Préparez votre gant de baseball et vos souliers à crampons ! Tout indique qu’il y aura du baseball et du soccer dans les parcs du Québec cet été.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

La ministre responsable du sport amateur, Isabelle Charest, a déclaré à La Presse être « très confiante » par rapport à la reprise des sports collectifs extérieurs cet été.

« On s’en va quand même assez rapidement vers ça. Encore une fois, on ne parle pas de matchs. Mais au baseball, ils seront capables de s’ajuster d’une certaine façon. »

Le hockey, le basketball, le patinage artistique ? L’attente sera plus longue, confirme-t-elle. Car les activités à l’intérieur restent problématiques. À ce sujet, le Canadien n’a toujours pas reçu l’autorisation pour reprendre ses activités à Brossard. « On est en discussions. Ça va bien. »

Quant à la distanciation obligatoire de deux mètres — incompatible avec plusieurs sports —, la ministre pense que la mesure pourrait évoluer au cours des prochains mois. Entrevue.

Les Québécois sont-ils trop pressés de vouloir déconfiner certains sports ?

Nous sommes rendus à une étape où nous [regardons] beaucoup notre propre situation. C’est sûr que si tu prends ça à la pièce, que tu dis « dans mon sport, je peux m’adapter », c’est difficile de comprendre l’ampleur des décisions du déconfinement. À partir du moment où on a [autorisé] le golf, il y a eu plein d’interprétations. Tout le monde l’applique à sa situation. Sauf que si tu déconfines tout, le risque est présent. Il faut y aller pièce par pièce.

Quelles sont les conditions gagnantes pour un déconfinement des sports d’équipe à l’extérieur ?

[Les fédérations] devront prouver qu’elles peuvent respecter les règles sanitaires en vigueur. On permet maintenant des rassemblements de 10 personnes. Les mesures sont de moins en moins strictes. Mais il faut quand même garder un certain contrôle.

Faut-il juste un protocole, ou existe-t-il d’autres critères, comme une diminution de nombre de personnes infectées ?

C’est la Santé publique qui analyse les risques. Ce qui se passe dans les écoles, pour nous, c’est un indicateur très, très important. Les jeunes apprennent à apprivoiser les directives. Ça se passe bien. On est dans la troisième semaine du déconfinement. S’il y avait eu une effervescence de nouveaux cas, on le saurait.

Alors, pourquoi ouvrir les écoles, mais pas les terrains sportifs ?

Dans une école, il y a un enseignant pour chaque groupe de 15 enfants. Sur un terrain de baseball, il n’y a pas un enseignant pour tous les groupes de 15 enfants. Pour [atteindre] les conditions gagnantes, il faut assumer une certaine gestion. Un exemple : on me demande d’ouvrir les terrains de basket. On me dit : « c’est facile, deux garçons sur le terrain avec chacun leur ballon ». Mais où, dans le monde, y a-t-il seulement deux petits gars sur un terrain de basket ? Qui va gérer ça ?

Quel est votre niveau de confiance pour la reprise des activités des sports d’été extérieurs ?

Je suis très confiante. Le profil épidémiologique va bien. Les discussions avec la Santé publique sont [avancées]. On s’en va quand même assez rapidement vers ça. Encore une fois, on ne parle pas de matchs. Mais au baseball, ils seront capables de s’ajuster d’une certaine façon. Peut-être pas au tout début. Mais éventuellement. Au soccer, bon… Peut-être qu’enfin, je pourrais marquer ! (rires)

La Santé publique tient-elle mordicus à la règle des deux mètres ?

Je ne suis pas une experte en épidémiologie. [Mais] je pense que ce sera appelé à évoluer. Avec notre expérience, on verra s’il y a des cas de transmission dans la pratique sportive. Ça nous donnera des outils pour savoir si la règle des deux mètres est encore nécessaire.

Pourquoi ne pas déconfiner les sports d’équipe en région avant le Grand Montréal ?

Je regarde la situation des jeunes à Montréal. Ils n’ont accès à rien. La plupart n’ont pas de cour. En région, tout le monde aurait accès à tout. Quel serait l’impact sur le moral des jeunes [de Montréal] ?

L’équité, c’est un critère important ?

C’est davantage une question de perception et de l’impact que ça aura sur le comportement des gens. Si les gens se rebellent parce qu’ils ne sont plus capables [d’accepter] le déconfinement, c’est un enjeu. Le Grand Montréal ne devait pas faire partie de la première phase du déconfinement [du sport amateur]. On a dit : les jeunes ont besoin d’aller dans les parcs. Le risque de déconfiner Montréal pour ces activités n’était pas plus grand. Alors on est y allés avec tout le monde. Par contre, ce n’est pas le fait que Montréal soit encore confiné qui met un frein à la reprise dans les autres régions.

Dans le plan de déconfinement présenté par le gouvernement, lundi, il n’y avait rien sur les sports d’équipe intérieurs comme le hockey ou le basketball. Est-ce un oubli ou une omission volontaire ?

Ce document, ce n’est pas une liste exhaustive. Il est écrit « gymnase » [dans une phase ultérieure]. Ça fait référence aux centres intérieurs, comme les piscines et les arénas, même si chacun a ses particularités.

Quelles sont les conditions gagnantes pour le retour du hockey ?

On travaille avec la Fédération, les professionnels au ministère [de l’Éducation] et la Santé publique. Il y en a qui disent : il ne faut pas dénaturer le sport. D’autres soutiennent qu’on peut l’adapter. Ça dépendra du profil épidémiologique des prochaines semaines. Mais des choses peuvent être faites pour qu’il y ait une certaine pratique du hockey.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

À quand la reprise du hockey au Québec ?

Quel est votre niveau de confiance pour la reprise des sports collectifs intérieurs ?

Le basketball me fait plus peur que le hockey. Il n’y a pas de protection. Tu as un échange de fluides, tu es en contact encore plus serré [avec les autres]. Je pense qu’il y a plus de particules échangées au basketball qu’au hockey. Au volleyball, tu n’es pas avec l’adversaire. Tu es avec tes coéquipiers. Je pense que chaque sport a ses enjeux. Il faudra faire preuve de créativité. Encore une fois, l’été va nous donner des indices pour la suite.

Le patinage artistique est un sport individuel. Pourquoi les patineurs ne peuvent-ils pas retourner sur la glace dès maintenant ?

Parce que c’est un sport qui se pratique à l’intérieur. Même chose pour d’autres sports individuels, comme la natation, le plongeon, le patinage de vitesse, la gymnastique. Pour le moment, nous ne sommes pas encore assez confortables pour prendre ce risque-là. […] On a fait des choix. On a ouvert les écoles. C’est un lieu de risques importants. Nous étions prêts à l’assumer. Dans les autres provinces, les écoles sont fermées, mais plus d’activités sportives sont permises. [C’est pourquoi] on ne peut pas juste se comparer avec les autres à la pièce. Comme pour le patinage artistique.

Le président du Canadien de Montréal, Geoff Molson, s’est entretenu avec votre gouvernement la semaine dernière. Pourquoi ?

Le Canadien cherche à s’entraîner. Contrairement à l’Impact, qui joue à l’extérieur, le Canadien n’a pas encore l’autorisation [de la Santé publique]. Mais c’est sûr que l’encadrement médical [du Canadien] est très strict. Ça aide. On est en discussions. Ça va bien.

Et les Alouettes ?

Ils sont surtout dans la recherche de compensations financières du fédéral. Il n’y a pas eu tant de discussions avec nous pour la reprise de l’entraînement.