Transidentité, polyamour, pornographie: tels seront les sujets, très actuels, proposés dans un nouveau programme d'études critiques des sexualités, offert à l'UQAM, dès l'automne prochain.

SILVIA GALIPEAU LA PRESSE

C'est un fait, les enjeux de la sexualité aujourd'hui ne sont plus ce qu'ils étaient. Ils ont grandement évolué au fil des ans. Et ils bousculent bien des normes sociales, idées reçues, voire préconçues. Emboîtant le pas aux universités McGill et Concordia (avec leurs fameux Gender and Sexuality Studies), l'UQAM sera la première université francophone à proposer un programme théorique du genre au Québec: un certificat en études critiques des sexualités.

Au menu: histoire des idées sur les sexualités; enjeux contemporains; sexualités, genres et féminismes; homosexualité et société; sociologie queer, etc.

L'idée? «Offrir une réflexion critique sur la sexualité, résume le directeur adjoint du programme de premier cycle, coresponsable du nouveau certificat, Philippe-Benoit Côté. [Remettre en question] les constructions sociales, les enjeux, les structures, les différents systèmes d'oppression.» Le tout à travers différentes théories, féministes, mais aussi queer, la gérontologie sociale, les études sur les incapacités et sur les inégalités sociales.

«Il s'agit d'ouvrir la réflexion. Penser à l'extérieur des boîtes normatives créées par la société.»

Que l'on aborde les questions de diversités sexuelles, de diversités de genres, de pornographie ou de sexualités en contexte d'itinérance, il s'agira de remettre en question, voire de déconstruire les concepts, toujours d'un point de vue critique. «On veut remettre en question comment on perçoit ces réalités», poursuit le professeur, en allant au-delà des réflexions classiques (en matière de santé publique ou autre), afin d'«ouvrir la réflexion».

Attention: ce certificat ne débouchera évidemment pas sur un permis de sexologue. On ne vise pas ici l'intervention. Il s'agit d'une formation théorique (et critique) ouverte aux étudiants (en sexologie ou autres), aux intervenants et à toute autre personne qui s'intéresse à ces enjeux brûlants d'actualité. Parce qu'«avec la mouvance actuelle dans la société, l'expression des diversités sexuelles et de genre, ce sont des enjeux fondamentaux».