(Los Angeles) Les athlètes Stephen Scherer, Jeret Peterson et Kelly Catlin ont deux choses en commun : ils ont tous atteint leur rêve de participer aux Jeux olympiques, et ils se sont tous suicidés.

Amanda Lee Myers
Associated Press

Les Olympiens sont réputés pour pousser leur corps à la limite, mais on parle très peu des sacrifices psychologiques et émotifs qui doivent être faits pour atteindre l’excellence.

Michael Phelps, l’athlète le plus médaillé de l’histoire des JO, a admis qu’il avait songé au suicide même lorsqu’il était à l’apogée de sa carrière de nageur, et il a comparé la dépression et le suicide à une « épidémie » parmi les athlètes olympiques.

Phelps a discuté de ses problèmes de santé mentale dans le cadre de The Weight of Gold, un nouveau documentaire qui a été diffusé la semaine dernière sur la chaîne américaine HBO. Ce film explore la dépression et le suicide chez les meilleurs athlètes de la planète, et ce qui devrait être fait pour éviter que ce phénomène se reproduise.

Parmi les autres athlètes olympiques qui ont discuté de leurs problèmes de santé mentale dans le cadre du documentaire se trouvent le patineur de vitesse Apolo Anton Ohno, le planchiste Shaun White, le skieur Bode Miller, la spécialiste des haies Lolo Jones et la patineuse artistique Sasha Cohen.

PHOTO JORDAN STRAUSS, ARCHIVES INVISION/AP

Apolo Ohno

Phelps, qui a coproduit The Weight of Gold, a déclaré que la nécessité de changer les choses l’a encouragé à s’exprimer sur cet enjeu. L’ex-nageur américain et ses collègues ont demandé au Comité international olympique et au Comité olympique et paralympique américain d’en faire plus pour régler le problème.

Phelps a précisé que la première étape consiste « à traiter ces personnes comme des êtres humains », plutôt que des produits qui sortent « d’une chaîne d’assemblage ».

« Nous ne sommes que des produits, a dit l’ex-nageur aujourd’hui âgé de 35 ans de sa résidence de Scottsdale, en Arizona. C’est épeurant. C’est effrayant. Et ça me brise le cœur. Nous sommes entourés de personnes qui prennent soin de notre santé physique, mais très peu qui s’occupent de notre santé mentale. »

Par voie de communiqué acheminé à l’Associated Press, le CIO a déclaré qu’il « reconnaît l’importance de cet enjeu » et qu’il a réuni une équipe d’experts internationaux pour analyser la littérature scientifique sur les enjeux de santé mentale qui touchent les athlètes olympiques en 2018, et qu’un groupe de travail sur la santé mentale avait été fondé.

Le comité a ajouté que l’enjeu avait été abordé ouvertement lors de forums et de rencontres ces dernières années, et que le CIO avait lancé une série de capsules pour aider les athlètes à composer avec la COVID-19. De plus, le CIO prévoit lancer d’autres initiatives, dont une ligne d’aide destinée aux athlètes.