(Pittsburgh) Mettre des personnes en prison pour les utiliser comme monnaie d’échange politique est « totalement inacceptable », a dit jeudi le secrétaire d’État américain Antony Blinken, après que la Chine a relâché deux Canadiens détenus pendant presque trois ans.

Agence France-Presse

L’ex-diplomate Michael Kovrig et l’homme d’affaires Michael Spavor avaient été placés en détention peu après l’arrestation en 2018 par le Canada de la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis.

Bien que Pékin ait assuré que les deux affaires n’étaient pas liées, les « deux Michael » ainsi qu’un Américain et sa sœur ont été autorisés à partir après que Mme Meng est parvenue à un accord avec les autorités américaines et a pu regagner la Chine la semaine dernière.

« Nous sommes très heureux de voir que les deux Michael ont pu rentrer chez eux, tout comme nos deux citoyens américains », a dit M. Blinken à des journalistes à Pittsburgh, en Pennsylvanie, où il participait à des discussions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne.

« Mais un plus grand problème subsiste. Et il ne s’agit pas que de la Chine : d’autres pays s’adonnent à cette pratique qui consiste à détenir de manière arbitraire les citoyens d’autres pays dans un but politique. Et cela devrait être totalement inacceptable », a-t-il poursuivi.

La numéro deux de Huawei a recouvré la liberté après trois ans d’assignation à résidence à Vancouver, échappant à une extradition vers les États-Unis qui voulaient la juger pour fraude bancaire en application des sanctions imposées à l’Iran.

Michael Kovrig et Michael Spavor avaient été arrêtés en Chine sur la base d’accusations d’espionnage considérées par Ottawa comme « inventées de toutes pièces ». Ils ont été accueillis à leur retour au Canada par le premier ministre Justin Trudeau.