(Los Angeles) De Jesse Owens aux Milwaukee Bucks, en passant par Muhammad Ali et Tommy Smith, les sportifs américains protestent depuis longtemps contre les injustices raciales dans leur pays, sous différentes formes.

Agence France-Presse

. Owens défie Hitler

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Jesse Owens, le 14 août 1936 durant les qualifications pour le 200 m, qu’il a remporté aux Jeux olympiques de Berlin devant les dignitaires nazis.

Plusieurs athlètes refusent de participer aux Jeux de Berlin de 1936, en raison de l’antisémitisme qui sévit en Allemagne, mais pas Jesse Owens, qui compte bien piétiner la prétendue supériorité aryenne prônée par Adolf Hitler. Il remporte quatre médailles d’or dont celle du 100 m, et prend soin d’embarrasser le Chancelier, devant son « peuple », en ne faisant pas de salut nazi sur le podium. Cela ne l’empêchera pas d’être snobé à son retour au pays par le président Franklin D. Roosevelt.

. Les sept de NYU

Novembre 1940. Avant un match de football américain, l’Université du Missouri demande à celle de New York de ne pas aligner le joueur noir Leonard Bates. NYU accepte. Après une réunion du conseil d’étudiants, sept d’entre eux protestent et dénoncent la complicité discriminatoire dont fait preuve leur université. Ils seront suspendus plusieurs mois en 1941, avant d’être honorés par NYU… 60 ans plus tard.

. Robinson, le premier activiste

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Jackie Robinson dans l’uniforme des Royaux de Montréal (équipe-école des Dodgers de Brooklyn) dans la Ligue internationale de baseball.

En 1947, Jackie Robinson devient le premier Noir à jouer dans la Ligue professionnelle de baseball (MLB), brisant 50 ans de ségrégation dans le « passe-temps préféré de l’Amérique ». Il ne cessera jamais de militer pour les droits civiques, quitte à avertir John Fitzgerald Kennedy qu’« une révolution est en cours dans le pays. Elle ne pourra pas être stoppée avec des chiens policiers », sur l’une de leurs nombreuses correspondances.

. La lettre d’Alice Marble

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Althea Gibson

Jusqu’à 1950, aucun Afro-Américain ne pouvait participer aux Internationaux de tennis des États-Unis. Une lettre a tout changé. Ne comprenant pas qu’Althea Gibson ne bénéficie pas d’une invitation, Alice Marble, ancienne lauréate de l’épreuve, fustige dans une lettre le fait que Gibson « ne soit pas jugée à l’aune de ses capacités, mais du fait que sa pigmentation de peau est un peu différente ». Cette dernière participera bien au Majeur et le remportera même en 1957 et 1958.

. Avant les Bucks, Bill Russell

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Bill Russell

Présents à Lexington (Kentucky) pour un match amical en 1961, Bill Russell et les autres Noirs des Boston Celtics se voient refuser le service dans un restaurant. Conséquence, ils boycottent cette rencontre. Le joueur le plus titré de l’histoire de la ligue est aussi le pionnier de la NBA sur le terrain du militantisme.

. Ali refuse d’être enrôlé


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« Aucun Vietnamien ne m’a jamais traité de nigger », avait dit Mohamed Ali Photo : Wikimedia Commons

En 1967, Muhammad Ali refuse d’être enrôlé dans l’armée américaine pour aller combattre au Vietnam, arguant : « aucun Vietnamien ne m’a jamais traité de nigger ». Reconnu coupable de « fraude », il évite la prison, mais se voit dépossédé de son titre mondial des lourds et de sa licence de boxe. Il attendra près de quatre ans avant de pouvoir remonter sur un ring.

. Poings levés à Mexico

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Leurs poings gantés de noir et brandis au ciel et leurs visages tournés vers le sol font de cette photo prise le 16 octobre 1968 une icône du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Les sprinteurs Tommie Smith, au centre, et John Carlos, à droite) lors de l’hymne américain durant la remise des médailles olympiques du 200 m aux Jeux olympiques de Mexico.

Le 17 octobre 1968, debout sur le podium du 200 m aux JO de Mexico, Tommie Smith et John Carlos, respectivement médaillés d’or et de bronze, lèvent leurs poings droit et gauche gantés pendant l’hymne américain, afin de protester contre la discrimination raciale aux États-Unis.

. Los Suns de Phoenix

Parce que le 5 mai est jour de fête pour la communauté mexicaine aux États-Unis et pour protester contre une nouvelle loi anti-immigration très stricte votée par l’Arizona, les joueurs de Phoenix jouent leur match des séries éliminatoires 2010 contre San Antonio, avec « Los Suns » écrit sur leur maillot.

. « I can’t breathe »


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LeBron James es’échauffant avant un match en portant un t-shirt « I can't breathe », les mots prononcés durant son agonie par Eric Garner, victime noire de la brutalité policière. James ne pouvait savoir que six ans plus tard, George Floyd prononcerait les mêmes en mourant.

« Je ne peux pas respirer », tels furent les derniers mots d’Eric Garner, étouffé lors de son interpellation à New York en juillet 2014. À la suite de l’acquittement de policier coupable en décembre, LeBron James et d’autres joueurs de Cleveland s’échauffent avant un match en portant des t-shirts avec ces mots. Sans savoir que six ans plus tard, George Floyd prononcerait les mêmes.

. Kaepernick s’agenouille

PHOTO D’ARCHIVES TED S. WARREN, ARCHIVES AP

Colin Kaepernick s’agenouille pour la première fois pendant l’hymne américain, imité par deux coéquipiers.

Le 1er septembre 2016, la vedette NFL des 49ers Colin Kaepernick s’agenouille pour la première fois pendant l’hymne américain, imité par son coéquipier Eric Reid, afin de protester contre les violences policières faites aux Noirs. Ce geste lui coûtera sa carrière, insultes de Donald Tump en prime. Avant de devenir en 2020 le symbole de la lutte contre l’injustice raciale.

. Le boycott des Bucks

26 août 2020 : indignés par les tirs d’un policier dont a été victime Jacob Blake trois jours plus tôt à Kenosha, dans leur État du Wisconsin, les joueurs de Milwaukee décident de boycotter leur match de séries éliminatoires contre Orlando. Les équipes NBA suivent, ainsi que d’autres de baseball, football, hockey, et même le tournoi de tennis de Cincinnati qui se met en pause.