Guillaume Boivin venait à peine de poser sacs et vélo à Summerhaven, près du sommet du Mount Lemon, en Arizona, pour un stage en altitude de près de trois semaines. Appel contrit de son patron chez Cannondale lui annonçant qu'il n'était finalement pas sélectionné pour le Tour de Californie.

Simon Drouin LA PRESSE

Dur coup au moral pour le cycliste de 23 ans, qui espérait se relancer sur les routes californiennes, du 12 au 19 mai. Boivin est rentré précipitamment à Montréal mercredi.

«Un camp en altitude, ça demande quand même beaucoup d'efforts et de temps», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique, jeudi, quelques minutes après avoir annoncé ce changement au programme sur les ondes de RDS, pendant la retransmission du Tour de Romandie. «En n'ayant plus de course pendant un bon bout de temps, ce sont des efforts qui ne me tentaient plus trop. Je préfère garder ma motivation pour les prochaines courses.»

Recrue au sein de Cannondale, formation du World Tour, Boivin s'est fait expliquer qu'il devait céder sa place pour permettre à la direction d'évaluer d'autres coureurs en prévision du Tour de France.

Évidemment déçu, il accepte son sort avec résignation.

«Ce ne sont jamais des décisions faciles, a-t-il souligné. Ils ont des objectifs pas mal plus grands que moi. Il faut qu'ils fassent gagner l'équipe au Tour. Malheureusement, c'est une business, et il faut faire des choix pour que la business soit la plus rentable possible.»

À moins d'un changement, Boivin passera vraisemblablement les trois prochains mois au Québec. Il devrait participer au Tour de Beauce sous les couleurs de l'équipe nationale, du 11 au 16 juin, avant les championnats canadiens, le 22 juin, dans les rues de Saint-Georges, où il a enlevé le titre U23 en 2009. Un maillot unifolié de champion canadien lui donnerait fière allure pour son mariage, la semaine suivante...

Déçu de son début de saison, ralenti par une sinusite avant Paris-Roubaix, Boivin n'a d'autre choix que de se retrousser les manches pour être à son mieux lorsque viendra le prochain appel. Son directeur sportif Stefano Zanatta a évoqué la Vuelta (24 août au 15 septembre) et ses courses préparatoires (Eneco Tour, Tour de Pologne).

Échaudé par les derniers événements, Boivin refuse de regarder trop loin. «Sur le coup, le choc est dur, mais je ne pense pas être le premier athlète à vivre quelque chose comme ça, a-t-il conclu. Comme tout athlète qui a atteint un certain niveau, il faut se motiver avec ça, l'utiliser pour devenir encore plus fort. C'est l'état d'esprit que j'ai aujourd'hui.»