La Sherbrookoise Kim Boutin a mis la table pour la Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste de Montréal en réalisant un record de l’aréna Maurice-Richard au 500 m, vendredi, lors de la journée des qualifications. Au grand plaisir des quelques centaines d’élèves venus encourager leurs favoris, dont le vétéran Charles Hamelin, qui s’est laissé « un peu trop » emporter. Le Canada a connu une bonne entrée en scène, sauf au relais masculin, disqualifié.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Retrouver ses repères

Moins d’une semaine après son record mondial à Salt Lake City, Kim Boutin a encore fait étalage de sa vitesse explosive lors des préliminaires du 500 m. La médaillée de bronze olympique a franchi les quatre tours et demi en 42,684 secondes, soit près d’une seconde de mieux que toutes les autres concurrentes et une nouvelle marque à l’aréna Maurice-Richard. « Je me sens bien », a confirmé l’athlète de 24 ans, qui avait réussi un temps similaire dans la même phase de la compétition en Utah. « Mon premier 1000 m [plus tôt dans la journée] a quand même été un peu stressant. Je me suis dit que pour mon 500, ça allait être très relaxe. Ça a payé. » Son record mondial, réalisé en altitude, s’établit à 41,936 s. Gagnante de la dernière vague, la Montréalaise Alyson Charles a enregistré le deuxième chrono de la journée en 43,486 s. Au 1000 m, Charles (2e) et Boutin (1re) ont atteint directement les quarts de finale de samedi. « C’est le premier 1000 m de la saison pour moi, a souligné Boutin. Je devais essayer de retrouver un peu mes repères. Ç’a été une bonne course quand même. »

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Kim Boutin

Hamelin vise le podium

À sa première compétition à Montréal depuis son titre mondial acquis sur la même glace en 2018, Charles Hamelin s’est un peu emballé en préliminaires du 1500 m. Se retrouvant en tête trop tôt à son goût, il a payé le prix en fin d’épreuve, frôlant la chute après s’être accroché les lames avec le Russe Denis Ayrapetyan. « J’ai été un peu trop surexcité », a admis l’athlète de 35 ans, quatrième à Salt Lake City. « Pas mal de monde criait dans les gradins. Ça m’a comme donné le boost un peu trop tôt. J’aurais aimé être plus rapide deux, trois tours plus tard. Le résultat final est quand même très bon, avec le temps que j’ai fait. » L’histoire a été différente au 1000 m, où le quintuple médaillé olympique a graduellement remonté le peloton pour franchir la ligne au premier rang, les mains dans le dos.

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Charles Hamelin (18)

Steven Dubois a eu chaud

Victime de deux chutes la semaine dernière sur la glace parfois capricieuse de Salt Lake City, Steven Dubois n’a commis aucune erreur à Montréal. Mais le champion canadien a eu chaud au 500 m ! Cinquième sur la ligne, le patineur de Lachenaie est passé bien près de réussir un triple dépassement au premier virage. Ses lames ont cependant touché celles d’un rival japonais et il s’est retrouvé sur les talons. Il a pu recoller aux meneurs à temps pour surprendre le Chinois Sun Long et terminer au deuxième rang, ce qui lui permet d’accéder directement aux quarts de finale de dimanche. Depuis un an, Dubois détient la marque nationale sur la distance (39,845 s). « Tout le monde est vraiment bon au 500 m, a-t-il précisé. On est à la maison. On a un petit avantage sur les autres pays. On a d’excellents Canadiens au 500 m, surtout Cédrik [Blais, premier de sa vague], qui est un spécialiste. Sachant que je peux faire 39 [secondes], c’est sûr que je vais être un peu plus une cible où le monde va m’attendre un peu plus. » Maxime Laoun (1er), une recrue, a lui aussi directement atteint les quarts de finale de dimanche.

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Steve Dubois (9)

Dur coup pour Dion

Pascal Dion a connu une dure fin de journée, se blessant en quart de finale du relais. Troisième de l’épreuve, le médaillé de bronze de PyeongChang a tenté un dépassement intérieur serré pour reprendre son rival italien. La manœuvre a entraîné la chute des deux patineurs, en plus du meneur japonais. Après avoir frappé les matelas de protection, Dion s’est relevé péniblement pour retourner au centre de la glace, manifestement touché à une jambe. Le Canada s’est replacé troisième, mais Laoun est tombé à son tour. De toute façon, les locaux ont été disqualifiés par la suite en raison du changement de tracé de Dion. Ce dernier s’est rendu au vestiaire en béquilles. Dommage pour celui qui avait accédé aux quarts de finale de ses deux épreuves individuelles (1000 m et 1500 m). Son état sera réévalué samedi.

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Pascal Dion lors d’une compétition à Calgary, en novembre 2018

De l’expérience pour Dandjinou

Après être tombé en préliminaires du 1500 m, William Dandjinou regrettait d’avoir raté une occasion de se qualifier dans une vague un peu moins relevée. « Je manque un peu d’expérience et mon dépassement extérieur était moins bien exécuté, ce qui a entraîné une chute, a détaillé le patineur de 18 ans, plus jeune membre de l’équipe canadienne à Montréal. La glace est un peu moins belle à l’extérieur [du tracé]. C’est plus une faute technique que physique. J’avais la forme pour me qualifier. Mais je suis ici pour prendre de l’expérience. » Deuxième de sa vague à la deuxième épreuve de 1000 m, Dandjinou devra aussi passer par le repêchage dimanche. En fin d’après-midi, il a uni ses efforts à ceux de Cédrik Blais, Danaé Blais et Courtney Sarault pour mener le Canada à la demi-finale du relais mixte.

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William Dandjinou (au centre)

Premières médailles à l’enjeu

Après cette journée de qualifications, les premières médailles seront décernées samedi à l’aréna Maurice-Richard avec des finales aux 1000 m, 1500 m et relais mixte. Le programme principal commence à 14 h et se termine vers 18 h avec les demi-finales des relais féminin et masculin. Encore un peu juste physiquement après son entorse à la cheville au début de l’été, Charles Hamelin n’exclut pas un premier podium cette fin de semaine. Son plan est simple : « Économie d’énergie, stratégie, et après ça, essayer d’avoir les jambes jusqu’à la fin… »

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Le programme principal de la journée samedi commence à 14 h et se termine vers 18 h avec les demi-finales des relais féminin et masculin.

Longue piste : une tendinite pour David La Rue

Deux anciens patineurs courte piste, dorénavant convertis au longue piste, sont venus jeter un œil à la compétition avant de s’envoler samedi pour leur première Coupe du monde à Minsk, en Biélorussie (15-17 novembre). Alex Boisvert-Lacroix trépigne à l’idée de chausser ses patins « clap », lui qui s’entraîne toujours en courte piste à l’aréna Maurice-Richard. « Ils sont à côté de ma table de cuisine et ça fait trois semaines que je les regarde », a dit le spécialiste du 500 m, affûté comme jamais après avoir été ralenti par des maux de dos la saison dernière. Troisième des championnats canadiens, le médaillé de bronze des Mondiaux 2016 tentera de sortir du groupe B dès la première épreuve. Son collègue David La Rue soigne pour sa part une tendinite au genou droit qui le tient loin de la glace depuis neuf jours. Le double champion canadien (1000 et 1500 m), qui s’est entraîné en salle « pour garder le système actif », n’est pas inquiet. « Ça fait partie du jeu, je sais que je suis en forme », a assuré l’athlète de 21 ans, vice-champion mondial junior du 1500 m en 2017.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

David La Rue à l’entraînement à l’aréna Maurice-Richard, en novembre 2018