(Washington) Le président américain Joe Biden parlera « bientôt » au premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, a assuré jeudi la Maison-Blanche, au moment où des voix s’élèvent pour dénoncer un délai inhabituel.

Publié le 11 févr. 2021
Agence France-Presse

Plus de trois semaines après son arrivée à la présidence, Joe Biden n’a toujours eu aucun échange avec le chef du gouvernement israélien qui était particulièrement choyé par Donald Trump, avec lequel il affichait à toute occasion sa complicité.

Joe Biden s’est en revanche entretenu avec nombre de dirigeants de pays alliés (Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon…) ainsi que plusieurs autres tels que le premier ministre indien Narendra Modi ou le président chinois Xi Jinping.

Tout en réaffirmant l’importance des liens entre les États-Unis et Israël, Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche, est restée évasive sur les échanges à venir entre les deux hommes.

« Il lui parlera bientôt, mais je n’ai pas de date précise », a-t-elle simplement déclaré, sans préciser si l’appel aurait lieu avant les législatives israéliennes du 23 mars.

Nikki Haley, ex-ambassadrice aux Nations unies sous Donald Trump, a accusé le gouvernement Biden de « snober » un « ami comme Israël » tout en faisant « ami-ami » avec « un ennemi comme l’Iran ».

Le président démocrate ne semble pas pressé de s’impliquer dans le bourbier israélo-palestinien, au sujet duquel Donald Trump a multiplié les décisions unilatérales très favorables à l’État hébreu, en rupture avec le consensus international.

La nouvelle équipe diplomatique américaine doit encore définir sa position sur plusieurs de ces décisions controversées.

Si elle a dit vouloir revenir à la « solution à deux États », elle a aussi confirmé la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, décriée par les Palestiniens.

Un futur État palestinien pourra-t-il avoir sa capitale à Jérusalem-Est ? « Le statut final de Jérusalem » devra « être résolu par les parties dans des négociations directes », a éludé jeudi le porte-parole du département d’État américain Ned Price.

Et la décision de l’ex-gouvernement républicain de ne plus considérer les colonies israéliennes en Cisjordanie comme contraires au droit international ? Là aussi, Ned Price a botté en touche, sans dire si l’administration Biden souhaitait revenir sur ce changement de politique très contesté.

« Il est crucial que les parties s’abstiennent de toute décision unilatérale qui exacerberait les tensions et saperait les efforts pour promouvoir une solution à deux États », a-t-il seulement répondu, citant parmi ces décisions à bannir toutes les « activités liées aux colonies » ainsi que les « annexions de territoire », les « démolitions » de logements, les « incitations à la violence » et « le versement de compensations pour des individus en prison pour des actes de terrorisme ».

Également interrogé sur une éventuelle volonté du gouvernement Biden de conditionner la reprise annoncée de l’aide américaine aux Palestiniens à un engagement de ces derniers à ne pas avoir recours à la Cour pénale internationale, le porte-parole a une fois de plus refusé de répondre clairement. « Nous allons conditionner cela à nos valeurs et à nos intérêts », a-t-il dit.