(Paris) Au défilé Chanel mardi à Paris, les mannequins affichent leur corps de rêve dans des maillots de bain et gagnent en puissance : caméra à la main, elles reproduisent le « geste sexy » associé aux hommes photographes.

Olga NEDBAEVA Agence France-Presse

L’été prochain, en Chanel, on va à la plage. Le maillot de bain est la pièce maîtresse de la collection printemps-été 2022 de Chanel : il compose des looks à lui tout seul ou sert de support aux tenues de soirée.

Aux sons de Freedom, le défilé au dernier jour de Paris Fashion week est joyeux, dans une scénographie rétro : un podium classique étroit surélevé pour que les invités, même aux derniers rangs, puissent bien voir.

Chaque mannequin avance, s’arrête au bout, prend des poses et sourit, chose rare dans les défilés de mode. Souvent elles sont réduites au rôle de cintres et pas censées donner de leur personnalité pour ne pas détourner l’attention des vêtements qu’elles présentent.

Dans ce défilé, la directrice artistique de Chanel, Virginie Viard, leur confie des rôles actifs et une montée en puissance inhabituelle.

Caméra, « geste sexy »

PHOTO GONZALO FUENTES, REUTERS

Sur le carton d’invitation du défilé Chanel et en fond du podium, on retrouve un portrait en noir et blanc de la mannequin Vivienne Rohner, en train de prendre une photo.

Sur le carton d’invitation au défilé et en fond du podium, un portrait en noir et blanc de la mannequin Vivienne Rohner, en train de prendre une photo.

On accède dans l’espace où se déroule le défilé par une boîte noire avec une projection d’images de mannequins dont la fille de Vanessa Paradis, Lily-Rose Depp, toutes répétant les mêmes gestes, un appareil photo en main.

Elles semblent vous prendre en photo avant de poser elles-mêmes.

Un jeu de rôles inversés qu’a déjà pratiqué ce week-end Balenciaga : les spectateurs et les mannequins accédaient au Théâtre du Châtelet par le même tapis rouge et étaient filmés en temps réel, avec des images diffusées sur un écran géant installé sur la scène.

Dans la mise en scène de Chanel, ce sont elles qui « photographient » avant d’être photographiées.

« C’est un objet magique et un geste sexy, qui évoque tant de souvenirs. Et puis j’adorais le son des flashs qui crépitaient lors des défilés dans les années 1980 […] J’ai eu envie de retrouver cette émotion », souligne la directrice artistique de Chanel, Virginie Viard, dans la note d’intention du défilé.

« La mode, ce sont des vêtements, des mannequins et des photographes. Karl Lagerfeld photographiait lui-même les photos des campagnes de Chanel », ajoute-t-elle.

Les premiers looks sont des maillots de bain, accessoirisés de ceintures bijoux et de sandales compensées, et ils donnent le ton de la collection. Pour la soirée, les maillots se portent avec une longue jupe transparente.

Chaussures de pirate

PHOTO LUCAS BARIOULET, AGENCE FRANCE-PRESSE

Les tailleurs en tweed sont courts, de couleurs fraîches : rose, mauve et jaune. Nouveauté dans la silhouette, une veste large et courte qui se porte sans le bas.

Des robes longues fluides et paréos, imprimés de grandes ailes de papillons colorées sur mousseline noire, clôturent le défilé qui se déroule pour la première fois au Grand Palais Ephémère.

Lieu traditionnel des défilés Chanel, le Grand Palais est fermé pour travaux.

L’atmosphère de cet espace « à taille humaine » a donné à Virginie Viard l’envie de présenter « beaucoup de maillots de bain, tout simples ».

Les tailleurs en tweed sont courts, de couleurs fraîches : rose, mauve et jaune. Nouveauté dans la silhouette, une veste large et courte qui se porte sans le bas.

Certaines silhouettes sont ponctuées d’un grand cabas ou d’un sac matelassé souple orné d’une grosse chaîne. Les talons « rappellent les chaussures de pirate » pour une touche « romantique », souligne Virginie Viard.