(Washington) Le chef démocrate du Sénat a appelé vendredi les membres de son groupe à se « tenir prêts » à l’éventualité d’un siège vacant à la Cour suprême des États-Unis, ajoutant aux pressions exercées sur son doyen pour qu’il démissionne.  

Agence France-Presse

« On a beaucoup de travail à faire » dans les quatre semaines à venir, rappelle Chuck Schumer dans un courrier adressé à ses confrères : « il faut se tenir prêts à la possibilité de longues nuits et week-ends de travail, et à rester à Washington au-delà des vacances » parlementaires prévues le 9 août.

En plus de l’adoption d’un vaste plan de modernisation des infrastructures, souhaité par le président Joe Biden, « les démocrates du Sénat se tiennent prêts à pourvoir rapidement tout poste potentiel à la Cour suprême, si l’un d’eux devenait vacant », ajoute-t-il.

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Le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer

Même s’il ne cite pas Stephen Breyer, le courrier de Chuck Schumer a été perçu comme le dernier exemple en date des pressions exercées sur le magistrat progressiste de 82 ans pour qu’il prenne sa retraite tant que les démocrates ont le contrôle du Sénat.

En vertu de la Constitution, le président américain nomme les juges de la Cour suprême et il revient ensuite à la chambre haute du Congrès de les confirmer dans ces postes à vie.

Ce processus est censé garantir l’indépendance de la haute juridiction qui régulièrement tranche les sujets sur lesquels les élus du Congrès ne parviennent pas à s’entendre (avortement, droits des minorités sexuelles, armes à feu…)

Compte-tenu de son influence, la Cour suprême est devenue l’objet ces dernières années d’âpres batailles politiques, et elle devrait le rester.

Le chef des républicains Mitch McConnell a ainsi fait savoir qu’il n’hésiterait pas à bloquer tout candidat du président Biden si son parti reprenait le contrôle du Sénat lors des élections de mi-mandat de 2023.

À gauche, plusieurs voix se sont donc élevées pour demander à Stephen Breyer de s’effacer avant, afin de ne pas répéter l’exemple de Ruth Bader Ginsburg.  

L’icône féministe et progressiste n’avait pas pris sa retraite sous Barack Obama malgré une santé fragile. Sa mort, à 87 ans, juste avant l’élection présidentielle de 2020, avait offert à Donald Trump la possibilité de la remplacer par une magistrate conservatrice.

Le milliardaire républicain ayant nommé trois magistrats pendant son mandat, la haute juridiction ne compte plus que trois magistrats progressistes sur neuf.  

La gauche craint que sa solide majorité conservatrice de la Cour ne fasse reculer le droit à l’avortement et complique l’encadrement du port d’armes, deux sujets à son agenda à la rentrée prochaine.