(Genève) La décision dans l’affaire de dopage du nageur chinois Sun Yang, qui risque jusqu’à huit ans de suspension après un contrôle rocambolesque, ne sera pas rendue avant mi-janvier en raison de problèmes de traduction, a annoncé le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Agence France-Presse

« Des inquiétudes ont été exprimées » concernant la traduction du chinois vers l’anglais du témoignage du triple champion olympique, une vedette en Asie, lors de son audition publique du 15 novembre dernier, a indiqué le TAS, qui siège à Lausanne (Suisse), dans un communiqué.

Si « l’organisation et le calendrier de l’audience publique ont satisfait les juges-arbitres et les avocats des parties, des inquiétudes ont été exprimées quant à la qualité de la traduction du témoignage » de Sun Yang, a affirmé le TAS.

« Les parties préparent actuellement une transcription écrite agréée de la procédure, y compris une traduction exhaustive du témoignage de M. Yang, sur laquelle se fondera le jury pour délibérer et préparer le verdict arbitral », a détaillé le TAS. Il a précisé que l’affaire ne serait pas réglée avant mi-janvier.

Les débats lors de l’audience du nageur, la première ouverte au public en 20 ans, avaient été perturbés par des problèmes techniques et linguistiques.

À plusieurs reprises, alors que Sun était interrogé en début d’audience, les avocats des différentes parties et les trois juges-arbitres avaient dû reposer leurs questions.  

À des questions posées en anglais, Sun répondait en mandarin, pour être traduit en anglais par deux interprètes.

La traduction était assurée par un service privé fourni par le camp de Sun Yang et accepté par les deux parties, a souligné le TAS, qui ne pouvait utiliser ses propres interprètes pour des raisons « d’indépendance et de neutralité ».

Un rapport du comité antidopage de la Fédération internationale de natation (Fina), rédigé en janvier, a confirmé que Sun avait détruit en septembre 2018, avec l’aide d’un garde du corps, son propre échantillon de sang avec un marteau lors d’un contrôle inopiné.

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a interjeté appel devant le TAS après que la Fina eut blanchi Sun Yang sur un vice de forme, ce qui avait permis au nageur, âgé de 27 ans, de participer aux Mondiaux de Gwangju, en Corée du Sud, fin juillet, où plusieurs nageurs ont manifesté leur mécontentement face à sa présence.

Cette vedette de la natation chinoise avait déjà été suspendue en 2014 pour l’utilisation d’un produit interdit.