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Les leçons de Guillaume Boivin

Guillaume Boivin.... (Photo: Archives Reuters)

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Guillaume Boivin.

Photo: Archives Reuters

Blessé, Guillaume Boivin doit faire une croix sur la première moitié de la saison. Le cycliste de 21 ans profite de ce repos forcé pour se renforcer et améliorer son coup de pédale. Avec la conviction de revenir plus fort.

Pendant que la saison des classiques bat son plein en Europe, Guillaume Boivin ronge son frein à Montréal. Blessé, le cycliste de 21 ans doit se contenter de suivre les courses sur internet. Expérience frustrante pour un athlète qui rêve de s'illustrer sur les routes belges.

Ennuyé par des douleurs aux jambes, Boivin n'a pas roulé depuis janvier. Si tout va bien, il compte remonter en selle la semaine prochaine. Sans se presser. Il a déjà fait une croix sur la première moitié de saison. Il vise maintenant les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal et les championnats du monde, en septembre.

«J'ai été obligé de faire un pas en arrière et de m'appliquer à guérir mes blessures. Je dirais que je suis guéri à peu près à 90%. J'espère reprendre l'entraînement tranquillement pas vite», a expliqué Boivin lors d'une interview téléphonique plus tôt cette semaine.

Révélation du cyclisme canadien en 2010, Boivin a conclu l'année en apothéose en remportant le bronze dans la catégorie U23 aux Championnats du monde de Melbourne, le 1er octobre. Il devenait ainsi le deuxième Canadien après Steve Bauer à monter sur le podium aux Mondiaux.

Ce coup d'éclat avait son revers. Depuis quelques mois déjà, Boivin traînait divers maux. Un inconfort au dos qui s'est finalement transmis à un genou. Selon le principal intéressé, ces blessures d'usure sont attribuables à plusieurs facteurs: augmentation marquée du kilométrage (25 000- 30 000 km) et des jours de course (100), un positionnement non optimal sur le vélo, un coup de pédale saccadé, etc.

Seul le repos lui aurait permis de guérir. Mais le Québécois tenait à tout prix à participer aux Mondiaux et aux Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal.

«En ce moment, je paye un peu d'avoir terminé ma saison comme ça, mais je ne le regrette pas nécessairement, dit le membre de l'équipe SpiderTech. C'est plate, je trouve ça vraiment difficile de ne pas être avec les gars en ce moment. Mais ce sont des leçons de cycliste pro en devenir. J'apprends à la dure.»

Déséquilibres

Boivin espérait bien que ses problèmes disparaîtraient lorsqu'il a pris part à un camp en Californie en janvier. Après deux semaines, il a dû plier bagage. «Je me sentais super en forme, mais j'avais encore de la douleur. En fait, j'ai peut-être aggravé ma blessure. Je me suis un peu donné le coup de la mort là-bas.»

De retour à Montréal, Boivin a rencontré divers spécialistes dans l'espoir de connaître la nature exacte de ses problèmes. À sa grande surprise, il a constaté que certains muscles de ses jambes ne fonctionnaient pas normalement.

«J'ai fait des tests. Si on ne savait pas que j'étais bon en vélo, on ne l'aurait jamais cru. C'était ridicule. Je n'étais vraiment pas au niveau d'un athlète. J'avais des déséquilibres un peu partout. Il a presque fallu que je réapprenne à marcher, à pédaler.»

Ça rappelle le parcours de la skieuse acrobatique Jennifer Heil, qui a manqué une saison complète pour rééquilibrer son corps avant les Jeux olympiques de Vancouver. Ce n'est pas un hasard. Boivin travaille maintenant avec la même équipe que la championne de bosses au Premier Studio à Montréal.

Profitant du repos forcé, Boivin revoit son coup de pédale, qu'il veut plus fluide, plus rond, moins axé sur la poussée. Il s'astreint également à un programme rigoureux de musculation, d'étirement, de physiothérapie. Il admet candidement qu'il n'avait pas l'habitude de s'embarrasser de telles activités.

«J'ai peut-être sauté des étapes dans ma carrière par rapport à d'autres, juge-t-il. Je suis passé à un certain niveau et à une certaine charge d'entraînement sans vraiment faire tout ce qu'il faut. Moi, tout ce que je faisais, c'était pédaler.»

Boivin a séjourné au Colorado pour réajuster sa position sur le vélo avec un spécialiste. Là-bas, il a logé chez son ami Taylor Phinney, le grand espoir du cyclisme américain avec qui il a partagé le bronze aux Mondiaux. Ce dernier lui a parlé de ses propres ennuis de santé. «J'avais l'impression d'entendre mon histoire», fait remarquer Boivin.

Dans un monde idéal, Boivin reprendrait la compétition en mai ou en juin. Compte tenu du retard dans sa préparation, il estime pouvoir être réellement compétitif à partir du mois d'août, avec quelques courses européennes au calendrier. Suivront les Grands Prix de Québec et Montréal et les championnats du monde.

«Je ne veux pas brûler les étapes, prévient-il. Je vais repartir de loin, mais je n'avais pas le choix. J'ai le feeling que je devais passer par là.»




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