Michèle et Jean possèdent un chalet depuis plusieurs années dans les Hautes-Laurentides, au bord d'un lac. Craignant de ne plus pouvoir profiter de la quiétude de leur petit coin de paradis devenu fort populaire, ils ont décidé de le protéger. Le couple a acheté un bout de terre et y a construit un refuge autosuffisant parmi les érables!

Marie-France Léger LA PRESSE

Michèle et Jean possèdent un chalet depuis plusieurs années dans les Hautes-Laurentides, au bord d'un lac. Craignant de ne plus pouvoir profiter de la quiétude de leur petit coin de paradis devenu fort populaire, ils ont décidé de le protéger. Le couple a acheté un bout de terre et y a construit un refuge autosuffisant parmi les érables!

«On a acheté cette petite montagne pour préserver la nature. Pour qu'une partie de notre région arrête de se développer. Et aussi pour que nos enfants et petits-enfants puissent avoir un projet», explique Michèle à La Presse.

Le couple, dans la soixantaine, a fait dessiner un plan par le consultant en architecture montréalais François Lespérance et a retenu les services d'un charpentier de la région. Celui-ci travaille selon la méthode traditionnelle avec assemblage à tenons et mortaises.

Calqué sur la cabane à sucre traditionnelle, le refuge mesure 24 pieds sur 24 (six mètres carrés). M. Lespérance lui a ajouté une mezzanine ainsi qu'une véranda à colonnes, qui sera précieuse à la belle saison.

Autonomie et toilettes écolos

On vit ici sans eau courante et avec une électricité minimale. Adieu donc la fosse septique et le champ d'épuration! La maisonnette est pratiquement terminée et l'installation pour la collecte des eaux de pluie va bon train. Elle servira pour la douche et le lavage de la vaisselle. En attendant, l'eau potable est amenée «d'en bas» dans de grands bidons. Pas une mince affaire.

Michèle et Jean ont choisi de jolies toilettes à compostage sans eau, achetées à la Coop La Maison verte, à Montréal. «C'est pas comme les bécosses dans le temps. Moi, je ne voulais pas qu'on aille à l'extérieur. Donc les toilettes sont séparées, mais collées sur la maison et c'est bien isolé.»

Le chauffage se résume à un poêle à bois, qui sert également à la cuisine. Un autre poêle à combustion lente est utilisé les jours de grands froids. Le plancher est en ardoise, un matériau qui conserve la chaleur. Le panneau solaire photovoltaïque fournit une électricité minimale pour les lampes d'appoint, la chaîne stéréo et le système de ventilation des toilettes écologiques! Le panneau est installé dans un arbre - bien orienté - et dont les branches ont été taillées pour le recevoir. Pour le reste, quelques petites lampes à gaz complètent l'éclairage.

Minimum d'énergie, minimum d'impact

Les propriétaires ont utilisé du bois brut naturel local et essentiellement non traité. La construction est relativement petite, ce qui a facilité le transport. «Toutes les pièces ont été montées là-haut grâce à une remorque à bateau», souligne la propriétaire. Il n'existe pas de route pour se rendre au chalet. Famille et invités y accèdent en véhicule tout-terrain, en raquettes ou... à pied.

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Infos: alliage-qc.com ou 514-270-8644

 

Photo fournie par François Lespérance

La construction à aire ouverte, avec mezzanine, est suffisante pour loger une petite famille.