Il s'est écoulé plus de trois semaines depuis la deuxième victoire 2-0 contre Vancouver dans le cadre du championnat canadien. Depuis, l'Impact de Montréal, qui a de bonnes chances d'accéder à la Ligue des champions mardi, a vu ses résultats en ligue se détériorer.

Hugo Fontaine

Alors que l'Impact (4-8-3) tentera ce soir de renouer avec la victoire en USL face au Miami FC (4-6-8), au stade Saputo, la question se pose: est-ce que l'équipe en donne davantage en championnat canadien?

«C'est vrai qu'on a une motivation supplémentaire dans les matchs de championnat canadien et qu'on a peut-être une baisse d'énergie de retour en ligue, soulignait Patrick Leduc à La Presse en fin de semaine dernière. Mais ce n'est pas acceptable pour des joueurs professionnels.»

«Peut-être qu'on essaie plus en championnat canadien, parce qu'on sait qu'on peut se rendre plus loin», dit Nevio Pizzolitto.

Les Sounders de Seattle vivent une histoire semblable à celle de l'Impact: ils excellent en championnat, mais peinent en ligue. Ils viennent de vaincre deux clubs de la MLS pour accéder à la demi-finale de la U.S. Open Cup, le championnat national américain. Pourtant, avant de disposer de l'Impact dimanche, ils n'avaient pas gagné de matchs de ligue depuis plus d'un mois.

L'attaquant vedette des Sounders, Sébastien Le Toux, tente une explication. «L'an dernier, on a tout gagné en USL, alors il est plus difficile pour nous de se motiver. La U.S. Open Cup est une belle motivation pour nous. C'est un beau défi et on y est à fond. C'est presque inconscient.»

Contre Miami ce soir

«C'est un peu normal que certaines personnes voient la compétition de la CONCACAF comme étant plus prestigieuse que la ligue, dit l'entraîneur de l'Impact, John Limniatis. Mais il faut faire bien dans les deux.»

Limniatis ne croit pas que son équipe ait moins d'énergie dans les matchs de ligue, compte tenu du roulement des joueurs dans l'alignement partant.

On verra ce que l'Impact nous offrira ce soir, contre le Miami FC, dernier rendez-vous avant l'affrontement ultime du championnat canadien contre le Toronto FC, mardi.

Le Miami FC n'a pas perdu à ses neuf dernières sorties (3-0-6) et n'a accordé qu'un seul but au cours de cette séquence.

Severino Jefferson sera de retour à l'avant avec Roberto Brown. L'Impact reviendra avec une formation plus classique 4-4-2.

John Limniatis, qui ne cache pas son appréciation du duo Jefferson-Brown, le verra à l'oeuvre depuis les loges, lui qui est suspendu à cause de son carton rouge de dimanche. Andrea Di Pietrantonio dirigera l'équipe.

Limniatis et l'arbitrage

Limniatis dit regretter les événements de dimanche - rappelons simplement que l'énoncé de ses opinions à l'intention des arbitres dépassait largement le ton généralement adopté dans une conversation civilisée. Mais son point de vue n'a pas changé.

«Je demande aux arbitres d'être justes. Sauf que pour toutes les décisions où il y a doute, il faut donner le bénéfice du doute à l'équipe locale. Je ne demande pas de tricher.

«Je ne dis pas que j'ai la meilleure attitude par rapport aux arbitres, concède Limniatis. Je suis loin de cela, même si je suis beaucoup plus calme qu'avant.»

Limniatis déplore que les arbitres soient si stricts quand vient le temps de discuter.

«Au Canada, il nous manque une culture de soccer, et ça manque aussi aux arbitres. Ils ont de la misère à comprendre qu'il y a beaucoup de passion ou d'émotion quant tu joues ou quand tu es entraîneur. Il disent de ne pas parler trop fort, de parler doucement. C'est à l'église que ça se passe comme ça, ce n'est pas la culture d'un match. Il faut être respectueux, mais chaque fois qu'on se lève pour s'expliquer, ils n'acceptent rien.»