La Presse vous invite à choisir l’athlète québécois qui a le plus marqué la dernière décennie sportive. L’équipe des sports a présélectionné 16 candidats, à vous de faire le reste !

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Philippe Cantin Philippe Cantin
La Presse

Méthodologie

L’équipe des sports a présélectionné 16 noms puis déterminé les confrontations du premier tour par tirage. Le vote est entièrement entre les mains des lecteurs.

Votez pour votre athlète de la décennie

Kim Boutin, patinage de vitesse courte piste 

Un parcours et un palmarès remarquables

Détentrice du record du monde sur 500 m. Triple médaillée olympique. Le palmarès de la patineuse Kim Boutin est remarquable. Mais ce qui l’est encore davantage, c’est son parcours parsemé d’obstacles.

En 2015, l’athlète de Sherbrooke connaît une excellente progression sur la scène internationale lorsqu’une blessure au dos et une grande fatigue la contraignent au repos. Elle met sa carrière en veilleuse pendant six mois. Son retour est plutôt difficile. Malgré une médaille d’or dans une compétition en Allemagne, elle peine à enchaîner les réussites.

Jusqu’à l’automne 2017. Elle domine les épreuves de la Coupe du monde avec neuf médailles. Elle survole les sélections olympiques canadiennes avec huit victoires en neuf courses. Lorsqu’elle se présente sur la piste des Jeux de PyeongChang, en février 2018, elle est au sommet de sa forme.

Au 500 m, Kim Boutin profite de la disqualification d’une Sud-Coréenne pour monter sur la troisième marche du podium. Aussitôt, la patineuse québécoise est prise à partie sur les réseaux sociaux par des partisans de la Corée du Sud. Propos injurieux, menaces de mort… Boutin s’effondre en larmes lors de la remise de la médaille. Mais elle surmonte cette épreuve et remporte deux autres médailles individuelles (argent au 1000 m, bronze au 1500 m). Ses performances lui valent d’être nommée porte-drapeau du Canada lors de la cérémonie de clôture.

Et sa persévérance en a fait l’une des athlètes préférées des Québécois.

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Marie-Philip Poulin, hockey

La joueuse des grandes occasions

Ce fut un des plus fabuleux moments de sport auxquels j’ai assisté : Sotchi, février 2014, la finale du tournoi de hockey féminin. De mon siège en tribune de presse, je devine la détresse des joueuses canadiennes. Nous sommes en fin de troisième période et leur espoir de remporter la médaille d’or est en voie d’être anéanti. L’équipe américaine mène 2-0. Mais voilà qu’un but de Brianne Jenner rétrécit l’écart.

Marie-Philip Poulin, la meilleure joueuse du monde, entre alors en scène. Avec moins d’une minute à écouler, elle marque le but égalisateur. On jouera en prolongation ! Sur la glace, la tension est à couper au couteau. C’est dans cette ambiance brûlante, où chaque erreur est potentiellement fatale, que Poulin coule le socle de sa légende : d’un tir précis, elle inscrit le but de la victoire.

Cette victoire obtenue à l’arraché marque l’histoire du sport canadien. Impossible d’oublier la scène qui suit, dans la « zone mixte » située sous les gradins, où les journalistes interviewent les gagnantes et les perdantes. Les émotions sont à fleur de peau. Pendant que les Canadiennes – des larmes de bonheur sur les joues – crient leur joie, les Américaines pleurent de peine et de colère.

Kevin Dineen, l’entraîneur d’Équipe Canada, dit alors ceci à propos de Poulin : « Elle ne parle pas beaucoup. Mais dans ses yeux, quelque chose dit : “joueuse des grandes occasions”. »

En effet ! Ce jour-là, Poulin a confirmé l’impression qu’elle avait laissée quatre ans plus tôt aux Jeux de Vancouver, en marquant les deux buts du Canada lors de la finale victorieuse contre les États-Unis : cette athlète hors du commun carbure à la pression.

Aux Jeux de PyeongChang en 2018, la redoutable attaquante était capitaine du Canada. Leader incontestée du groupe, elle a vécu une déception énorme quand son équipe a perdu la finale contre ses rivales de toujours en tirs de barrage. Aujourd’hui, je demeure convaincu que si son entraîneuse l’avait utilisée davantage durant ce match, le Canada l’aurait emporté.

Poulin, la star tranquille, est une athlète d’exception. Elle a apposé sa signature sur la décennie sportive.

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