Lui est réalisateur à RDS. Elle travaille en santé publique. Ensemble, ils ont des connaissances et des habiletés à transmettre. Et surtout, ils ont un enfant de 5 ans à occuper à la maison.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Charles Lainesse et Marianne Jacques ont donc fait d’une pierre deux coups. L’idée : des capsules vidéo quotidiennes sur Facebook pour expliquer la COVID-19. Ainsi sont nées les vidéos de celle qui se présente comme « Odélie Arruda ».

Dans une capsule, la petite Odélie Lainesse explique comment encourager les commerces locaux. Dans une autre, elle vulgarise le concept d’un vaccin contre la COVID-19. Ces derniers jours, elle a présenté un parcours d’exercice qu’elle fait dans sa ruelle du quartier Villeray.

« Notre voisin tournait carrément un bulletin de nouvelles avec son gars de 10 ans, Victor. Il nous a envoyé ça. Lui, c’est vraiment évolué, il est graphiste, donc il fait ça sur un “green screen” !, admet Lainesse, réalisateur de L’antichambre, au bout du fil. Ma blonde m’a dit : “On pourrait faire ça avec Odélie !” »

Projet éducatif

Les vidéos connaissent un succès certain sur la page Facebook personnelle de Charles Lainesse. Chacune d’elles est abondamment partagée et commentée. Mais là n’est pas l’objectif.

> Regardez la capsule sur la consommation locale

C’est que la production de ces capsules est grandement éducative pour la petite, et ce, sur tous les plans. C’est un de ces projets interdisciplinaires tant valorisés dans le domaine de l’éducation.

« Au début, Odélie avait un peu la grosse tête parce qu’elle était la vedette de la capsule. On lui a vite fait comprendre que la télé, c’est un travail d’équipe ! », souligne le père, employé de RDS depuis 16 ans.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Quand elle sera grande, Odélie souhaite être réalisatrice, comme papa.

Cette équipe, c’est Charles Lainesse, en sa qualité de réalisateur de L’antichambre et d’ancien caméraman. Et Marianne Jacques, conseillère scientifique au Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé.

« Au souper, on se lance des idées, les trois ensemble. Ma blonde est responsable de la recherche, du contenu, et de s’assurer que l’information qu’on transmet est véridique. Je suis réalisateur et caméraman. Odélie veut aussi que je fasse la première prise. Donc, au début, c’est elle qui tient la caméra et moi, je parle.

« Je monte un genre de dialogue. Et ensuite, elle se place. En général, ça prend trois ou quatre prises. Certaines capsules, comme celle du vaccin, ont des mots plus compliqués, donc ça demande quelques prises de plus. »

La petite s’initie donc aux rudiments de la télévision, et ça adonne bien : elle aimerait bien imiter son père plus tard !

« Elle m’a déjà dit qu’elle aimerait être réalisatrice, mais la vraie raison, c’est qu’elle veut se coucher à minuit !, rigole M. Lainesse. Mais elle est curieuse de savoir comment je travaille. Elle est impressionnée par l’assistante à la réalisation, qui compte le temps à l’envers. Et elle tripe sur Luc Bellemare [l’animateur de L’antichambre]. Son beau Luc ! »

Odélie en apprend aussi sur la pandémie actuelle.

C’est bon parce que c’est éducatif. Odélie est très allumée, elle comprend les rôles de François Legault, de Danielle McCann et du Dr Arruda. Il n’y a pas de tabous avec nous. On lui explique la vérité, mais dans des mots qu’elle peut comprendre.

Charles Lainesse

Dernier bénéfice, et là, tous les parents qui travaillent à domicile se reconnaîtront. « C’est une activité qui prend du temps, parce qu’il faut aussi occuper un enfant toute la journée ! »

Ça occupait aussi le père, puisque L’antichambre a été mis en suspens pendant quelques semaines quand le premier ministre François Legault a demandé au Québec de se mettre en pause.

Les émissions reprennent toutefois tranquillement à RDS. Ça a commencé avec Le 5 à 7, et L’antichambre a repris du service la semaine dernière, avec évidemment beaucoup de travail fait à distance.