(Mont-Tremblant) Depuis 2012, Pamela-Ann Bachelder St-Pierre est une habituée de l’Ironman à Mont-Tremblant. Avant cette année, c’est cependant en tant que spectatrice qu’elle vivait la compétition qui fait vibrer le village laurentien au mois d’août.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« Ça m’a toujours émerveillée de voir à quel point les gens étaient fous de faire ça », a-t-elle raconté quelques minutes après son arrivée.

Car oui, c’est dans la peau d’une athlète qu’elle était à Mont-Tremblant, hier. Mieux que ça : pour son premier essai sur la distance, la Québécoise a pris le quatrième rang chez les femmes avec un temps de 9 heures 30 minutes et 13 secondes. Tout sourire au moment de l’entrevue, elle s’imaginait vivre une journée plus difficile sur le plan de l’intensité.

« Je m’attendais à 100 fois pire. On m’avait dit qu’il fallait que je m’attende à souffrir énormément. Quand on s’attend à ça… […] Honnêtement, j’aurais été contente avec un top 10 et avec un temps en dessous de 10 heures. Ça a surpassé mes attentes. »

Huitième après une nage qu’elle pense avoir bien gérée, Bachelder St-Pierre a grappillé des places lors du vélo, puis surtout grâce à un marathon conclu en trois heures et huit minutes. « J’ai été très conservatrice lors du vélo, ce qui m’a permis de courir plus aisément par la suite. J’ai possiblement une marge de progression. Comme je sais à quoi m’attendre, je pourrais aller chercher un peu plus de temps en vélo », croit-elle.

Elle savait également à quoi s’attendre au moment d’arriver dans le village, à quelques encablures de la ligne d’arrivée. Cette fois, c’est elle qui se retrouvait au centre de l’attention, plutôt que derrière les barrières.

Il y avait des gens sans arrêt lors du dernier kilomètre. On dirait vraiment que ça nous donne de l’énergie pour finir le plus fort possible. On vit vraiment un high avec tous ces encouragements.

Pamela-Ann Bachelder St-Pierre

Plus bas, à la ligne d’arrivée, un spectateur bien particulier l’attendait. Son copain, David Lacombe, venait d’arriver quelques minutes plus tôt en prenant le dixième rang chez les professionnels. Bachelder St-Pierre, qui était sur le circuit sprint et olympique au niveau élite avant de faire de la longue distance, a donc vécu toute cette aventure avec lui.

« Il en fait depuis quelques années, alors j’étais mûre pour faire un Ironman. On s’entraîne ensemble la plupart du temps et j’ai fait un peu plus de volume pour cette course-là. Mais comme je travaille à temps plein, je ne peux pas me permettre de trop en faire. Sinon, ça me fait récupérer moins facilement. »

Fin difficile pour Jolicoeur Desroches

Quatrième l’an dernier, Antoine Jolicoeur Desroches a pris le huitième rang parmi les athlètes professionnels et le neuvième au total (9 heures 1 minute 17 secondes). Comme il en a pris l’habitude, il est sorti le premier de l’épreuve de natation. Par la suite, il admet avoir roulé un peu trop vite lorsque Cody Beals et Lionel Sanders ont comblé leur retard après 50 kilomètres de vélo.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Antoine Jolicoeur Desroches s’est contenté du huitième rang chez les professionnels.

Il a également commencé à ressentir quelques douleurs à une cheville et à un orteil. « Après 20-25 kilomètres [de course à pied], j’ai frappé le mur. Peut-être que j’ai payé l’effort du vélo ou peut-être que je n’ai pas assez mangé. C’est dommage parce que la préparation était là. »

Au 39e kilomètre, il a même commencé à voir flou. « Je me suis mis sur le gazon. Ma mère [qui est médecin de famille] était là. On m’a mis de la glace sur ma tête et on a marché un ou deux kilomètres ensemble. Je voulais vraiment le finir. Je coache des athlètes, dont une qui va se battre jusqu’à minuit. Je ne me voyais pas arrêter parce que je fais environ neuf heures. »