Il soufflait un vent de nostalgie sur le stade municipal de Québec, hier, alors que les Capitales de l'endroit accueillaient les Bears de Newark pour le premier d'une série de trois affrontements entre deux des meilleures formations de la Ligue Can-Am.

David Courchesne LA PRESSE

On pourrait même dire que ça sentait le parc Jarry par moments...

Non seulement la description de la rencontre était assurée par Jacques Doucet, comme toutes les parties locales des Capitales d'ailleurs, mais les centaines d'amateurs qui s'étaient déplacés malgré la pluie intermittente qui tombait sur le losange ont pu entendre quelques ritournelles joyeusement envoyées par l'organiste Fernand Lapierre.

Bon, tous les spectateurs n'ont pas attendu jusqu'au véritable début des hostilités, lancées vers 21h en raison des conditions de jeu devenues difficiles - voire impossible - par le mauvais état du terrain. Mais plusieurs dizaines de braves partisans des Capitales sont restés dans les estrades tard en soirée, en quête de baseball.

Anciens Expos

Leur autre motivation? Les Capitales et leur président Michel Laplante avaient décidé de profiter de la visite d'un certain Tim Raines, gérant des Bears, pour organiser une soirée spéciale en l'honneur des Expos de Montréal.

Raines dirige les Bears depuis 2009. L'ancienne équipe de la Ligue Atlantic évolue maintenant dans la Ligue Can-Am, comme les Capitales de Québec, trois fois champions du circuit au cours des cinq dernières saisons.

Celui qu'on surnomme «Rock» s'est prêté généreusement au jeu des signatures d'autographes avant la rencontre, comme Felipe Alou, Dennis «Oil Can» Boyd, Claude Raymond et Derek Aucoin, invités spéciaux.

«C'est quand même rare qu'on jase avec autant de personnes avant un match de baseball indépendant!» a lancé Raines pendant qu'il multipliait les poignées de main et les sourires avec les nombreux amoureux des Expos venus le rencontrer.

Le bleu-blanc-rouge décorait d'ailleurs la terrasse extérieure de l'amphithéâtre de la rue du Cardinal-Maurice-Roy en fin d'après-midi, comme si «Nos Amours» n'avaient jamais vraiment quitté la province. Il faut mentionner que les Capitales ont contribué au déferlement de cette vague tricolore en distribuant des casquettes, au grand plaisir des jeunes et moins jeunes.

«J'aime ce genre de soirée, a dit Claude Raymond, ancien lanceur, instructeur et analyste dans l'organisation des Expos. Mais j'ai toujours un petit pincement au coeur en sachant que nous avons perdu notre équipe.»

Après s'être offert un voyage de pêche en compagnie de Jacques Doucet et avoir prononcé un déjeuner-conférence au Château Frontenac, le «père» Alou semblait apprécier l'accueil des fans de Québec. «Une très belle semaine, vraiment», a-t-il simplement lâché.

M. Doucet en a rajouté au sujet de l'excursion en question, à la Seigneurie du Triton, dans la Haute-Mauricie: «Avec Felipe comme partenaire, ça peut devenir difficile de garder sa concentration sur la pêche!»

Le temps venu de sauter sur le terrain, avec quelque deux heures de retard, les joueurs de l'équipe de Québec arboraient un uniforme bleu poudre aux couleurs des Expos, version années 80. Nostalgie, quand tu nous tiens...

Au moment de mettre sous presse, ça jouait encore au baseball à Québec...