La console accumule la poussière. Est-ce un PlayStation 2 ? Un 3 ? Ai-je acheté le 4 dans un élan d’optimisme électronique ?

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Je suis d’une génération qui peut nommer la couleur des uniformes selon les villes d’origine dans Blades of Steel. Qui a cherché la meilleure combinaison possible de petits, de moyens et de gros à Ice Hockey. Qui a développé sa coordination (et sa chimie avec son frère) avec NHL 2003. Avec les années, on a toutefois délaissé la console et l’ordinateur. Moins de temps.

On doit être plusieurs comme ça. Mais il y en a maintenant, du temps. Tellement, tellement, de temps. Que faire pour replonger dans le sport électronique ? Par où commencer, quelles sont les valeurs sûres ?

Appel à Antonin Besner, qui signe des chroniques sur le sujet pour le site RDS.ca. D’abord, un message d’espoir : « Les simulations d’Electronic Arts, ça n’a pas trop changé, tu ne seras pas trop dépaysé à recommencer à jouer à NHL, Madden NFL ou FIFA. Tu vas saisir rapidement comment ça se joue. Les simulations de EA sont faciles à prendre en main. »

Sinon, rappelle-t-il, Mario Kart, « c’est aussi agréable aujourd’hui qu’il y a 20 ans ». Puis il y a Mario Tennis aussi, un incontournable du sport à ses yeux. Et, son favori, dont il parle avec une belle ferveur.

« Le meilleur jeu de sport pur, c’est Rocket League. Un jeu de soccer avec voitures téléguidées. Ce n’est pas un jeu, c’est carrément un sport. NHL ou FIFA, pour prendre un tir, tu vas appuyer sur un bouton. Tu ne peux pas faire ça dans la vraie vie. »

PHOTO FOURNIE PAR PSYONIX

Une scène du jeu Rocket League

« Dans Rocket League, pour un tir, tu dois diriger le museau de ta voiture vers le ballon avec l’angle que tu veux. Ça recrée un geste dans la vraie vie, l’angle, la force. C’est le seul jeu de sport purement basé sur la physique. C’est extrêmement difficile. Au début, tu n’as aucune idée, tu ne tires pas fort, tu ne sais pas faire des passes. C’est comme si tu commençais un vrai nouveau sport et tu es déboussolé. Ça a l’avantage qu’il n’y a pas de plafond, tu peux toujours t’améliorer. Pour devenir bon, tu dois y mettre les heures. »

Le phénomène Lando Norris

Appel à Étienne Veilleux, qui livre des chroniques sur les sports électroniques au 5 à 7 à RDS.

La discussion glisse rapidement sur le eSport et sur les chaînes Twitch, un phénomène mondial qui attire des millions d’adeptes. Sur ce réseau social, on peut suivre en temps réel des performances virtuelles grâce à un écran séparé entre ce qui se passe dans le jeu et une caméra fixée sur le joueur. Ajoutez à la recette des discussions animées et vous avez un résultat fortement addictif.

La F1 a sauté dans le bateau rapidement en remplaçant ses vrais Grands Prix par des Grands Prix électroniques. L’idée géniale a fait mouche, ils étaient 500 000 à suivre le « Grand Prix » de Bahreïn le 22 mars, qui regroupait plusieurs pilotes de tous les niveaux.

PHOTO ARCHIVES REUTERS

Lando Norris, jeune pilote de Formule 1... réelle et virtuelle

Désormais, les épreuves virtuelles, diffusées sur YouTube, Facebook et Twitch, se tiendront en lieu et place des véritables épreuves déplacées en raison de la COVID-19.

La vedette de F2 Guanyu Zhou l’a emporté à « Bahreïn », devant Stoffel Vandoorne et Philipp Eng. Mais l’attention s’est portée vers celui qui a terminé au 5e rang, Lando Norris, véritable sensation du monde virtuel bien avant ce résultat. D’ailleurs, cherchez sur Google le nom du pilote McLaren, et voici la première suggestion : « Lando Norris Twitch ». Si Google le dit.

« Parmi les gars de F1, il y a de jeunes pilotes de leur temps, ajoute Antonin Besner. Lando Norris est sur Twitch. Max Verstappen fait beaucoup de courses virtuelles. Il va participer à des courses de Norris et ils sont sur la même discussion de groupe. Lando Norris est super divertissant. Au faux GP de Bahreïn, Norris a eu un problème avec son jeu et il partait du fond de la grille. Il appelait plein de monde pour leur demander des conseils. Il a même appelé le pilote George Russell de Williams parce qu’il voulait, comme il l’a dit lui-même à la blague, parler au gars le plus habitué à partir en fond de grille. »

L’extrait en vaut la peine. Norris, évidemment, est fier de son coup.

Et si, par hasard, le confinement a réveillé en vous la passion du eSport, Étienne Veilleux rappelle que l’un des meilleurs joueurs virtuels de NHL au monde est un Québécois. Il s’appelle Samuel Landry, de son pseudonyme Canadiens-27, et vient d’être couronné champion du Bolts CHEL Challenge en février, un tournoi de NHL 20 organisé par le Lightning de Tampa Bay. Il sera en action, et à suivre, au prochain Championnat mondial de NHL 20 en juin. Pour peu qu’il ait lieu, évidemment…