David Habak adore le vélo. Il va de rendez-vous en rendez-vous avec sa bicyclette, une habitude qui le rend très heureux, sauf pour un détail : pas facile de trouver un endroit pour se changer. Un jour, pris d’une impulsion, il est entré dans une salle de sport et a offert 5 $ pour pouvoir utiliser ses douches.

Sophie Ouimet Sophie Ouimet
La Presse

À sa grande surprise, son offre a été acceptée. Et lui, en plus de pouvoir se rafraîchir à sa guise, venait de mettre la main sur un nouveau concept. « C’est parti de là, raconte David Habak en entrevue téléphonique. Je me suis dit : “Imaginons si on avait accès à ça partout en ville. Imaginons le nombre de personnes qui feraient plus de vélo ou qui décideraient de s’y mettre !” », poursuit celui dont la vocation, à plus grande échelle, est d’encourager les gens à opter pour la bicyclette comme moyen de transport.

C’est ainsi qu’est née l’application Rinse, dont le lancement est prévu pour le 1er juin. Le but est de bâtir un réseau de gyms et de studios de yoga participants un peu partout à Montréal, que les gens pourront repérer sur une carte. Il suffira ensuite de choisir le partenaire le plus proche d’où on se trouve, puis d’aller profiter de ses installations.

Pour garder le fonctionnement le plus simple possible, les gens paieront tout au moyen de l’application, précise David Habak. Quant au coût par douche, il risque de varier un peu, mais restera abordable. « Au début, notre vision était d’avoir les mêmes prix partout, mais ça crée des complications, explique-t-il. Par exemple, il y a des gyms vraiment haut de gamme, d’autres moins. Aussi, certains endroits incluent la serviette, d’autres, non. Et puis, il y a la question du savon… » Donc, pour commencer, il y aurait trois gammes de prix – 5 $, 7 $ et 9 $ par douche –, mais différentes options de mensualités suivront.

Une occasion d’affaires ?

Pour le moment, environ cinq partenariats sont conclus, mais l’application ne sera pas lancée avant qu’il y en ait au moins vingt, soutient David Habak.

« Je veux qu’il y ait une bonne répartition, afin qu’on puisse aller plus ou moins n’importe où en ville et qu’il y ait une place à proximité pour se doucher et se changer. »

Jusqu’à présent, la réception est assez bonne du côté des propriétaires de salles de sport et de studios de yoga. « Pour eux, ça représente davantage de gens actifs qui rentrent chez eux, qui deviendront peut-être membres un jour, qui s’inscriront à un cours ou qui achèteront un smoothie… Donc, d’un point de vue affaires, la plupart d’entre eux sont super réceptifs. »

D’autant plus que cet argent les aide à éponger le coût d’entretien des douches, ajoute David Habak. « Donc, ils transforment ce coût en petite machine à revenus. »

Pour la suite de l’aventure, l’entrepreneur souhaite compter au moins 50 partenaires. Une augmentation qui ira de pair avec la hausse de cyclistes en ville au cours des prochaines années, croit-il. « Moi, depuis que je me promène à vélo tous les jours, mon niveau de bonheur n’a fait qu’augmenter. Et ça me motive de penser à ce qu’on pourrait devenir, comme société, si tout le monde s’en allait un petit peu dans cette direction. »

https://www.gorinseyourself.com/fr/