuve, de manière ponctuelle.

La F1 ne sera plus pareille après la pandémie

Par ailleurs, Villeneuve a ajouté que, selon lui, les conséquences financières de la crise sanitaire actuelle pourraient entraîner une métamorphose du monde de la F1.

« Plein d’équipes sont en énorme danger, c’est peut-être le moment d’une énorme remise en question, d’un nettoyage, pour que des équipes trouvent de nouvelles méthodes de survie », a dit le champion du monde de F1 en 1997.

De plus, Villeneuve s’est désolé du virage virtuel entrepris par la F1, semblable à celui qui a récemment été négocié par les séries NASCAR, IndyCar et IMSA, notamment.

« Ce n’est pas du sport, c’est du jeu vidéo », a-t-il répondu sèchement.

DAS : une belle idée à proscrire absolument

Villeneuve en a également profité pour revenir sur une innovation de Mercedes qui a suscité beaucoup d’intérêt lors des essais hivernaux de F1 plus tôt cette année : le direction à double axe, ou DAS (double axle steering).

« C’est génial, a-t-il écrit dans un échange Twitter avec Canal+ sur Twitter. C’est tellement logique. C’est le genre de système où tout le monde se dit : ’Mais pourquoi on n’y a pas pensé ?’ C’est tellement facile et logique. »

Après avoir salué l’initiative du manufacturier allemand, le Québécois a de nouveau démontré son caractère imprévisible en recommandant que le DAS soit carrément interdit en F1.

« Sur l’aspect direction, ce n’est même pas illégal, a-t-il expliqué. Mais c’est peut-être illégal sur l’aspect aérodynamique, puisque le pilote a une influence physique sur l’aérodynamique de la voiture… ce qui est complètement illégal. »

Quoi qu’il en soit, la F1 a déjà annoncé qu’elle interdirait le système controversé développé par Mercedes dès 2021. Et à en juger par les récents développements en lien avec la pandémie du coronavirus, il y a fort à parier que l’espérance de vie du DAS en F1 est très courte.